Brésil: réinterdiction des sites de paris sportifs
11:27, 07/11/2026, samedi
AFP

NELSON ALMEIDAAFP
Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva avait signé une mesure provisoire interdisant les plateformes de paris sportifs en ligne lors d'une cérémonie à São Paulo, au Brésil, le 25 septembre 2026.Un juge brésilien a suspendu vendredi la décision autorisant trois sites de paris à fonctionner à nouveau, un mois après l'interdiction décrétée par le président Lula durant sa campagne de réélection, selon un communiqué officiel.
La suspension judiciaire
Un juge brésilien a suspendu vendredi la décision d'une consoeur autorisant trois sites de paris à fonctionner à nouveau, un mois après l'interdiction décrétée par le président Lula durant sa campagne de réélection. Selon un communiqué du procureur général de l'Union (AGU), organe chargé de défendre les intérêts juridiques de l'État, le magistrat a accepté un recours du gouvernement, estimant que cette autorisation allait perturber le secteur en ne laissant que certains opérateurs actifs.
Le contexte réglementaire
La magistrate Adriana Pileggi, siégeant au tribunal fédéral régional TRF-3 à São Paulo, avait initialement jugé recevable un recours de l'entreprise CDA Gaming, opérateur des trois sites concernés. Cette société avait contesté le décret présidentiel pour une supposée
"violation des principes de sécurité juridique"
, précisant que sa décision ne s'appliquait qu'aux plateformes de cette entreprise. Quelques jours avant le premier tour de la présidentielle qu'il a finalement remportée, Luiz Inácio Lula da Silva avait pris cette mesure drastique interdisant les plateformes connues sous le nom de "bets", qui avaient connu une explosion ces dernières années.Les arguments contradictoires
Pour le gouvernement brésilien, ces sites sont à l'origine d'un problème de santé publique en raison des addictions qu'ils provoquent, ainsi que d'une des sources de l'endettement record des ménages. Toutefois, la juge Pileggi avait rappelé que les opérateurs ont dû
"faire de lourds investissements"
pour opérer légalement après la régulation de 2023, s'acquittant notamment d'un droit d'entrée de 30 millions de réais (environ cinq millions d'euros). "L'invocation de l'intérêt public ne confère pas au gouvernement le pouvoir magique de modifier soudainement ce qui a été convenu"
, a affirmé cette magistrate.Les enjeux économiques et législatifs
Par ailleurs, la Cour suprême a tenu mardi une audience publique avant d'analyser d'autres recours présentés par les principales entreprises du secteur contre le décret de Lula. Durant cette audience, plusieurs clubs de football ont déploré une forte baisse de leurs revenus, la plupart des équipes de première division ayant des
"bets"
comme sponsor principal, tandis que des représentants de la grande distribution ont rapporté que leurs ventes avaient augmenté depuis l'interdiction. Entré en vigueur fin septembre, le décret doit être approuvé par le Parlement avant fin janvier pour devenir une loi définitive.
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