Absentéisme record en France en 2025, l'hexagone se situe dans le haut du classement européen
16:54, 01/10/2026, jeudi
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Près de 28 % des salariés (27,68 %) ont bénéficié d'au moins un arrêt de travail au cours de l'année, avec une moyenne de 1,90 arrêt par personne absente, tandis que la durée moyenne d'un arrêt s'établit à 19,45 jours en légère baisse.Le taux d'absentéisme dans les entreprises privées françaises a atteint un niveau record de 4,68 % en 2025, selon la cinquième édition de l'Observatoire des arrêts de travail du groupe Apicil, réalisée avec le cabinet JLO.
Des niveaux historiques d'absentéisme
Selon la cinquième édition de l'Observatoire des arrêts de travail du groupe Apicil, réalisée en partenariat avec le cabinet JLO, le taux d'absentéisme dans les entreprises françaises du secteur privé a atteint un niveau historique de 4,68 % en 2025.
Cette étude, conduite auprès d'un panel de plus de 55 000 entreprises et plus d'un million de salariés, révèle un dépassement du précédent pic de 4,61 % enregistré en 2022.
Par ailleurs, cette hausse de 0,27 point par rapport à 2024 (4,41 %) s'accompagne d'une augmentation significative du nombre de collaborateurs concernés.
Près de 28 % des salariés (27,68 %) ont bénéficié d'au moins un arrêt de travail au cours de l'année, avec une moyenne de 1,90 arrêt par personne absente, tandis que la durée moyenne d'un arrêt s'établit à 19,45 jours en légère baisse.
La prédominance des arrêts longs
La hausse du taux d'absentéisme s'explique principalement par la multiplication des absences de longue durée, qui pèsent désormais lourdement sur les statistiques globales.
Les arrêts de plus de 90 jours représentent en effet plus de 50 % du taux global, et ceux dépassant 30 jours en constituent plus de 73 %, soulignant une polarisation vers des absences étendues.
Selon les données détaillées de l'étude, 42,75 % de ces arrêts longs trouvent leur origine dans des troubles psychiques et 30,54 % dans des troubles musculo-squelettiques (TMS).
De plus, la maladie reste de loin le premier motif d'absence (90,03 %), suivie des temps partiels thérapeutiques (4,57 %, en hausse de plus de 32 %) et des accidents du travail (4,41 %).
Disparités selon les profils et secteurs
Les catégories professionnelles les plus exposées aux risques d'absentéisme sont les ouvriers avec un taux de 6,52 %, les salariés seniors (5,92 %), les femmes (5,60 %) ainsi que les titulaires d'un contrat à durée indéterminée (4,97 %). Par ailleurs, des écarts considérables existent entre les différents secteurs d'activité économique.
En outre, le domaine de la santé affiche l'un des taux les plus élevés du marché privé, s'établissant autour de 7,22 %, tandis que le secteur de la banque-assurance se distingue par l'un des niveaux les plus bas à 2,80 %.
Coûts pour la collectivité et positionnement européen
Les dépenses d'indemnités journalières liées aux arrêts de travail ont atteint environ 17,9 milliards d'euros en 2025, selon les données gouvernementales et de l'Assurance maladie.
Cette somme marque une progression substantielle par rapport aux 10,2 milliards d'euros recensés pour les seuls arrêts maladie en 2023 selon la Drees et la Cnam, illustrant la pression croissante sur les finances publiques.
Toutefois, cette tendance haussière ne concerne pas exclusivement la France. Selon les données de l'OCDE sur les absences pour maladie des salariés à temps plein, la France se situe dans le haut du classement européen avec 4,1 semaines par an et par personne, nettement au-dessus de la moyenne européenne d'environ 2,6 semaines.
Cette évolution, observée dans plusieurs pays depuis la pandémie de Covid-19, est notamment attribuée à l'augmentation des arrêts longs liés à la santé mentale et aux troubles musculo-squelettiques, ainsi qu'à des facteurs démographiques et organisationnels.
Un cadre réglementaire en évolution
Dans ce contexte, de nouvelles règles de prescription médicale sont entrées en vigueur le 1er septembre 2026 pour tenter d'endiguer cette tendance.
Ces dispositions prévoient notamment un plafonnement à 31 jours pour un arrêt initial et 62 jours pour une prolongation, ainsi que l'obligation pour le médecin d'indiquer le motif médical.
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