Les sénateur américain Chris Van Hollen dénonce l'impunité d'Israël
12:42, 27/10/2026, mardi
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CHIP SOMODEVILLA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA AFP
le sénateur Chris Van Hollen à la tribune du Sénat américain demande des comptes sur les américains tués par Israël.Le sénateur américain Chris Van Hollen a cité devant le Sénat les noms de neuf Américains tués depuis 2022 en Palestine occupée (Cisjordanie) par des colons ou des soldats israéliens. Parmi eux figurent la journaliste Shireen Abu Akleh et la militante turco-américaine Aysenur Ezgi Eygi. Aucun responsable n'a été sanctionné. Le Sénat a pourtant rejeté, par 47 voix contre 51, sa demande de rapport.
Le sénateur américain Chris Van Hollen relance son combat pour la justice. Il réclame des comptes après la mort de neuf citoyens américains en Palestine occupée (Cisjordanie). Tous ont été tués depuis 2022 par des colons israéliens ou par les forces de sécurité d'Israël. À ce jour, personne n'a été tenu responsable.
Neuf citoyens américains tués par Israël depuis 2022
Van Hollen a pris la parole devant le Sénat à Washington. Il a diffusé son discours en vidéo sur son compte X. Son objectif est clair : rappeler que ces victimes ont un nom, un âge et une histoire.
Le sénateur a cité les neuf morts un par un. Il s'agit d'Omar Assad, 78 ans, et de la journaliste d'Al Jazeera Shireen Abu Akleh, 51 ans. Viennent ensuite Tawfic Abdel Jabbar, 17 ans, et Mohammad Khdour, 17 ans. La liste comprend aussi Aysenur Ezgi Eygi, 26 ans, militante turco-américaine, ainsi qu'Amer Rabee, 14 ans. Enfin, il a nommé Saif Musallet, 20 ans, Khamis Ayyad, 40 ans, et Nasrallah Abu Siyam, 19 ans.
En quatre ans à peine, neuf Américains ont donc perdu la vie. Parmi eux figurent trois mineurs. Cependant, aucune enquête n'a abouti à une sanction.
Des cas documentés, un même constat d'impunité
Après chaque récit, le sénateur a répété la même phrase
. "Personne n'a été tenu responsable"
, a-t-il martelé. Cette répétition donne au discours une force particulière.Omar Assad, 78 ans, mort après une arrestation brutale
En janvier 2022, des soldats israéliens ont arrêté Omar Assad à un point de contrôle. Selon Van Hollen, ils l'ont
"sorti de sa voiture de force".
Ils lui ont ensuite attaché les mains dans le dos, l'ont bâillonné et lui ont bandé les yeux. Puis ils l'ont laissé allongé au sol, dehors.Omar Assad est mort d'une crise cardiaque provoquée par le stress, a précisé le sénateur. Il avait 78 ans.
Shireen Abu Akleh, journaliste visée malgré son gilet
En mai 2022, les forces de sécurité israéliennes ont tué Shireen Abu Akleh d'une balle dans la tête. Les faits se sont produits près du camp de réfugiés de Jénine. La journaliste portait un gilet bleu vif qui l'identifiait clairement comme membre de la presse, a rappelé Van Hollen.
Ce détail pèse lourd. En effet, il montre que la victime n'avait rien d'une combattante. Elle faisait simplement son métier.
Aysenur Ezgi Eygi, militante turco-américaine tuée à 26 ans
Aysenur Ezgi Eygi a grandi à Seattle. En septembre 2024, un soldat israélien lui a tiré une balle dans la tête, selon Van Hollen. Le tir est parti d'environ 200 mètres.
Cette mort touche aussi Türkiye, dont la jeune femme avait la nationalité. Par ailleurs, elle rappelle que les militants étrangers ne sont pas épargnés par la violence de l'occupation.
Des adolescents parmi les victimes
Le sénateur a aussi évoqué Amer Rabee, 14 ans. Selon lui, l'adolescent a reçu onze balles, tirées par deux armes différentes. Tawfic Abdel Jabbar et Mohammad Khdour avaient 17 ans.
Ces enfants et ces jeunes n'ont pas eu le temps de vivre. Leurs familles, elles, attendent toujours des réponses.
Même un ambassadeur américain réclame des comptes
Van Hollen a cité un témoin inattendu. Il s'agit de Mike Huckabee, ambassadeur des États-Unis en Israël. Ce dernier a qualifié le meurtre de Saif Musallet d'
"acte criminel et terroriste"
.Huckabee a même affirmé qu'il fallait rendre des comptes. Le sénateur a alors posé la question qui résume tout son propos.
"Pourquoi n'y a-t-il eu aucune reddition de comptes ?"
, a-t-il demandé.La question reste sans réponse. En effet, aucun responsable n'a été poursuivi dans les neuf dossiers cités.
Le Sénat refuse d'exiger un rapport
Ce discours s'inscrit dans une bataille parlementaire plus large. Le mois dernier, le Sénat a rejeté une résolution portée par Van Hollen, par 47 voix contre 51. Le texte demandait un rapport officiel sur la situation des droits humains en Israël.
Le secrétaire d'État aurait dû remettre ce document sous 30 jours. Il devait couvrir les meurtres de citoyens américains par les forces israéliennes ou par des occupants depuis janvier 2022. Il devait aussi indiquer l'état des enquêtes.
Autrement dit, une majorité de sénateurs a refusé de demander des faits à leur propre gouvernement. Ce vote en dit long sur le poids du lobby pro-israélien à Washington.
Pourquoi cette impunité pèse sur la politique américaine
L'impunité ne touche pas seulement les familles. Elle fragilise aussi la crédibilité des États-Unis. Washington protège ses ressortissants partout dans le monde, sauf, semble-t-il, lorsque la violence vient d'Israël.
De plus, cette absence de sanction encourage la répétition des crimes. Les colons et les soldats savent qu'ils risquent peu. C'est pourquoi la violence continue en Palestine occupée (Cisjordanie), contre les Palestiniens comme contre les étrangers présents sur place.
Le discours de Van Hollen ne règle pas tout. Néanmoins, il rappelle un fait simple: neuf vies américaines ont été brisées, et la justice reste absente.
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