16:34, 19/08/2026, mercredi
Piratage du fisc : David Amiel présente les excuses de Bercy
Le ministre des Comptes publics David Amiel a présenté mardi 18 août 2026 les excuses du gouvernement français après le piratage massif de la DGFiP. La cyberattaque, revendiquée le 12 août, a exposé les données de quelque 700 000 particuliers et entreprises. Une troisième brèche visant des données de successions a été détectée lundi et rapidement neutralisée. Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour extraction frauduleuse de données.
Le ministre de l'Action et des Comptes publics, David Amiel, a présenté mardi 18 août 2026 les excuses du gouvernement français. Il a réagi au piratage massif de la Direction générale des finances publiques (DGFiP), qui a exposé les données de quelque 700 000 particuliers et entreprises.
L'annonce est tombée lors d'une conférence de presse à Bercy. Le ministre était entouré de la directrice générale de la DGFiP, Amélie Verdier. Ensemble, ils ont détaillé la réponse de l'État face à cette cyberattaque inédite.
Par ailleurs, l'administration fiscale a révélé une nouvelle brèche informatique, détectée lundi et rapidement neutralisée. Cette troisième fuite concerne cette fois des données de successions.
Piratage du fisc: "Je tiens à présenter nos excuses"
David Amiel n'a pas contourné le mot.
"Je tiens à présenter nos excuses. Oui, nos excuses"
, a-t-il déclaré face à la presse. Le ministre a insisté sur la gravité des faits."Ce sont des faits graves"
, a-t-il reconnu. Il a également mis en garde contre la banalisation de ce type d'incident. "Notre pire ennemi, ce serait la banalisation, de s'habituer à des fuites de données extrêmement sensibles"
, a-t-il souligné.Le ministre a aussi assumé la colère des usagers concernés.
"Ce qui est arrivé est insupportable pour les Français, on comprend leur colère et nous la partageons"
, a-t-il ajouté.David Amiel a énoncé la ligne de conduite retenue. Il a évoqué
"trois principes"
: transparence, considération et action.De plus, le ministre a demandé un traitement respectueux des usagers inquiets. Il visait ainsi une polémique déclenchée par la capture d'écran d'une réponse jugée sèche d'un agent du fisc, diffusée sur le réseau social X.
Une cyberattaque d'ampleur historique contre la DGFiP
Les deux intrusions ont eu lieu fin juin et fin juillet 2026. La DGFiP les a confirmées le 14 août, deux jours après leur revendication publique par les pirates.
Le vol touche au moins 678 000 particuliers et professionnels. Environ 430 000 comptes supplémentaires figurent dans les fichiers cadastraux dérobés. Ces chiffres placent l'incident parmi les plus importants jamais recensés contre une administration française.
Le parquet de Paris a ouvert une enquête. Les qualifications retenues comprennent notamment
"l'extraction frauduleuse de données"
et "l'association de malfaiteurs".
La DGFiP prévient les victimes une par une
Les notifications individuelles ont démarré lundi 17 août. Chaque personne concernée reçoit un courrier détaillant les données compromises.
Cette démarche répond à une obligation légale. Cependant, elle vise aussi à limiter les risques d'escroquerie liés à la revente des fichiers sur le darkweb.
Amélie Verdier a annoncé une nouvelle intrusion, cette fois sur des données de successions. La faille a été détectée lundi et immédiatement fermée.
La directrice a toutefois tempéré son ampleur. Cette fuite n'a
"pas du tout la même ampleur"
que le piratage principal, a-t-elle précisé. Les accès concernés ont été coupés dès leur identification.Amélie Verdier a également répondu aux critiques syndicales sur un supposé retard de communication.
"Nous n'avions pas connaissance du vol de données avant le 12 août"
, a-t-elle martelé. C'est la revendication publique des pirates qui a alerté l'administration sur l'ampleur réelle de la fuite.Ce que risquent concrètement les 700 000 victimes
Les données volées incluent des éléments d'identité, des coordonnées fiscales et parfois cadastrales. Ces informations valent cher sur les forums spécialisés.
Les experts en cybersécurité redoutent une vague d'hameçonnage ciblé. En effet, un escroc équipé de vraies données fiscales peut fabriquer des courriels très convaincants. C'est pourquoi les autorités appellent à la vigilance.
Les personnes concernées sont invitées à ne jamais communiquer d'identifiants par courriel. De plus, tout message se présentant comme émanant du fisc doit être vérifié via le compte officiel impots.gouv.fr.
Un signal politique attendu, une confiance à reconstruire
Les excuses publiques d'un ministre restent un geste rare dans ce type de dossier. Elles interviennent alors que la France multiplie les incidents de cybersécurité dans l'administration.
Le gouvernement joue ici sa crédibilité numérique. En revanche, la reconquête de la confiance dépendra surtout de la protection réelle des systèmes dans les prochains mois.
La question dépasse aussi les frontières françaises. Les administrations européennes affrontent la même menace, et les excuses de Bercy pourraient créer un précédent utile ailleurs.
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