Allemagne nazie : un rescapé du STO saisit la CEDH à 104 ans
16:12, 15/06/2026, lundi
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Jérémy PAOLONIAFP
Albert Corrieri, âgé de 102 ans, victime du STO (Service du travail obligatoire), montre son livret de prisonnier, le "vorlaufiger fremdenpass", dans son appartement à Marseille, dans le sud-est de la France, le 21 juin 2024. Albert Corrieri, âgé de 104 ans, a saisi la Cour européenne des droits de l'homme pour obtenir réparation de son travail forcé en Allemagne nazie entre 1943 et 1945, réclamant 43 200 euros d'indemnisation.
Le requérant, qui a fêté ses 104 ans, réclame la somme de 43 200 euros correspondant, selon ses dires, à la rémunération des heures travaillées durant son affectation outre-Rhin entre 1943 et 1945.
"J'estime que la France a une dette envers moi"
, a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse donnée aux côtés de son conseil.Deux années de travail forcé sous le régime nazi
Envoyé en Allemagne à l'âge de 20 ans dans le cadre du Service du travail obligatoire (STO) instauré par le régime de Vichy, le plombier marseillais avait été affecté à une usine chimique située à Ludwigshafen.
Par ailleurs, il a précisé avoir été interné dans un camp de travail et contraint de participer à l'effort de guerre allemand avant d'être blessé lors de bombardements alliés.
Toutefois, la Cour administrative d'appel de Marseille a rejeté sa demande en 2025, estimant que la loi du 14 mai 1951 avait déjà prévu l'indemnisation des préjudices subis par les victimes du STO, y compris sur le plan financier.
Un dossier à portée mémorielle
Pour son avocat, Me Michel Pautot, cette procédure dépasse le cadre strictement individuel pour toucher à la question de la reconnaissance des conditions imposées aux requis du STO.
De plus, le conseil a souligné l'absence d'un mécanisme spécifique d'indemnisation pour les derniers survivants de ce dispositif, arguant de l'urgence de la situation compte tenu de l'âge avancé de son client.
Selon la même source, Albert Corrieri figure parmi les derniers anciens travailleurs du STO encore en vie, ce qui confère à cette démarche une dimension symbolique particulière.
Le STO, outil de l'économie de guerre nazie
Instauré en 1943 par le régime de Vichy, le Service du travail obligatoire avait conduit plusieurs centaines de milliers de Français à être envoyés travailler en Allemagne au service de l'économie de guerre nazie.
Par ailleurs, les conditions de détention et de travail dans les camps étaient souvent caractérisées par une forte précarité et une surveillance constante.
Pour rappel, la saisine de la CEDH par Albert Corrieri intervient dans un contexte où la mémoire historique des travailleurs forcés du STO continue de susciter des débats juridiques.
Selon des données historiques, plusieurs centaines de milliers de Français avaient été contraints de partir travailler en Allemagne entre 1943 et 1945 au service de l'économie de guerre nazie.
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