Paris : information judiciaire après une frappe israélienne au Liban
16:40, 03/11/2026, mardi
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KAWANT HAJU AFP
De la fumée s'élève du site d'une frappe israélienne près de la ville de Tyr, dans le sud du Liban, le 27 mai 2026.Une information judiciaire a été ouverte à Paris suite au bombardement israélien d'un immeuble à Beyrouth visant l'appartement de l'artiste franco-libanais Ali Cherri, a annoncé la FIDH. Deux juges d'instruction ont été désignés pour enquêter sur ce possible crime de guerre.
Ouverture d'une information judiciaire à Paris
Selon la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), le pôle crimes contre l'humanité du Tribunal judiciaire de Paris a ouvert une information judiciaire le 3 novembre 2026. Cette décision fait suite au bombardement par l'armée israélienne d'un immeuble résidentiel de Beyrouth le 26 novembre 2024. La procédure judiciaire a été initiée après une plainte avec constitution de partie civile déposée par l'artiste franco-libanais Ali Cherri et l'organisation. L'information est ouverte du chef de lancement d'une attaque délibérée contre un bien civil, acte constitutif de crime de guerre. Deux juges d'instruction ont été désignés pour diriger cette enquête.
Une première enquête sur les crimes de guerre
"À notre connaissance, il s'agit de la toute première enquête judiciaire ouverte sur les crimes commis par l'armée israélienne au Liban depuis octobre 2023", a déclaré Clémence Bectarte, avocate et coordinatrice du Groupe d'action judiciaire de la FIDH. Cette affirmation souligne l'importance historique de cette procédure dans le contexte des récents affrontements. Par ailleurs, l'ouverture de cette investigation marque une étape significative dans la lutte contre l'impunité des violations du droit international humanitaire.
Les circonstances de la frappe
Selon la même source, la frappe aérienne a visé l'appartement d'Ali Cherri, où résidaient ses parents Mahmoud Naim Cherri et Nadira Hayek. Cette attaque s'est produite le 26 novembre 2024, quelques heures seulement avant l'entrée en vigueur du cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah. Sept personnes ont trouvé la mort dans ce bombardement, dont Birki Negesa, employée de maison de la famille. L'événement s'inscrit dans une série de frappes qui ont endommagé de nombreuses infrastructures civiles dans la capitale libanaise.
Compétence et limitations juridictionnelles
Toutefois, l'information judiciaire ne porte que sur la destruction de l'appartement d'Ali Cherri. Les victimes n'étant pas de nationalité française, la justice française n'est pas compétente pour enquêter sur les décès. Seule la nationalité franco-libanaise de l'artiste permet l'exercice de la juridiction française pour les dégâts matériels. En outre, cette limitation juridique encadre strictement le périmètre de l'instruction et exclut la qualification d'assassinat ou de meurtre pour les magistrats parisiens.
Exigences de justice et réactions
Ali Cherri a réagi à cette ouverture d'enquête en affirmant que "l'ouverture de cette information judiciaire marque une nouvelle étape dans notre combat contre l'impunité et pour rendre justice aux morts". Il a également souligné : "Pour ma famille et moi, il est essentiel que cette enquête permette d'établir les responsabilités et que ceux qui ont ordonné et commis ce bombardement aient à répondre de leurs actes". L'artiste entend ainsi voir clarifier les circonstances exactes du raid militaire et identifier les responsables hiérarchiques.
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