Irak : désarmement des Unités de protection de Sinjar
16:16, 26/10/2026, lundi
AFP

DHA
Le PKK avait annoncé avoir évacué, à compter du 8 octobre, les zones de refuge de Hebat, Yajk, Sabri et Sason, situées dans le nord de l'Irak, le 8 octobre dernier.Les Unités de protection de Sinjar, liées au PKK, ont remis lundi leurs armes aux autorités irakiennes et entamé leur intégration dans les forces officielles, dans un contexte de coopération renforcée entre Bagdad et Ankara, a annoncé le porte-parole militaire du gouvernement.
Désarmement et intégration officielle
Selon le porte-parole militaire du gouvernement irakien, Sabah al-Numan, une cérémonie officialise ce transfert de compétences.
"Une cérémonie marquant le désengagement militaire des Unités de protection de Sinjar et leur intégration aux institutions officielles irakiennes, ainsi que le transfert aux autorités fédérales de la responsabilité de la sécurité dans le mont Sinjar, aura lieu aujourd'hui"
, a-t-il déclaré dans un communiqué.Par ailleurs, les Unités de protection de Sinjar, citées par l'agence kurde Firat, ont confirmé la conclusion d'un accord avec Bagdad.
"mettant fin au statut militaire indépendant de nos forces, qui comptent 4.165 combattants, hommes et femmes, afin de les intégrer au système de sécurité fédéral"
, précisent-elles. Formées il y a plus de dix ans, ces unités regroupent des combattants yézidis qui ont lutté contre l'organisation terroriste Daech jusqu'à sa défaite en 2017.Processus de paix et restructuration régionale
Cette évolution intervient dans un contexte régional marqué par les négociations de paix entre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et Ankara. Le mouvement, classé organisation terroriste par Türkiye, a annoncé sa dissolution l'an dernier et procède actuellement au retrait de ses combattants du territoire turc ainsi que de quatre bases dans le nord de l'Irak. De plus, cette remise d'armes s'inscrit dans la politique du gouvernement irakien visant à placer sous son contrôle exclusif les armes des groupes opérant en dehors du cadre étatique.
Coopération sécuritaire bilatérale
En outre, cette décenne illustre le renforcement de la coopération militaire entre Bagdad et Ankara. Le Premier ministre irakien, Ali al-Zaïdi, et le président turc, Recep Tayyip Erdoğan, s'étaient entendus le mois dernier à New York sur la nécessité de
"rétablir pleinement l'autorité de l'État irakien à Sinjar et de mettre fin à la présence d'éléments armés étrangers interdits"
, selon des sources officielles irakiennes.Dans ce contexte, le ministre turc de la Défense, Yasar Guler, a souligné la semaine dernière dans un entretien à l'AFP que Türkiye entendait poursuivre son soutien à l'Irak. Il a également affirmé la volonté d'Ankara de
"renforcer la coopération militaire et sécuritaire entre les deux pays"
dans les prochains mois, notamment après les progrès constatés dans la région de Sinjar.Pour rappel, Ankara maintient des bases militaires dans le nord de l'Irak depuis 25 ans pour lutter contre le PKK. Le mois dernier, les autorités turques avaient également annoncé leur intention de transférer progressivement à Bagdad le contrôle de la base militaire de Bachiqa, située près de Mossoul, sans toutefois préciser de calendrier précis pour cette opération.
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