Haïti : au moins 40 morts dans l'attaque d'un camp de déplacés
16:48, 25/08/2026, mardi
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CLARENS SIFFROYAFP
Un corps gît au sol tandis que les gens réagissent aux violences survenues pendant la nuit, au cours desquelles plus de vingt personnes ont été tuées par des gangs armés à Kenscoff, un quartier situé près de Port-au-Prince, en Haïti, le 24 août 2026.Au moins quarante personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées ou portées disparues lors d'une attaque de gangs armés contre un camp de déplacés à Kenscoff, près de Port-au-Prince, a indiqué lundi le maire de la commune, Massillon Jean.
Déroulement de l'attaque
Des hommes armés ont fait irruption dans la nuit de dimanche à lundi dans un camp de personnes déplacées installé dans une église de Kenscoff, dans les hautes collines au sud-est de la capitale haïtienne.
Les assaillants, membres de la coalition Viv Ansanm, ont ouvert le feu sur les occupants du site, exécutant plusieurs personnes et enlevant d'autres.
L'attaque s'est prolongée jusqu'au début de la matinée de lundi, visant également des habitations voisines. Par ailleurs, plusieurs résidences ont été incendiées, dont celle du médecin Jean William "Bill" Pape, éminent spécialiste de la lutte contre le VIH, qui se trouvait à l'étranger au moment des faits.
Bilan provisoire et recherche des victimes
Le bilan exact demeure incertain en raison des difficultés d'accès à la zone et des problèmes de communication.
"Nous avons dénombré une quarantaine de cadavres. Les recherches se poursuivent. Certaines personnes sont toujours portées disparues"
, a déclaré le maire Massillon Jean à la presse, évoquant "une nuit de terreur".
Les assaillants ont procédé à des exécutions sommaires au sein du camp, laissant des dizaines de blessés. L'Organisation des Nations unies fait état d'au moins 47 morts et 22 blessés, tandis que le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) avance un bilan de 30 à 40 décès.
Réactions des autorités
Le bureau du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a réagi dans un communiqué officiel.
"Kenscoff ne sera pas abandonnée",
a-t-il affirmé, annonçant le déploiement de renforts pour "rétablir la sécurité"
dans la commune. Le même communiqué exprimait également la
"profonde compassion"
du gouvernement aux familles éplorées. De plus, des habitants ont manifesté leur colère lundi, dénonçant l'insuffisance de la protection policière alors que le commissariat local se situe à quelques minutes seulement du lieu du massacre.
Contexte d'insécurité chronique
Cette tuerie s'inscrit dans une vague de violence qui frappe notamment Kenscoff depuis le début de l'année 2025. Déjà plusieurs centaines de personnes y ont perdu la vie et des milliers d'habitants ont fui la région, autrefois prisée pour son climat frais à 1 500 mètres d'altitude.
Depuis l'assassinat du président Jovenel Moïse en juillet 2021, Haïti est plongé dans une crise multidimensionnelle sans précédent. Les gangs armés contrôlent désormais une large partie de Port-au-Prince et étendent progressivement leur emprise vers les zones périphériques.
Enjeux humanitaires et sécuritaires
Selon les Nations unies, plus de 3 100 personnes ont été tuées et près de 1 200 blessées entre janvier et juin 2026, tandis que le nombre de déplacés internes atteint un record de 1,5 million.
La situation humanitaire continue de se dégrader dans le pays le plus pauvre des Amériques, où plus de la moitié de la population souffre d'insécurité alimentaire. Une mission internationale de soutien à la police, appuyée par l'ONU, est déployée mais n'a pas encore atteint sa pleine capacité opérationnelle.
Dans ce contexte, la communauté internationale multiplie les appels à un renforcement de l'assistance sécuritaire, tandis que les sanctions américaines visant certains gangs comme organisations terroristes n'ont pas freiné l'escalade des violences.
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