Ebola en RDC : 9 455 cas confirmés et 4 561 décès

La rédaction
11:40, 20/10/2026, mardi
Yeni Şafak
Ebola en RDC : 9 455 cas confirmés et 4 561 décès
Luis TATOAFP
Officiels kenyans devant un centre de traitement d'Ebola aà Nairobi, alors que l'épidémie fait rage en RDC.

Au 17 octobre 2026, l'épidémie d'Ebola en RDC atteint 9 455 cas confirmés et 4 561 décès, selon le ministère congolais de la Communication et des Médias. Huit provinces et 66 zones de santé sont touchées. Le taux de létalité s'élève à 48,2 %. Aucune nouvelle zone n'a été affectée en 24 heures, mais la souche Bundibugyo reste sans vaccin homologué. Les autorités invitent à appeler le 151 en cas de symptômes.

L'épidémie d'
Ebola en RDC
ne s'essouffle pas. Au 17 octobre 2026, la République démocratique du Congo (RDC) compte 9 455 cas confirmés et 4 561 décès. Ce bilan émane du ministère congolais de la Communication et des Médias. Par ailleurs, l'épidémie touche désormais huit provinces et 66 zones de santé.

Épidémie d'Ebola en RDC: le bilan au 17 octobre 2026

Le ministère a publié son dernier point de situation, arrêté au 17 octobre. Ainsi, la RDC dénombre 9 455 cas confirmés et 4 561 décès. Le taux de létalité s'établit à 48,2 %. Autrement dit, près d'un cas confirmé sur deux a été fatal.

Une zone de santé correspond à un district sanitaire. Il regroupe plusieurs centres de soins. À ce jour, 66 de ces zones sont touchées, réparties dans huit provinces.

Les chiffres clés du dernier bilan

- 9 455 cas confirmés

- 4 561 décès

- 2 530 personnes guéries

- 925 patients en isolement ou hospitalisés

- 48,2 % de taux de létalité

- 80 % de suivi des contacts

- 8 provinces et 66 zones de santé touchées

Ces données montrent une épidémie encore bien active. Cependant, les guérisons progressent. Au total, 2 530 personnes ont été déclarées guéries, dont huit de plus au cours de la dernière journée. De plus, 925 patients restent en isolement ou à l'hôpital.

Aucune nouvelle zone touchée, mais l'épidémie se poursuit

Le ministère signale une évolution positive. Selon lui,
"aucune nouvelle zone de santé n'a été affectée au cours des dernières 24h"
. Toutefois, ce signal ne marque pas la fin de la crise. Le ministre de la Santé, Roger Kamba, a rappelé le 13 octobre que l'épidémie continue,
selon l'agence ACP
.

Côté prévention, le suivi des contacts atteint 80 %. Cette méthode consiste à identifier les personnes qui ont approché un malade, puis à les surveiller. En effet, un contact peut tomber malade à son tour. Ainsi, les équipes isolent plus vite les nouveaux cas et limitent la transmission.

Mi-septembre, l'Africa CDC, l'agence de santé de l'Union africaine, jugeait l'épidémie
"pas sous contrôle"
. Le gouvernement congolais affirmait alors que le pic datait de la troisième semaine d'août. Ces deux lectures divergentes appellent à la prudence.

Une flambée née en Ituri, la plus meurtrière de l'histoire de la RDC

Les autorités ont déclaré l'épidémie le 15 mai 2026. Elle est partie de la province d'Ituri, dans le nord-est du pays. Il s'agit de la 17e épidémie d'Ebola en RDC depuis 1976.

Le 17 mai, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré une
urgence de santé publique de portée internationale
. Cette décision répond au risque de propagation au-delà de la RDC et de l'Ouganda.

La flambée actuelle a déjà dépassé l'épidémie de 2018-2020, qui avait fait 2 299 morts dans l'est du pays. Elle devient donc la plus meurtrière jamais enregistrée en RDC. En août, le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, la qualifiait de deuxième plus grande épidémie d'Ebola de l'histoire. Seule celle d'Afrique de l'Ouest (2014-2016) la devance.

L'Ituri reste la province la plus touchée. Au 6 octobre, elle recensait 6 513 cas et 3 007 décès, selon l'OMS et l'ECDC, le centre européen de prévention et de contrôle des maladies. Le Nord-Kivu suit avec 1 785 cas et 1 021 décès.

Bundibugyo: une souche rare, sans vaccin homologué

La flambée provient de la souche
Bundibugyo
du virus Ebola. Cette souche rare a été identifiée pour la première fois en 2007, dans le district de
Bundibugyo
, en Ouganda. Elle est moins connue que la souche
Zaïre
, historiquement associée aux grandes épidémies.
Il n'existe ni vaccin ni traitement spécifique homologué contre elle, rappelle l'OMS. En effet, les vaccins actuels visent la souche Zaïre. C'est pourquoi la riposte repose sur des
mesures classiques
: détection rapide, isolement des malades et suivi des contacts.
La recherche avance toutefois. Fin juillet, un premier volontaire a reçu un vaccin expérimental ciblant la souche
Bundibugyo
, selon l'
Université d'Oxford
.

Lors des deux flambées précédentes, l'OMS estimait la létalité entre 30 % et 50 %. Le taux actuel de 48,2 % se situe donc dans le haut de cette fourchette.

Insécurité et déplacements: les obstacles de la riposte

La riposte se heurte à plusieurs obstacles. D'abord, l'insécurité persiste dans l'est du pays, une région en proie aux conflits depuis plus de trente ans. Ensuite, les déplacements de population compliquent le suivi des malades. Enfin, les mouvements transfrontaliers accroissent le risque de propagation, selon
l'OMS
.

Par ailleurs, de nombreux décès surviennent dans les communautés. Les malades n'atteignent pas toujours les centres de traitement à temps. Cette situation complique la détection précoce des cas.

Ebola franchit aussi les frontières. Le Kenya a annoncé le 6 octobre son premier cas importé confirmé, selon l'ECDC. L'Ouganda avait de son côté recensé 20 cas entre mai et juin. L'OMS y a déclaré la fin de l'épidémie le 25 août, après 42 jours sans nouveau cas confirmé.

Sur le plan financier, Roger Kamba a évoqué un plan initial de 242 millions de dollars. Au total, 360 millions de dollars ont été mobilisés pour la riposte, a-t-il précisé.

Ebola en RDC: comment signaler un cas suspect avec le 151

Les autorités invitent la population à signaler tout symptôme ou cas suspect. Pour cela, un numéro vert est disponible : le
151
. L'appel est gratuit.

Le virus se transmet par contact direct avec les fluides corporels d'une personne malade. Il provoque une fièvre hémorragique, c'est-à-dire une forte fièvre accompagnée de saignements. Chacun doit donc appeler dès l'apparition de symptômes ou après un contact avec un cas suspect.

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