Législatives en Israël : à quoi doit s'attendre Netanyahu
13:59, 25/10/2026, dimancheM: Mise à jour: 14:08, 25/10/2026, dimanche
AFP

Nir KeidarAA
Les affiches de Yaïr Golan (à gauche) et de Benyamin Netanyahou (à droite) se multiplient à Tel-Aviv, le 25 octobre 2026, à deux jours des élections à la Knesset prévues le 27 octobre.Les élections législatives de mardi opposent le Premier ministre Benjamin Netanyahu à plusieurs challengers, notamment l'ancien général Gadi Eisenkot et l'ex-Premier ministre Naftali Bennett, dans un contexte de guerre à Gaza et de crise politique.
Le vote de mardi intervient alors que le pays sort de plus d'un an de conflit dans la bande de Gaza, déclenché par l'attaque du Hamas contre le sud d'Israël le 7 octobre 2023. Benjamin Netanyahu, qui cumule plus de quinze années au pouvoir à diverses reprises, cherche à prolonger son mandat malgré une contestation interne croissante. Plusieurs formations s'unissent dans l'espoir de former un bloc alternatif capable de dépasser la majorité des 120 sièges de la Knesset.
Eisenkot, le général devenu politique
Gadi Eisenkot, 66 ans, s'impose comme le challenger le plus crédible du Premier ministre sortant. Issu d'une famille d'immigrés marocains et ancien chef d'état-major des armées, il capitalise sur une popularité renforcée par le sacrifice familial au combat : son fils et deux de ses neveux sont tombés dans les rangs de l'armée israélienne lors des opérations dans l'enclave palestinienne. Il a fondé en septembre 2025 le parti Yashar.
Sa posture politique se situe au centre-droit, marquée par un alignement sécuritaire strict. Il s'oppose à la création d'un État palestinien et promet d'éliminer le mouvement islamiste armé dans un délai de dix-huit mois. Toutefois, il entend mettre fin à l'impunité des colons extrémistes en Cisjordanie occupée, contrairement à la ligne actuelle du gouvernement. Par ailleurs, sa candidature revêt une dimension symbolique : élu, il deviendrait le premier chef de gouvernement séfarade de l'histoire du pays.
Les centristes et leurs trajectoires
Naftali Bennett, 54 ans, tente un retour politique sous des habits centristes et laïcs après avoir incarné la droite nationaliste religieuse. Ancien Premier ministre durant une année seulement entre 2021 et 2022, il avait brièvement interrompu le règne de douze ans de Netanyahu en coalitionnant avec la gauche et un parti arabe israélien. Il dirige désormais la formation Beyahad, positionnée en troisième lieu dans les intentions de vote.
Yaïr Lapid, 62 ans, figure emblématique du centre libéral, représente une autre voie. Ancien journaliste devenu ministre des Affaires étrangères puis Premier ministre par intérim en 2022, il a fondé Yesh Atid en 2012. Omniprésent sur les réseaux sociaux, il avait conduit la mobilisation contre la réforme judiciaire avant l'attaque du Hamas. De plus, son électorat reste concentré sur les couches urbaines et laïques, limitant son expansion au-delà de ce socle.
Les outsiders et faiseurs de roi
Avigdor Lieberman, natif de Moldavie arrivé en Israël dans les années 1970, incarne la droite nationaliste laïque. Ancien bras droit de Netanyahu devenu son critique farouche, il a piloté trois ministères clés et dirige Israel Beiteinou, qui s'appuie traditionnellement sur l'électorat russophone.
Mansour Abbas, leader du parti islamiste conservateur Raam, pourrait jouer un rôle décisif. Sa formation avait déjà intégré le gouvernement Bennett en 2021, une première pour un parti arabe israélien. En outre, représentant une communauté constituant 20 % de la population et traditionnellement abstentionniste, il constitue la cible privilégiée des attaques de la campagne de Netanyahu.
Enfin, Yaïr Golan, chef des Démocrates, demeure le dernier défenseur de la gauche travailliste traditionnelle et de la solution à deux États. Ancien haut gradé, il s'était illustré le 7 octobre 2023 en prenant son arme pour secourir des civils attaqués par les commandos du Hamas.
Configurations incertaines
Les sondages placent les deux blocs rivaux au coude à coude, rendant imprévisible l'issue du scrutin. L'ancien général Eisenkot pourrait être amené à former une coalition hétérogène rassemblant des forces allant du centre à la droite laïque, voire à s'appuyer sur les partis arabes pour atteindre la majorité parlementaire. Dans ce contexte, la participation électorale de la minorité arabe pourrait déterminer l'avenir politique du pays.
