Mayotte : renforcement militaire et diplomatique contre l'immigration
18:03, 26/08/2026, mercrediM: Mise à jour: 18:45, 26/08/2026, mercredi
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MARINE GACHETAFP
Le Premier ministre français Sébastien Lecornu (au centre), accompagné du ministre de l'Intérieur Laurent Nunez (à gauche), écoute les représentants officiels lors d'une réunion plénière du groupe de travail sur la lutte contre l'immigration clandestine, qui s'est tenue à la base navale de Dzaoudzi, sur le territoire français de Mayotte, dans l'océan Indien, le 26 août 2026.Le Premier ministre français Sébastien Lecornu a annoncé mercredi à Mayotte une série de mesures renforçant la lutte contre l'immigration clandestine, allant de la militarisation de la surveillance à un système de bonus-malus sur l'aide au développement, selon un communiqué de l'hôtel Matignon.
Déplacement à Mayotte et reconstruction post-Chido
Sébastien Lecornu a effectué mercredi son quatrième déplacement à Mayotte depuis 2017, présidant une réunion de l'état-major opérationnel chargé de la lutte contre l'immigration clandestine aux côtés des ministres de l'Intérieur Laurent Nuñez et des Armées Catherine Vautrin.
"Un an et demi après Chido, la reconstruction doit désormais accélérer"
, a affirmé le Premier ministre, ajoutant que "les lois sont votées"
et que "près de 4 milliards d'euros sont programmés jusqu'en 2031".
Il a indiqué être venu arbitrer sur le terrain afin de lever les blocages et donner à chaque projet "un responsable, une date et un résultat vérifiable", dans la perspective du budget 2027.
Bilan migratoire et adaptation des filières
Sur le volet migratoire, le Premier ministre a fait état de 16 000 étrangers en situation irrégulière éloignés au premier semestre, qualifiant les résultats de
"solides"
, tandis que le préfet a précisé un chiffre de 16 500 éloignements depuis le début de l'année.Le ministre de l'Intérieur a évoqué une hausse d'environ 21 % par rapport à la même période en 2025, année où 23 000 éloignements avaient été comptabilisés au total, ainsi qu'une augmentation des effectifs de 50 % pour la police nationale et de 64 % pour la gendarmerie depuis 2017.
Par ailleurs, le préfet a signalé que plus de 11 services de l'État sont mobilisés quotidiennement, avec entre 700 et 900 embarcations interceptées chaque année dans l'océan Indien et 900 à 1 000 intrusions maritimes en provenance des Comores et des pays d'Afrique des Grands Lacs.
"Les filières s'adaptent, mutent et bénéficient parfois de complicités locales"
, a estimé Lecornu, rendant nécessaire d'"adapter notre réponse".
Militarisation de la protection de l'archipel
Lecornu a annoncé qu'
"à droit constant"
, le gouvernement assume "une militarisation plus importante de la protection de l'archipel"
, précisant qu'il ne s'agit désormais plus seulement "d'intercepter les embarcations aperçues",
mais de "détecter plus tôt, suivre plus longtemps et intervenir avant qu'elles n'atteignent les côtes"
.Selon ses déclarations, les quatre radars existants seront renouvelés, et des drones de longue endurance, des drones embarqués et des ballons captifs viendront compléter la surveillance, tandis qu'un poste militaire avancé permanent doit être installé à M'tsamboro.
De plus, un détachement permanent de la Légion étrangère sera installé sur un îlot en position avancée, doté notamment de capacités radar et optiques, et le recours à l'intelligence artificielle est également prévu pour
"faire disparaître les angles morts autour de l'île".
En outre, le nombre d'intercepteurs maritimes est passé de quatre en 2017 à neuf en 2026, et atteindra treize en 2028, dix intercepteurs étant attendus d'ici la fin de l'année, selon le ministre de l'Intérieur.
Le Premier ministre a par ailleurs annoncé l'arrivée d'un nouvel appareil de surveillance aérienne en septembre, et une présence militaire en mer devant atteindre "près de 191 jours" cette année, contre 137 jours en 2025.
Volet diplomatique : conditionnalité de l'aide
Lecornu a annoncé la création d'un système de bonus-malus sur la part modulable de l'aide publique au développement versée aux Comores et à six pays d'Afrique des Grands Lacs concernés par les flux migratoires, une aide qu'il a chiffrée à près de 300 millions d'euros en 2024.
"Un pays qui coopère pleinement avec la France en matière migratoire sera davantage aidé qu'un pays qui ne le fait pas",
a-t-il déclaré, précisant que les critères publics incluraient les départs empêchés, la lutte contre les passeurs, les laissez-passer consulaires délivrés, les retours acceptés, les informations échangées et les filières démantelées."L'aide humanitaire directe aux populations ne sera pas concernée"
, a-t-il précisé, ajoutant que "la solidarité doit aller avec la responsabilité".
Renforcement de la chaîne pénale
Pour rappel, le gouvernement prévoit également le renforcement des effectifs de magistrats et greffiers en 2027, ainsi que la construction d'un second établissement pénitentiaire de 250 places, dont le site doit être arrêté et les premières études lancées au premier trimestre 2027.
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