Selon les organisateurs de cette conférence internationale contre l'impérialisme, 500 invités étaient attendus, tous ont répondu présents.
Le Niger, le Mali et le Burkina Faso qui partagent désormais le même destin face à ceux qu’ils qualifient d’impérialistes ont initié la rencontre pour un partage d’expérience afin de mieux organiser le combat contre l’influence des impérialistes dans la zone sahélienne.
Pour les représentants de ces trois pays dirigés par des militaires, il n’est plus question de céder aux menaces ou autres intimidations des occidentaux qui dictent leurs lois au Sahel.
Ibrahima Kébé, un jeune activiste anti-impérialiste malien a assuré que la jeunesse du Sahel va poursuivre le combat engagé par d’illustres aînés comme le tout premier président de son pays.
"Le président Modibo Keita nous a indiqué que l’impérialisme ne respecte que le peuple qui se respecte et qui ne recule devant aucun danger, aucune menace ou pression. Aujourd’hui, c’est exactement, le comportement de la jeunesse consciente du Sahel. Ce qui fait que l’impérialisme est vraiment ébranlé dans nos zones et on fera de cette zone du Sahel, le tombeau de l’impérialisme et pour toujours"
, prévient-il.Au cours des travaux de la conférence un vibrant hommage a été rendu aux précurseurs qui ont engagé le combat contre l’impérialisme en Afrique et dans le monde.
Pour Effred Mouloul Alhassane, un jeune militant nigérien, "la jeune génération ne peut que s’inspirer du long trajet des figures emblématiques comme Kwame Nkrumah, Thomas Sankara, Fidel Castro, Hugo Chavez, ainsi que toutes les figures ayant dit non à l’impérialisme et ses valets locaux. Toutes ces figures se sont sacrifiées pour défendre la dignité de leur peuple"
. Le Premier ministre nigérien qui a ouvert les travaux de la conférence a rappelé que comme les peuples des pays développés, les Maliens, Nigériens et Burkinabè veulent avoir de meilleures conditions de vie.
"Le Niger, le Burkina, le Mali aspirent à la paix, au progrès. Que ces jeunes puissent aller à l’école, puissent être formés, qu’ils puissent se soigner. Que les richesses que nous avons, je le répète, que nous puissions les exploiter et les mettre à la disposition de notre peuple et faire la paix avec tout le monde. Au-delà de tout ce qu’on a dit sur l’anti-impérialisme, de cela qu’il s’agit"
, a indiqué Ali Mahaman Lamine Zeine.Les pouvoirs militaires qui dirigent le Niger, le Burkina et Mali ont renforcé leurs relations avec la Russie après avoir pris leur distance avec la France, l’ancienne puissance coloniale. Suite à ces décisions, ils sont accusés d’avoir quitté un impérialiste pour un autre.
L’artiste burkinabè Passamdé Sawadogo qui participe à la conférence estime que ceux qui tiennent ce discours n’ont pas vraiment compris les enjeux.
"Lorsque la France nous exploite depuis la nuit des temps. Lorsqu’elle a préparé ses terroristes pour les jeter sur nous, c’est la même France qui refuse de nous vendre des armes, qui fait le tour du monde pour bloquer nos armes, alors que lorsque nous avons fait appel à la Russie, la Russie a répondu présente et la Russie est prête à nous donner tout ce qu’il nous faut pour nous défendre. Cela suffit à savoir que la Russie n’est pas impérialiste. La Russie est un partenaire stratégique comme tout autre partenaire"
, clarifie-t-il.De son côté, Halima Aguissa, une activiste anti-impérialiste nigérienne, se dit confiante que plus rien ne sera comme avant.
"Que ce soit la Russie ou un autre pays qui va venir en Afrique au Sahel, il ne va pas nous dicter sa loi. C’est la loi du pays, qui doit être examinée, arrangée et appliquée mais on ne va pas nous dicter comme ce que les Français nous ont fait. Les français nous ont colonisés toute notre vie"
, avertit-elle.
Après trois jours de travaux, les conférenciers sont repartis chez eux, plus que jamais déterminés à poursuivre le combat pour l’autodétermination des peuples du Sahel et de l’Afrique toute entière.
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