Arabie saoudite : fermeture de l'oléoduc après des attaques de drones
13:46, 12/09/2026, samedi
AFP

Photo par HANDOUT / 2026 COPERNICUS SENTINEL DATA / AFP
Cette image satellite tirée des données Copernicus Sentinel, prise le 10 septembre 2016, montre de la fumée noire s'élevant au-dessus du désert au sud-est de Médine, le long du tracé général de l'oléoduc est-ouest de l'Arabie saoudite (Petroline).L'Arabie saoudite a annoncé vendredi la fermeture temporaire de son oléoduc stratégique Est-Ouest, d'une capacité de 7 millions de barils par jour, après des attaques par drones provenant d'Irak qui ont fait plusieurs blessés, selon le ministère de l'Énergie.
Fermeture préventive du pipeline stratégique
Selon un communiqué du ministère de l'Énergie rapporté par l'agence officielle SPA, les autorités saoudiennes ont décidé d'interrompre le trafic sur cette infrastructure cruciale. "Le pipeline a été fermé par précaution", a indiqué un responsable ministériel, précisant que les attaques avaient fait plusieurs blessés. Des images satellite diffusées par Eumetsat montraient d'ailleurs jeudi matin une épaisse fumée noire s'élevant au-dessus de cette voie d'exportation qui permet de contourner le verrouillage du détroit d'Ormuz.
Attaques confirmées depuis le territoire irakien
Le ministère des Affaires étrangères a condamné dans un communiqué distinct "le ciblage du pipeline Est-Ouest dans les régions de Ryad et de Médine (ouest, ndlr) par plusieurs drones en provenance d'Irak, ce qui a causé des blessures humaines et des dégâts qui sont en cours de réparation". Par ailleurs, les services du Premier ministre irakien, Ali al-Zaïdi, ont confirmé que l'attaque était bien partie de leur territoire, annonçant sur le réseau social X le limogeage immédiat du commandant chargé de la province de Missan, dans le sud du pays.
De plus, le gouvernement irakien a publiquement condamné ces agressions contre le Royaume frère, réaffirmant son rejet de toute atteinte à la sécurité saoudienne. Toutefois, Ryad a précisé avoir choisi, à la demande du Premier ministre irakien, de
"ne pas réagir à ce stade et de soutenir les efforts du gouvernement irakien (...) pour empêcher les attaques lancées depuis l'Irak contre le Royaume et les pays voisins".
Réactions des pays du Golfe
Les autorités du Bahreïn, de Jordanie et du Qatar ont également dénoncé ces frappes contre l'infrastructure pétrolière saoudienne. Selon un communiqué du Conseil de coopération du Golfe (CCG), cette escalade représente une menace inacceptable contre la sécurité du Royaume.
Contexte régional et tensions autour du détroit
En outre, le royaume wahhabite fait face depuis plusieurs mois à une série d'attaques attribuées à l'Iran et à ses alliés régionaux en représailles des bombardements américains dans la région. Le pays dirige notamment la coalition militaire engagée au Yémen contre les rebelles houthis, qui ont consolidé vendredi leur emprise sur le détroit de Bab el-Mandeb en prenant le contrôle de la côte yéménite sur la mer Rouge.
Dans ce contexte, les Houthis ont affirmé que la navigation dans ce passage stratégique restait "sûre" pour tous, à l'exception des navires saoudiens. Par ailleurs, les marchés pétroliers témoignent de la fébrilité ambiante, le baril de Brent ayant franchi à nouveau le seuil des 100 dollars mercredi pour finir la semaine autour de 104 dollars.
Selon le rapport mensuel de l'Opep publié jeudi, la production saoudienne est d'ailleurs tombée à 6,24 millions de barils par jour en août, contre 8,1 millions en juillet, signe des difficultés rencontrées par Ryad. Pour rappel, l'oléoduc Est-Ouest relie Abqaiq, près du Golfe, au port de Yanbu sur la mer Rouge.
À lire également:

International
Pétrole : hausse des cours sur fond de tensions à Ormuz

International
Yémen: les Houthis tirent 14 missiles balistiques

International
OCI : Ould Cheikh Ahmed élu secrétaire général