L'investissement étranger repart à la hausse après 2 ans de recul, selon l'ONU
12:47, 07/07/2026, mardi
AFP

@CaroitEleonoreX
Les flux d'IDE vers les économies développées ont affiché une croissance de 11%, tandis que les économies en développement n'ont enregistré qu'une progression de 2% pour un total de 901 milliards de dollars, selon les mêmes données.L'investissement direct étranger a progressé de 6% en 2025 pour atteindre 1 600 milliards de dollars après deux années de recul, mais cette reprise demeure "limitée, fragile et inégale", selon un rapport de l'ONU Commerce et Développement (Cnuced).
Un rebond mondial marqué par une concentration extrême
L'investissement direct étranger (IDE) a enregistré une progression de 6% au niveau mondial en 2025, atteignant 1 600 milliards de dollars après deux années consécutives de recul, selon le rapport annuel de l'ONU Commerce et Développement (Cnuced) publié mardi.
"Ces chiffres montrent un rebond qui ne se traduit pas de manière uniforme en opportunités de développement"
, a prévenu l'organisation, ajoutant que cette reprise demeure "limitée, fragile et inégale".
Vingt principales économies se sont accaparées plus de 80% de l'IDE mondial, tandis qu'une grande partie de cette croissance s'explique également par
"un petit nombre de mégaprojets"
, a précisé la Cnuced. Cette concentration géographique limite considérablement l'impact du rebond sur le développement économique global.Disparités sectorielles : centres de données contre énergies vertes
La répartition sectorielle révèle également des déséquilibres significatifs.
"La croissance de la valeur des projets a été principalement portée par les centres de données, suivis par les secteurs du pétrole et du gaz et des semi-conducteurs"
, a indiqué l'agence onusienne dans son document.Toutefois, les secteurs des énergies renouvelables, des infrastructures et, notamment, de l'industrie manufacturière ont ainsi vu leurs investissements reculer.
Cette évolution "montre à quel point la reprise reste limitée et concentrée",
a ajouté la Cnuced, illustrant la volatilité des flux actuels et leur dépendance aux technologies numériques.Écarts croissants entre économies développées et en développement
En outre, les flux d'IDE vers les économies développées ont affiché une croissance de 11%, tandis que les économies en développement n'ont enregistré qu'une progression de 2% pour un total de 901 milliards de dollars, selon les mêmes données. Si ces dernières ont reçu plus de la moitié de l'IDE mondial, la croissance reste modeste et hétérogène selon les régions.
L'Asie en développement demeure la première destination avec 644 milliards de dollars, loin devant l'Amérique latine et les Caraïbes qui ont attiré 188 milliards de dollars. De son côté, l'Afrique a reçu environ 70 milliards de dollars, un montant inférieur au niveau exceptionnel de 2024 mais supérieur d'environ un tiers à sa moyenne de la période 2010-2024.
Quant aux pays les moins avancés (PMA), leurs flux ont progressé de 21% pour atteindre 43 milliards de dollars. Ces investissements représentent toutefois seulement 2,7% du total mondial et restent concentrés dans un petit nombre de pays riches en ressources naturelles.
Interventionnisme étatique et perspectives incertaines pour 2026
L'organisation relève par ailleurs une montée de l'interventionnisme des États dans la régulation des investissements.
"En 2025, les gouvernements ont adopté un nombre record de 229 mesures de politique d'investissement, la plupart favorables aux investisseurs, mais de plus en plus orientées vers les secteurs stratégiques et les priorités nationales"
, a souligné la Cnuced.Pour l'année 2026, les perspectives apparaissent
"incertaines en raison des politiques commerciales, des tensions géopolitiques, des conflits, du coût élevé du financement et de la fragmentation de l'économie mondiale",
a estimé l'agence. De plus, la concurrence entre États pour attirer les capitaux dans les secteurs stratégiques devrait également s'intensifier dans les mois à venir.Pour rappel, l'année 2024 avait été marquée par des niveaux d'investissement particulièrement faibles dans certaines régions africaines.
La reprise actuelle ne semble pas encore s'inscrire dans une tendance durable et équitable à l'échelle planétaire.
A lire également:

International
L’ONU crée une "task force" pour faire face à la crise humanitaire dans le détroit d’Ormuz

Économie
CNUCED: La dette publique mondiale conclut l'année 2023 à 97 000 milliards de dollars

International
Les agences de l'ONU appellent à accélérer l'acheminement en toute sécurité de l'aide à Gaza

International
Pays pauvres: l'ONU exhorte à une réforme du système financier mondial

International
La CNUCED aide la Mauritanie à mieux gérer sa dette publique