Algérie : feu vert du Sénat pour un déploiement au Niger
16:50, 25/10/2026, dimanche
AFP

NURPHOTOAFP
Une séance du Conseil de la nation algérien, à Alger, le 28 octobre 2023. Le Conseil de la nation a voté dimanche une proposition autorisant l'envoi de troupes au Niger voisin, une première depuis 1973 visant à protéger des installations énergétiques, a indiqué à l'AFP un sénateur sous couvert d'anonymat.
Le Conseil de la nation, chambre haute du Parlement algérien, a adopté dimanche une proposition autorisant le déploiement de forces armées au Niger voisin. Selon un sénateur cité par l'AFP sous couvert d'anonymat, 148 membres sur 174 ont voté en faveur de ce texte. L'Assemblée populaire nationale (APN), chambre basse du Parlement, doit désormais se prononcer sur cette même proposition pour finaliser la procédure législative.
Une première depuis 1973
Si la chambre basse valide à son tour cette mesure, il s'agira du premier déploiement officiel de troupes algériennes hors du territoire national depuis la guerre israélo-arabe d'octobre 1973. Cette initiative marque une évolution notable de la doctrine militaire algérienne, traditionnellement axée sur la défense strictement nationale des frontières. Par ailleurs, cette décision intervient dans un contexte de rapprochement diplomatique accéléré entre Alger et Niamey, alors que les deux pays ont entrepris plus tôt cette année de normaliser des relations auparavant tendues.
Protection des intérêts stratégiques
Le déploiement militaire vise principalement à sécuriser des installations pétrolières ainsi que des investissements de la compagnie nationale algérienne des hydrocarbures Sonatrach dans le nord du Niger. De plus, les unités algériennes participeront activement à la lutte contre les groupes jihadistes opérant dans la bande sahélienne et à la répression de la criminalité transfrontalière. Les deux nations partagent près de 1 000 kilomètres de frontière commune et ont récemment signé un protocole de défense bilatéral dont les détails opérationnels demeurent confidentiels.
Avertissement présidentiel
Le président Abdelmadjid Tebboune avait préfiguré cette orientation stratégique début octobre en affirmant publiquement que son pays défendrait le Niger face aux menaces extérieures visant sa stabilité. "Nous protégerons le Niger quoi qu'il arrive", a-t-il déclaré lors d'une rencontre avec les médias nationaux diffusée par la télévision d'État. "Il y a des pays - que je ne nommerai pas - qui ont conspiré contre (le Niger). Nous nous tenons à ses côtés", a-t-il précisé.
Soutien militaire continu
Ces déclarations font écho aux importants intérêts économiques algériens dans cette région. "Nous avons conclu des accords (avec le Niger) dans le pétrole, les mines et d'autres secteurs, et certains cherchent à détruire tout cela du jour au lendemain", a encore souligné le chef de l'État algérien. En outre, Alger avait déjà multiplié ces derniers mois les gestes de soutien militaire concret à Niamey, notamment en fournissant quatre hélicoptères de combat et en déployant des avions de chasse sur le territoire nigérien à la suite de la tentative de mutinerie avortée survenue en août dernier.