Sanctions russes : blocage européen sur deux oligarques
17:34, 22/09/2026, mardi
AFP

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Le président russe Vladimir Poutine et l'homme d'affaires russe d'origine ouzbèke, Alisher Bourkhanovitch Ousmanov.L'Union européenne dispose jusqu'à mardi minuit pour éviter l'expiration automatique de près de 3 000 sanctions visant la Russie, alors que Paris et Luxembourg réclament la levée des mesures contre Alisher Ousmanov et Mikhaïl Fridman.
Un accord de principe menacé par l'expiration imminente
Selon des sources diplomatiques, les Vingt-Sept devaient se mettre d'accord avant minuit (22h00 GMT) ce mardi pour éviter que près de 3 000 personnalités et entités ne soient automatiquement exemptées des sanctions européennes.
Ces mesures visent les acteurs accusés de soutenir l'effort de guerre du Kremlin contre l'Ukraine, et leur expiration automatique constituerait une défaillance majeure de la politique de coercition de l'Union.
Les discussions avaient repris à plusieurs reprises depuis vingt-quatre heures pour tenter de valider un accord de principe intervenu la veille sur le sort de deux oligarques russes.
La France persiste dans sa demande de rayer de la liste Alisher Ousmanov, homme d'affaires d'origine ouzbèke ayant fait fortune dans la métallurgie puis avec le groupe internet Mail.Ru, et qui fut l'un des principaux actionnaires du club de football anglais d'Arsenal.
De son côté, le Luxembourg réclame la levée des mesures visant Mikhaïl Fridman, actionnaire principal du conglomérat Alfa Group, qui comprend notamment Alfa Bank, l'une des principales banques russes également visées par les restrictions.
Ce dernier a initié une procédure d'arbitrage contre le Grand-Duché pour obtenir 15 milliards d'euros de réparations, selon les informations disponibles.
Paris a invoqué des raisons de sécurité nationale devant ses partenaires pour justifier cette exemption, sans fournir d'explications publiques détaillées sur la nature exacte de la menace ou de l'opportunité diplomatique sous-jacente.
Selon un diplomate à Bruxelles, cette demande s'inscrit dans le cadre d'un accord de libération de prisonniers impliquant des citoyens français détenus en Azerbaïdjan, ce qui expliquerait l'urgence et l'opacité revendiquées par les autorités françaises.
Opposition lettone et soutien ukrainien
Toutefois, la Lettonie s'oppose catégoriquement à cette double radiation et bloque l'adoption de l'accord de principe validé lundi, Riga refusant de céder sur cette question malgré les tractations intenses menées depuis vingt-quatre heures.
"La Lettonie ne peut pas accepter une telle proposition"
, a écrit sur X le Premier ministre letton Andris Kulbergs, une position immédiatement saluée par le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Ce dernier a ajouté sur le même réseau social : "Le monde n'a pas besoin de retraits des sanctions motivés par des calculs politiques".
De plus, le chef de la diplomatie ukrainienne Andriï Sybiga a protesté avec virulence contre cette initiative, estimant qu'un tel retrait
"est inacceptable et enverrait un mauvais signal à Moscou au moment où la pression doit s'intensifier"
. Par ailleurs, plusieurs pays membres et diplomates européens ont dénoncé un dangereux précédent qui fragiliserait l'édifice des sanctions.
Un diplomate européen s'est particulièrement insurgé contre la méthode employée par Paris :
"Cela envoie vraiment le signal que l'on peut obtenir un retrait de la liste en faisant du chantage".
Contexte réglementaire et réactions internationales
En marge de l'Assemblée générale de l'ONU à New York, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a exhorté les États membres à maintenir la politique de sanctions, insistant sur le fait que celle-ci devait rester
"le coeur"
de la stratégie européenne pour faire pression sur Moscou. Le Kremlin a de son côté réclamé mardi la levée des sanctions européennes à l'encontre de
"tous les hommes d'affaires russes"
, capitalisant sur les divisions apparentes au sein des Vingt-Sept pour demander une généralisation de l'allègement des mesures coercitives.Les sanctions concernées consistent en un gel des avoirs et une interdiction de voyager sur le territoire des 27 pays membres, des restrictions qui pèsent lourdement sur les intérêts économiques des oligarques visés.
Dans ce contexte, les Vingt-Sept ont décidé lundi d'étendre à 36 mois le délai de renouvellement du régime de sanctions, afin d'éviter de futurs blocages de cette nature et les psychodrames diplomatiques récurrents, bien que cette extension doive encore être confirmée mardi avant l'échéance fatidique de minuit.
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