Kenya: jour J pour le Sénat qui pourrait destituer le vice-président Rigathi Gachagua

Les sénateurs kényans se prononcent jeudi sur la destitution du sulfureux vice-président Rigathi Gachagua, accusé notamment de corruption dans le cadre de cette procédure inédite qui tient le pays en haleine.
L'Assemblée nationale a approuvé à une écrasante majorité la semaine dernière une motion de destitution contre le vice-président, en conflit ouvert avec le chef de l'État William Ruto depuis plusieurs mois.
Les chances de survie politique de M. Gachagua sont minces si les membres de l'opposition soutiennent le parti au pouvoir, comme ce fut le cas à la chambre basse.
M. Gachagua, 59 ans, est notamment accusé de détournements de fonds, de trafics d'influence et d'acquisitions frauduleuses d'hôtels et d'appartements.
Doté d'un solide réseau d'influence, notamment dans la région stratégique du Mont Kenya, cet ancien homme d'affaires de l'ethnie kikuyu, majoritaire dans le pays, a joué un rôle crucial dans la victoire de M. Ruto face à son rival Raila Odinga (50,49 % contre 48,85 %).
"Cartouche usagée"
Les détracteurs du vice-président l'accusent de ne pas avoir soutenu le chef de l'État face aux manifestations qui demandaient sa démission. La répression de cette contestation a fait au moins 60 morts.
Le mouvement s'est essoufflé, mais le ressentiment est toujours présent, et la crise actuelle au sommet de l'État est, pour de nombreux Kényans, un nouveau signe de déconnexion de la classe politique.
Ils veulent m'écarter et nommer quelqu'un d'autre, au mépris de la volonté des Kényans.
Parmi les noms de successeurs potentiels évoqués par les médias kényans en cas de destitution figurent le ministre de l'Intérieur Kithure Kindiki, le ministre des Affaires étrangères Musalia Mudavadi et une gouverneure de comté, Anne Waiguru.
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