Inflation énergétique: la guerre contre l'Iran force les banques centrales à relever leurs taux
16:51, 16/10/2026, vendredi
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La guerre contre l'Iran relance l'inflation. Fed, BCE et Banque du Japon relèvent leurs taux.La guerre contre l'Iran fait flamber les prix de l'énergie et relance l'inflation. En septembre, la Fed, la BCE et la Banque du Japon ont relevé leurs taux. La Banque d'Angleterre a maintenu le sien, mais trois membres voulaient une hausse. L'économiste Huw Dixon redoute une croissance en panne et des récessions dans le G7 en 2027, tandis que les ménages paient déjà la facture.
La guerre contre l'Iran a fait flamber les prix de l'énergie. Cette hausse relance l'inflation dans les grandes économies. En septembre, la Fed, la BCE et la Banque du Japon ont donc relevé leurs taux, tandis que la Banque d'Angleterre a attendu. Les ménages et les entreprises paient déjà la facture d'un conflit qu'ils n'ont pas choisi.
Inflation énergétique: un choc qui change la donne
Les attentes ont changé depuis le début de l'année. C'est l'analyse de Huw Dixon, professeur émérite d'économie à l'université de Cardiff. Il s'est confié à l'Agence Anadolu. Selon lui, la crise énergétique née de la guerre contre l'Iran a bouleversé les prévisions d'inflation et de politique monétaire.
Par ailleurs, l'économiste redoute un ralentissement de la croissance à l'approche de 2027. Il juge des récessions probables dans plusieurs pays du G7. Les banques centrales n'ont donc aucune marge de manœuvre confortable.
Dixon table sur des taux élevés, mais inférieurs à l'inflation.
"Les taux d'intérêt devront augmenter pour maîtriser l'inflation"
, déclare-t-il, en précisant que l'objectif serait de limiter les dégâts pour l'économie réelle.En revanche, il exclut un retour aux taux zéro de la crise de 2008. Seul un conflit avec la Russie pourrait, selon lui, provoquer un tel virage.
États-Unis: la Fed relève ses taux face à l'essence
Aux États-Unis, l'inflation annuelle a atteint 3,7 % en septembre. Elle était de 3,4 % en août, selon le Bureau des statistiques du travail. Les prix ont progressé de 0,6 % sur un mois.
L'essence explique plus de la moitié de cette hausse mensuelle. Son prix a bondi de 9,1 % en un mois. Sur un an, il grimpe de 34,2 %, et le mazout flambe de 74,2 %.
Cependant, l'énergie n'est pas seule en cause. Les loyers ont augmenté de 0,4 % sur le mois. Les loisirs, les voitures d'occasion, l'éducation et les billets d'avion coûtent aussi plus cher. Ainsi, l'inflation de base, hors alimentation et énergie, passe de 2,4 % à 2,6 %.
Le 16 septembre, la Réserve fédérale (Fed) a relevé son taux directeur de 25 points de base. Il se situe désormais entre 3,75 % et 4 %. La décision a été unanime. La Fed juge l'inflation toujours élevée et cite une économie américaine résiliente.
Zone euro: la BCE durcit le ton
Dans la zone euro, l'inflation estimée a atteint 3,8 % en septembre, contre 3,2 % en août. C'est ce que montre l'estimation rapide d'Eurostat. L'inflation énergétique a bondi de 14,3 % à 18,8 %. Celle des services passe de 3 % à 3,2 %.
La Banque centrale européenne (BCE) a réagi le 10 septembre. Elle a relevé ses trois taux directeurs de 25 points de base. Son taux de dépôt s'établit maintenant à 2,5 %.
La BCE met en cause le conflit au Moyen-Orient. Selon elle, ce conflit maintiendra les prix bien au-dessus de la cible pendant longtemps. Ses projections tablent sur 3 % d'inflation en 2026, 2,5 % en 2027 et 2,1 % en 2028. Elle a relevé les deux dernières prévisions par rapport à juin.
Pourtant, la BCE reste plus optimiste que Dixon sur la croissance. Elle prévoit 0,9 % cette année et 1,4 % l'an prochain. Elle admet toutefois des risques à la baisse pour l'activité.
Royaume-Uni: la Banque d'Angleterre hésite
Le 17 septembre, la Banque d'Angleterre a maintenu son taux à 3,75 %. Le vote a été serré: six voix contre trois. Les trois membres minoritaires voulaient un relèvement à 4 %.
L'inflation britannique atteignait 3,1 % en août. La banque la voit grimper vers 3,75 % au quatrième trimestre. Elle pourrait même dépasser légèrement 4 % début 2027. En juillet, elle prévoyait seulement 3,2 %.
Dixon rappelle que la situation était bien différente avant l'attaque américano-israélienne contre l'Iran. À l'époque, l'inflation britannique devait retomber à 2 % en avril. Les taux devaient aussi baisser vers 3 % à 3,5 %.
Aujourd'hui, il prévoit une inflation de 4 % d'ici la fin de l'année. Elle pourrait encore monter en 2027 si la guerre reprend.
"Les taux de la banque d'Angleterre vont augmenter"
, affirme-t-il.Les ménages ressentent déjà le choc. Les taux des prêts immobiliers à deux ans fixes dépassent d'environ 95 points de base leur niveau d'avant le conflit.
Japon: la Banque du Japon resserre malgré une inflation basse
Le Japon offre un cas particulier. L'inflation y a atteint 1,9 % en août. Hors produits frais, elle s'établit à 1,7 %, selon le Bureau des statistiques.
Malgré ces chiffres modérés, la Banque du Japon a relevé son taux à environ 1,25 % le 18 septembre. Sept membres ont voté pour, deux contre. Elle craint une hausse des anticipations d'inflation à moyen et long terme.
En effet, les entreprises répercutent de plus en plus les salaires et les coûts sur leurs prix. La banque pointe aussi le pétrole cher, la faiblesse du yen et la demande de produits liés à l'intelligence artificielle. Elle laisse en outre entendre que d'autres hausses suivront.
Un risque pour la confiance dans les banques centrales
Dixon lance enfin un avertissement. Une incertitude prolongée pourrait miner la confiance dans la capacité des banques centrales à garantir la stabilité des prix.
Les anticipations restent ancrées depuis plusieurs années. Mais l'économiste doute que cela dure si l'inflation échappe à tout contrôle. C'est pourquoi chaque décision des banques centrales compte désormais.
Une guerre aux conséquences bien réelles
Cette crise rappelle une évidence. Les guerres ne frappent pas seulement les populations bombardées. Elles alourdissent aussi le coût de la vie à des milliers de kilomètres. Les familles en paient le prix à la pompe, à la caisse et au guichet de la banque.
Les prochains mois diront si les taux élevés suffiront. Si la guerre reprend, la pression sur les prix risque de durer.
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