Birmanie : l'ambassadeur à l'ONU jugé illégitime
11:33, 13/09/2026, dimanche
AFP

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L'ambassadeur à l'ONU jugé illégitimeLe gouvernement birman soutenu par la junte a affirmé dimanche que son représentant auprès des Nations unies, resté fidèle à la dirigeante déchue Aung San Suu Kyi, occupe illégitimement ses fonctions, selon un communiqué officiel.
La junte conteste la légitimité du diplomate
Le ministère des Affaires étrangères du gouvernement militaire birman a indiqué dimanche que Kyaw Moe Tun avait été
"révoqué de la fonction publique"
à compter du 27 février 2021. Selon un communiqué publié dans le journal d'État Global New Light of Myanmar, cette mesure fait suite à son refus d'obéir aux ordres de l'État, des actes qualifiés de trahison et des complots présumés avec des "organisations terroristes".
Le diplomate, nommé par l'ancien gouvernement civil dirigé par Aung San Suu Kyi, refuse depuis plus de cinq ans de reconnaître l'autorité de la junte au pouvoir.Un conflit entamé par le coup d'État de 2021
La Birmanie est plongée dans une guerre civile depuis le putsch militaire de février 2021 qui a renversé le gouvernement élu d'Aung San Suu Kyi. Par ailleurs, les violences ont fait plus de 100 000 morts tous camps confondus en cinq ans, selon les estimations de l'Acled, une ONG spécialisée dans le recueil de données sur les conflits armés. Dans ce contexte, le représentant birman à l'ONU a rompu avec les dirigeants de son pays quelques semaines après le renversement du pouvoir civil.
L'appel de Kyaw Moe Tun à la communauté internationale
La veille de sa révocation officielle, Kyaw Moe Tun avait lancé un appel émouvant devant l'Assemblée générale de l'ONU. Il avait alors demandé que soit prise
"l'action la plus vigoureuse possible"
contre le coup d'État militaire. Toutefois, le gouvernement soutenu par l'armée affirme aujourd'hui que le diplomate ne représente plus le pays d'Asie du Sud-Est, soulignant qu'il occupe illégitimement son poste diplomatique à New York.Accusations de détournement et liens avec l'opposition
Les autorités birmanes ont également accusé l'ambassadeur de détournement de fonds et de biens de l'État, notamment concernant les locaux de la Mission permanente à New York. De plus, il lui est reproché de travailler avec l'opposition en exil, le
"Gouvernement d'unité nationale",
qualifié de groupe terroriste par la junte. En outre, les Nations unies ont formé en septembre un comité chargé de décider si elles acceptent le candidat des autorités militaires au poste d'ambassadeur ou si elles maintiennent Kyaw Moe Tun dans ses fonctions.À lire également:

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