Au Kenya, des milliers de manifestants commémorent les victimes du mouvement inédit de 2024

13:18, 25/06/2025, mercredi
AFP
Au Kenya, des milliers de manifestants commémorent les victimes du mouvement inédit de 2024
KABIR DHANJIAFP
Un manifestant tenant un drapeau kenyan est enveloppé dans un nuage de gaz lacrymogène dans le centre de Nairobi, le 25 juin 2025, lors d'une journée de protestation prévue pour marquer le premier anniversaire de la prise d'assaut du parlement.

Des milliers de Kényans étaient de retour dans les rues mercredi, en mémoire des plus de 60 personnes tuées lors des manifestations historiques conduites un an plus tôt, malgré les craintes des violences de la police et de "voyous".

La prise du Parlement le 25 juin 2024 par des milliers de jeunes, réclamant le retrait de la loi de finances et la démission du président William Ruto, avait marqué l'apogée de protestations qui ont perduré jusqu'en juillet, durement réprimées par les forces de l'ordre.


Plus de 60 personnes ont été tuées lors de ce mouvement inédit, selon les groupes de défense des droits humains. Plus de 80 personnes ont aussi été enlevées - certaines des mois après les manifestations - et des dizaines d'entre elles sont toujours portées disparues.

Mercredi, les familles des victimes et les militants ont appelé à des rassemblements pacifiques, quand d'autres ont enjoint à
"occuper le palais présidentiel"
. Par crainte de violences, de nombreuses écoles et commerces étaient fermés, et le trafic était très fortement réduit à Nairobi.

Dans la capitale, les principales rues menant au Parlement avaient été bloquées par la police et des bâtiments gouvernementaux étaient protégés par des barbelés.


Dans le centre ville, des milliers de manifestants, essentiellement de jeunes hommes, scandant "Ruto doit partir" - leur cri de ralliement depuis un an -, brandissaient des drapeaux kényans, des portraits de ceux tués l'année dernière ou déposaient des fleurs devant l'hémicycle.


"Je suis venu ici en tant que jeune kényan pour manifester. C'est notre droit, au nom de nos concitoyens kényans qui ont été tués l'année dernière. La police est là (...) ils sont censés nous protéger mais ils nous tuent",
a déclaré à l'AFP Eve, âgée de 24 ans et sans emploi.

Anthony, 25 ans, vend des drapeaux tout en marchant, contre
"les violences policières, l'oppression, les taxes élevées et tout ce qui ne va pas dans ce pays".

"La marche est toujours pacifique, mais c'est quand la police (commence à envoyer) des gaz lacrymogènes que ça tourne au chaos",
ajoute-t-il.

La télévision kényane diffusait également des images de rassemblements dans la grande ville côtière de Mombasa.


Colère


Le gouvernement de William Ruto s'est efforcé d'éviter toute hausse directe d'impôts dans le budget de cette année afin de limiter les troubles.


Mais la récente mort en cellule d'Albert Ojwang, un enseignant de 31 ans qui avait critiqué un haut responsable de la police, a amplifié la colère d'une partie de la société, les forces de l'ordre ayant initialement tenté de camoufler son décès en suicide.

Ce décès a déjà suscité ces dernières semaines des manifestations de quelques centaines de personnes contre les violences policières, qui ont engendré de nouvelles brutalités. La police a dit que les rassemblements étaient permis à condition d'être
"pacifiques et non armés".

Le 17 juin à Nairobi, l'un d'eux a été marqué par des affrontements entre des manifestants, les forces de l'ordre et des
"voyous"
armés qui s'en sont pris aux protestataires et travaillaient en tandem avec la police, ont constaté des journalistes de l'AFP. Un policier a tiré à bout portant sur un vendeur non violent, une scène filmée devenue virale, qui a accentué la colère dans le pays.

"Il est extrêmement important que les jeunes célèbrent le 25 juin parce qu'ils ont perdu des gens qui leur ressemblent, qui parlent comme eux (...) qui se battent pour la bonne gouvernance"
, a souligné à l'AFP Angel Mbuthia, présidente d'un mouvement de jeunes du parti d'opposition Jubilee Party.

"Il n'y a rien de bon à célébrer dans les événements de l'année dernière"
, a à l'inverse estimé l'analyste et avocat Javas Bigambo, qui craint une exploitation politique de la colère populaire.

"Menace contre notre nation"


Huit diplomates occidentaux ont appelé mardi à la retenue lors des commémorations, se disant
"préoccupés par le recours à des 'voyous' pour infiltrer ou perturber des rassemblements pacifiques".

"Nous appelons chacun à faciliter les manifestations pacifiques et à s'abstenir de toute violence"
, ont-ils déclaré, alors que médias et réseaux sociaux font état de plans décidés au plus haut niveau de l'Etat pour réprimer fortement les protestataires mercredi.

Cet appel, signé notamment par les ambassadeurs américain et britannique, est survenu peu après que William Ruto a promis aux policiers que son gouvernement les
"soutiendrait".

"Personne n'est au-dessus de la loi"
, a-t-il lancé, avertissant que le recours à la force, aux insultes ou aux menaces contre des policiers constituent une
"menace contre notre nation"
.

A lire également:


Manifestations antigouvernementales au Kenya
International
Manifestations antigouvernementales au Kenya

Kenya : manifestations dans la capitale après la mort d'un influenceur en garde à vue
International
Kenya : manifestations dans la capitale après la mort d'un influenceur en garde à vue

Kenya: Ruto promet de réprimer "l'anarchie"
International
Kenya: Ruto promet de réprimer "l'anarchie"

Kenya: nouveaux rassemblements sporadiques contre le gouvernement
International
Kenya: nouveaux rassemblements sporadiques contre le gouvernement
Fin de page
Le patrimoine de la Turquie. Groupe de médias international.

Bienvenue sur la source d'information qui façonne l’actualité en Turquie ! Avec son approche journalistique impartiale, dynamique et approfondie, Nouvelle Aube – Yeni Şafak offre à ses lecteurs bien plus que de simples actualités. Des sphères politiques et économiques à l’univers de la culture, de l’art et du sport, accédez instantanément à tout ce qui se passe en Turquie et dans le monde. Grâce à ses plateformes numériques, restez informé à tout moment, où que vous soyez. Suivez l’actualité avec Nouvelle Aube – Yeni Şafak !

Suivez nous sur les réseaux sociaux
Télécharger les applications mobiles

Emportez l’actualité partout avec vous ! Grâce aux applications mobiles de Nouvelle Aube – Yeni Şafak, accédez instantanément aux dernières nouvelles. De la politique à l’économie, du sport à la culture et aux arts, une vaste sélection de contenus est à portée de main ! Téléchargez l’application facilement sur vos appareils iOS, Android ou Huawei, et restez informé en temps réel, où que vous soyez. Téléchargez dès maintenant et ne manquez rien de ce qui se passe dans le monde !

Catégories
Albayrak Medya

Maltepe Mah. Fetih Cad. No:6 34010 Zeytinburnu/İstanbul, Türkiyeiletisim@yenisafak.com+90 212 467 6515

AVERTISSEMENT LEGAL

Le nom et le logo de BIST sont protégés par un « Certificat de Marque Déposée » et ne peuvent être utilisés, reproduits ou modifiés sans autorisation. Tous les droits d’auteur relatifs aux informations publiées sous le nom de BIST appartiennent entièrement à BIST et leur reproduction est interdite. Les données de marché sont fournies par iDealdata Technologies Financières S.A. Les données boursières de BIST sont affichées avec un délai de quinze minutes.

© Net Medya, tous droits réservés. 2026