Macron n’exclut pas une attaque russe par drone contre les aéroports français
10:15, 25/09/2026, vendredi
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LUDOVIC MARINAFP
Une photo montre un écran d'ordinateur tandis que le président français Emmanuel Macron s'exprime lors d'une interview accordée à France 2 et TF1 à l'Élysée, à Paris, le 24 septembre 2026.Le président français Emmanuel Macron a évoqué la possibilité d'une attaque russe par drone contre un aéroport tricolore, tout en démentant une alerte des services américains, lors d'un entretien télévisé jeudi soir consacré aux crises internationales.
Menace russe et sécurité aérienne
Emmanuel Macron s'est exprimé jeudi soir lors des journaux de 20 heures de TF1 et France 2, dressant un large état des lieux des crises internationales et de leurs conséquences pour la France.
Le chef de l'État a ainsi abordé la guerre en Ukraine, les actes hostiles attribués à la Russie, la situation au Proche et Moyen-Orient ainsi que les risques pesant sur les approvisionnements énergétiques.
Le président français a ouvert la discussion en démentant une information selon laquelle la CIA aurait alerté Paris d'un scénario d'attaque visant le sud de la France.
"La CIA n’a pas informé les services français d’une telle attaque"
, a-t-il déclaré, précisant que le ministre italien de la Défense avait également démenti cette alerte.Toutefois, Emmanuel Macron a reconnu une dégradation de l'environnement sécuritaire européen, indiquant que les actes hostiles s'étaient multipliés ces dernières semaines.
Interrogé sur la possibilité qu'un incident similaire à celui de l'aéroport allemand de Leipzig se produise en France, notamment à Orly, Roissy-Charles-de-Gaulle ou Marseille-Marignane, il a répondu :
La réponse est oui.
Il a estimé que l'incident de Leipzig aurait pu être meurtrier, ajoutant :
"Ce n’est plus de la guerre hybride, c’est de la guerre"
. Selon lui, Moscou considère désormais l'Europe comme la
"profondeur stratégique"
de l'Ukraine en raison du soutien européen à Kiev. Par ailleurs, il a annoncé un renforcement de la protection des infrastructures sensibles à la demande du ministre de l'Intérieur, qui a réuni les préfets de zone, tandis qu'un Conseil de défense a été organisé et que des protections supplémentaires seront déployées région par région autour de sites civils et militaires sensibles.
Mobilisation militaire et diplomatie
Emmanuel Macron a également évoqué le scénario d'une nouvelle mobilisation militaire russe.
Selon des informations partagées entre services de renseignement européens, américains et ukrainiens, il a évalué à 300 000 hommes supplémentaires un scénario jugé
"crédible"
, indiquant que plusieurs indices montrent que Moscou se prépare à accroître son effort de guerre, notamment dans le Donbass.Dans ce contexte, il a réaffirmé la volonté française de poursuivre le soutien militaire à Kiev, annonçant la fourniture de radars et de missiles supplémentaires à l'Ukraine après un entretien avec le président Volodymyr Zelensky.
De plus, le chef de l'État a détaillé une initiative diplomatique qu'il affirme avoir discutée avec les présidents américain Donald Trump et ukrainien Volodymyr Zelensky.
Paris propose ainsi un
"double moratoire"
. Le premier volet prévoirait l'arrêt des frappes ukrainiennes contre les raffineries russes en échange de l'engagement de Moscou à cesser ses attaques contre le système énergétique et les infrastructures civiles ukrainiennes. Le second porterait sur l'arrêt des combats en mer Noire afin de faciliter la circulation des céréales, sans qu'il s'agisse d'un cessez-le-feu général sur le front.
Crise énergétique et Moyen-Orient
L'entretien a également porté sur les tensions au Proche et Moyen-Orient et leurs conséquences sur les prix de l'énergie.
Pour Emmanuel Macron, la situation autour des détroits d'Ormuz et de Bab el-Mandeb constitue l'une des principales explications de la flambée actuelle des carburants, qui pèse sur le pouvoir d'achat des Français dépendants de leur véhicule.
Il a assuré que la France avait pris des dispositions pour sécuriser ses approvisionnements jusqu'à la fin de l'année en diesel, gaz et fioul, évoquant ses discussions avec l'Arabie saoudite, l'Irak, la Jordanie, le Liban et le Nigeria.
"D’ici à la fin de l’année, on s’est mis en situation d’avoir ce dont on a besoin en diesel, en gaz, en fioul"
, a-t-il affirmé, indiquant que les stocks français de gaz devraient atteindre environ 80 % dans les prochaines semaines.En outre, Emmanuel Macron a annoncé l'envoi de moyens militaires français pour contribuer à la protection du site stratégique de Yanbu en Arabie saoudite, sur la mer Rouge.
"Nous allons envoyer des moyens militaires, c’est-à-dire des soldats, des radars, des systèmes de défense pour protéger ce site"
, a-t-il précisé, insistant sur le fait qu'il ne s'agissait pas d'engager la France dans un nouveau conflit mais de protéger une infrastructure stratégique pour les flux énergétiques.Sur la flambée des prix à la pompe, le président a défendu une action sur les causes internationales plutôt qu'une baisse immédiate de la fiscalité, tout en n'excluant pas cette hypothèse si les prix continuaient de progresser.
"En fonction de l'évolution, il ne faut rien exclure"
, a-t-il déclaré, privilégiant néanmoins des aides ciblées vers les Français les plus exposés.Débat intérieur et stabilité politique
Le chef de l'État a également appelé TotalEnergies à poursuivre ses efforts de plafonnement des prix, déclarant au groupe :
Vous êtes Français, soyez patriotes.
Il a jugé légitime le débat sur les bénéfices importants réalisés par l'opérateur, tout en privilégiant dans l'immédiat une action directe sur les prix plutôt qu'une nouvelle taxation.
Par ailleurs, Emmanuel Macron s'est opposé à la proposition de Marine Le Pen visant à réduire fortement la TVA, qualifiant une baisse non financée de
"démagogie budgétaire"
susceptible d'aggraver les tensions sur les finances publiques et les taux d'intérêt. Il a parallèlement défendu les interventions financières réalisées durant les crises précédentes, déclarant ne
"pas regretter du tout le quoi qu’il en coûte".
Enfin, interrogé sur l'éventualité d'une nouvelle dissolution de l'Assemblée nationale, il a écarté cette hypothèse.
"Je pense que ce ne serait pas bon pour le pays"
, a-t-il répondu, assumant sa décision de 2024 tout en appelant les forces politiques issues du dernier scrutin à prendre leurs responsabilités pour assurer la stabilité. Pour rappel, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov avait déclaré lundi que
"la Russie ne menace ni la France ni aucun État européen"
, rejetant les accusations de menace directe.A lire également:

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