Ceuta : 12 Marocains interpellés après une attaque contre l'armée
17:09, 27/08/2026, jeudi
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Antonio SempereX
Des bénévoles de la Croix-Rouge distribuent de la nourriture aux migrants qui continuent de vivre dans la rue, sur la plage de Trampolin à Ceuta, le 22 août 2026. Les forces de l'ordre ont interpellé douze citoyens marocains jeudi dans l'enclave de Ceuta, suite à une agression au cours de laquelle des pierres et divers projectiles ont visé un véhicule militaire espagnol, blessant légèrement un soldat, a indiqué un porte-parole policier.
Une embuscade nocturne
Selon un porte-parole de la police contacté par la presse française, les faits se sont déroulés dans la nuit de mercredi à jeudi sur cette portion du territoire espagnol située sur la côte nord-africaine.
Un groupe de
"entre 50 et 70"
migrants a pris pour cible un véhicule militaire qui effectuait une patrouille régulière.Un des quatre militaires présents à bord a été légèrement blessé au dos par un jet de pierre, a précisé la même source.
Retrait sous la protection policière
"Vers 6h, un véhicule militaire"
transportant quatre soldats "a été pris dans une embuscade"
, a déclaré le porte-parole. "Des deux côtés de la route des gens se sont mis à lui jeter des pierres et différents objets"
, a-t-il précisé.Encerclés par leurs assaillants, les militaires ont abandonné leur véhicule et pris la fuite à pied, poursuivis
"par un grand groupe de personnes"
. Ils ont alors sollicité l'intervention des unités de police, qui se sont rendues sur place avec plusieurs véhicules, provoquant la dispersion des migrants.Par ailleurs, le porte-parole a indiqué ignorer
"le but"
recherché par les membres du groupe.Persistance de la crise migratoire
Ces incidents surviennent dans un contexte de fortes tensions à Ceuta, enclave espagnole de 18,5 kilomètres carrés comptant environ 80 000 habitants.
Près d'un mois après l'arrivée massive de plus de 70 000 migrants les 30 et 31 juillet, plusieurs milliers de personnes demeurent présentes sur le territoire.
Ces derniers avaient rejoint Ceuta à la nage ou à pied depuis le Maroc. Si la grande majorité d'entre eux est rapidement retournée dans le pays, le gouvernement espagnol estime leur nombre actuel entre 3 500 et 7 000, tandis que les autorités locales de droite avancent un chiffre d'au moins 10 000 personnes.
Colère des habitants et réactions officielles
De plus, plusieurs manifestations ont été organisées par les résidents pour dénoncer des problèmes de sécurité et d'hygiène.
La plus récente a réuni des milliers de personnes mercredi soir, s'achevant par des incidents lorsque les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes afin d'empêcher des affrontements avec des migrants installés sur une plage, selon la presse espagnole.
"La tension dans la ville de Ceuta est très élevée"
parce qu'il "n'y a pas de réponse"
du gouvernement et que "nous nous sentons abandonnés"
, a déclaré jeudi à la radio Cadena Ser Kissy Chandiramani, conseillère aux Finances de la ville autonome.Les défis de l'identification
Le gouvernement du Premier ministre Pedro Sánchez cherche à accélérer le renvoi des migrants restés à Ceuta. Toutefois, il souligne que chacun d'eux doit d'abord être identifié afin de déterminer les personnes susceptibles de bénéficier du droit d'asile et celles pouvant être reconduites au Maroc.
Les milliers de mineurs présents dans l'enclave doivent, pour leur part, bénéficier d'une protection particulière.
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