Enfants français détenus en Syrie: le Comité contre la torture de l’ONU condamne la France
21:43, 21/01/2023, samedi
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Crédit photo: DELIL SOULEIMAN / AFP
La France a été épinglée une nouvelle fois pour sa politique de rapatriements de ses ressortissants, dont des enfants et leurs mères, qui croupissent dans des camps de prisonniers en Syrie.
Le Comité contre la torture des Nations Unies a condamné la France, après avoir
"constaté le 19 janvier 2023 sa violation de la convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, dont elle est signataire depuis 1986"
, précise un communiqué de l’avocate Marie Dosé, qui représente plusieurs proches de ces femmes et enfants français détenus en Syrie.Maître Marie Dosé, qui a porté cette affaire devant l’ONU, explique dans son communiqué publié samedi sur le compte Twitter de son cabinet, que le comité onusien considère que
"la France a l'obligation positive de protéger ces enfants et leurs mères détenus dans des conditions inhumaines contre une violation de leur droit de ne pas être soumis à des traitements cruels, inhumains ou dégradants"
."La France avait une parfaite connaissance de la détention prolongée de ces ressortissants dans une situation de mauvais traitements"
L’organe onusien a, en outre, mis l’accent sur
"la capacité d'intervention"
de la France pour mettre un terme aux traitement inhumains et dégradants dont sont victimes les enfants et leurs mères."En tant qu'Etat de nationalité des femmes et des enfants détenus dans ces camps, la France a la capacité et le pouvoir de protéger leurs droits en prenant des mesures pour les rapatrier"
, a fait observer le comité onusien."150 enfants français et leurs mères affrontent un cinquième hiver dans les camps du nord-est syrien. Tous les pays européens ont fait le choix de la responsabilité et de l'humanité en rapatriant leurs ressortissants"
, déplore l’avocate.Et Maître Marie Dosé de préciser que quand bien même la France assure avoir mis un terme à sa politique du
"cas par cas"
, elle persiste
. "à abandonner des enfants épuisés et profondément traumatisés dans des camps insalubres, et à violer allègrement ses engagements internationaux"
L’avocate estime que
"la France a fait le choix d'abandonner des enfants et leurs mères en zone de guerre en ayant parfaitement conscience de la souffrance qu’ils endurent et des violences auxquelles ils sont exposés"
.Selon elle, les enfants français détenus en Syrie dans des prisons à ciel ouvert ne sont plus seulement victimes du choix de leurs parents mais ils sont surtout, victimes du choix de leur pays.
Cette nouvelle condamnation de la France s’ajoute à celles du Comité des droits de l'enfant de l’ONU en date du 24 février 2022 et de la Cour européenne des droits de homme le 14 septembre 2022.
La France a rapatrié ces derniers mois 35 enfants. Plusieurs autres enfants et leurs mères sont toujours détenus dans des camps de prisonniers en Syrie, notamment à Al Hol et à Roj (nord-est).



