Mobilisation lycéenne : Panot réclame la démission de Laurent Nuñez
15:59, 06/10/2026, mardiM: Mise à jour: 16:00, 06/10/2026, mardi
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@MathildePanotX
La présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale, Mathilde Panot.La présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale, Mathilde Panot, a exigé mardi la démission du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, accusant le gouvernement de réprimer la mobilisation des lycéens, lors du point presse hebdomadaire des insoumis.
Exigences de démission et soutien aux lycéens
Les députés de La France insoumise (LFI) ont vigoureusement contesté mardi la politique gouvernementale face à la mobilisation lycéenne lors de leur point presse hebdomadaire à l'Assemblée nationale.
Mathilde Panot, présidente du groupe parlementaire, a affirmé que les élus insoumis seraient présents aux côtés des lycéens, dont les revendications sont également soutenues par des organisations étudiantes, des syndicats de l'éducation et plusieurs associations.
Elle a précisé que son groupe entendait conserver
"un pied dans l'institution, un pied dehors dans les luttes ".
"Si vous cherchez un responsable à ce mouvement, ce n'est certainement pas La France insoumise. Il s'appelle Emmanuel Macron et la politique de casse de l'Éducation nationale qui est faite depuis maintenant neuf ans"
, a-t-elle déclaré. Par ailleurs, elle a dénoncé les suppressions de postes d'enseignants prévues dans le budget et accusé les autorités de répondre aux revendications des jeunes exclusivement par la répression policière.
Violences policières et blessures de mineurs
"La France est le seul pays européen où des enfants peuvent être mutilés juste pour avoir manifesté pour un avenir meilleur et des conditions dignes d'éducation"
, a affirmé Mathilde Panot. Elle a notamment évoqué le cas d'un lycéen grièvement blessé à Lens, indiquant que le député LFI Hugo Bernalicis se trouvait sur place pour constater la situation.
De plus, elle a reproché au ministre de l'Intérieur de ne pas avoir donné de
"consigne de retenue"
concernant les moyens employés par les forces de sécurité à l'encontre des mineurs."Non seulement il permet le pire, il se déshonore et donc il doit démissionner"
, a-t-elle lancé à propos de Laurent Nuñez. Interrogée sur les mesures susceptibles de mettre fin à la crise, Panot a appelé le gouvernement à "arrêter immédiatement la répression"
, à permettre l'organisation d'espaces de dialogue dans les établissements et à répondre aux revendications formulées par les organisations lycéennes et étudiantes. "Bref, apporter des réponses politiques et non des réponses policières"
, a-t-elle résumé, estimant que le départ du ministre de l'Intérieur pourrait constituer "un signal que la méthode va changer
".Débat sur la loi relative aux violences sexuelles
La députée LFI Gabrielle Cathala est revenue sur l'examen à l'Assemblée nationale de la proposition de loi dite
"intégrale"
, consacrée à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles envers les femmes et les enfants. Elle a estimé que le texte était
"en cours de désintégration",
évoquant notamment la suppression de plusieurs dispositions défendues par LFI et des organisations féministes. Selon elle, l'article relatif aux unités de police judiciaire spécialisées dans la lutte contre ces violences avait été
"totalement détricoté"
et ne prévoyait plus de véritables obligations en matière de formation des officiers.En outre, Cathala a dénoncé l'adoption de plusieurs mesures de durcissement pénal, citant notamment l'extension de la garde à vue jusqu'à 96 heures dans certains cas, ainsi que de nouvelles circonstances aggravantes et une nouvelle peine de réclusion à perpétuité.
Elle a par ailleurs indiqué que LFI défendrait le caractère
"obligatoire, annuel et renforcé"
d'un entretien individuel destiné au dépistage des violences sexuelles chez les enfants, alors que cette mesure, initialement obligatoire de la maternelle à la terminale, avait été rendue facultative en commission.Selon la même source, la coalition féministe et la Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) réclamaient une prise en charge intégrale par la Sécurité sociale d'un parcours de soins spécialisé.
Elle a reproché au texte en discussion de réserver ce dispositif aux seuls mineurs et annoncé que LFI avait déposé, dans le cadre de sa niche parlementaire, une proposition de loi visant à instaurer
"la prise en charge à 100 % par la Sécurité sociale de ce parcours de soins en psychotraumatisme pour toutes les victimes de violences sexuelles, quel que soit leur âge et quelle que soit la date de commission des faits"
. Cette proposition doit être examinée en commission le 21 octobre, puis en séance publique le 29 octobre.
Commission d'enquête et répartition des élus
Le député LFI Thomas Portes est revenu sur la mobilisation des lycéens et étudiants, dénonçant à son tour le niveau de répression exercé contre la jeunesse.
Il a notamment évoqué des adolescents blessés et des jeunes placés en garde à vue, tout en contestant les déclarations du ministre de l'Intérieur sur le déroulement des mobilisations.
"Aujourd'hui, la jeunesse qui se mobilise, la réponse de l'État, ça ne peut pas être les tirs de LBD, ça ne peut pas être les grenades de désencerclement, ça ne peut pas être les gardes à vue préventives pour faire peur, ça ne peut pas être la répression, ça doit être une réponse politique"
, a-t-il affirmé.Le député a surtout annoncé que son groupe allait déposer une proposition de résolution visant à obtenir la création d'une commission d'enquête parlementaire.
"Nous allons déposer une proposition de résolution pour demander une commission d'enquête sur les violences policières, administratives et pénales qui s'exercent depuis maintenant plus de dix jours dans le cadre de cette mobilisation"
, a-t-il précisé. Il a également demandé le départ du préfet des Hauts-de-Seine, lui reprochant d'avoir convoqué des familles de mineurs et d'avoir exposé celles-ci sur les réseaux sociaux, affirmant qu'
"un préfet n'est pas un juge et une préfecture n'est pas un tribunal"
.Les députés insoumis ont par ailleurs indiqué qu'ils se répartiraient mardi entre l'Assemblée nationale et les mobilisations sur le terrain.
Panot a précisé que certains élus participeraient aux manifestations tandis que d'autres seraient présents dans l'hémicycle pour les questions au gouvernement et l'examen des textes.
Elle a enfin indiqué que Jean-Luc Mélenchon serait
"très probablement présent"
à la mobilisation et que des militants insoumis porteraient des brassards blancs, présentés comme un moyen pour les adultes d'afficher leur présence aux côtés des jeunes.A lire également:

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