AK Parti: 25 ans au cœur de la politique turque
16:19, 14/08/2026, vendredi
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Fondé le 14 août 2001 par Recep Tayyip Erdogan, l'AK Parti célèbre ses 25 ans après plus de deux décennies au pouvoir en Türkiye.L’AK Parti, dont la création avait été annoncée le 14 août 2001 par Recep Tayyip Erdogan, célèbre ses 25 ans.
"Aujourd’hui restera dans l’histoire politique turque comme le jour de naissance de l’AK Parti, fondé par des personnes passionnées par le service. À partir d’aujourd’hui, plus rien ne sera comme avant dans notre Türkiye"
, avait déclaré Recep Tayyip Erdogan lors de la création du parti.Fondé sous la direction de Recep Tayyip Erdogan, aujourd’hui président de la République et président de l’AK Parti, le parti détient le record de longévité au pouvoir depuis le début du multipartisme en Türkiye en 1946.
D’après les informations compilées par Anadolu (AA), l’AK Parti, entré dans la vie politique turque le 14 août 2001 en tant que 39ᵉ parti du pays, célèbre sa 25ᵉ année d’existence.
Le parti a été fondé par le
"Mouvement des vertueux"
, conduit par Recep Tayyip Erdogan, ancien maire de la municipalité métropolitaine d’Istanbul.Les propos tenus par Erdogan lors de l’annonce de la création du parti ont été considérés comme le point de départ d’une nouvelle période dans l’histoire politique turque.
À l’issue du processus de fondation, Recep Tayyip Erdogan a été élu à l’unanimité président général du parti lors de la réunion du Conseil des fondateurs organisée le 16 août.
Commence alors le parcours politique de l’AK Parti, marqué par plusieurs victoires électorales et par l’accession de quatre Premiers ministres et de deux présidents de la République issus de ses rangs.
Une arrivée au pouvoir 15 mois après sa création
Quinze mois après sa fondation, l’AK Parti se présente aux élections législatives du 3 novembre 2002 avec le slogan
"Seul au pouvoir, au travail"
.Privé de son dirigeant, Recep Tayyip Erdogan, alors frappé d’inéligibilité, le parti arrive en tête avec 34,28 % des voix. Le 58ᵉ gouvernement de la République est alors formé sous la direction d’Abdullah Gul.
L’ouverture de la voie politique à Erdogan
Après la levée de son interdiction politique à la suite d’une modification de l’article 312 du Code pénal turc, Recep Tayyip Erdogan est élu député lors du nouveau scrutin organisé à Siirt le 9 mars 2003. Il fait ainsi son entrée à la Grande Assemblée nationale de Türkiye.
Après la démission du 58ᵉ gouvernement dirigé par Abdullah Gul, Erdogan est chargé de former le gouvernement par le dixième président de la République, Ahmet Necdet Sezer.
Le 15 mars 2003, Recep Tayyip Erdogan forme le 59ᵉ gouvernement de la République de Türkiye et devient Premier ministre.
De nouveaux succès électoraux
L’AK Parti passe son premier test électoral sous le gouvernement d’Erdogan lors des élections locales de 2004.
Le parti arrive en tête avec 41,7 % des voix et prend la direction de 1 750 municipalités, dont 12 métropoles.
Lors des élections législatives de 2007, il porte son score à 46,58 % et conserve seul le pouvoir. Il arrive également en tête des élections locales de 2009.
Une procédure de dissolution contre le parti au pouvoir
Le 14 mars 2008, l’ancien procureur général près la Cour de cassation, Abdurrahman Yalcinkaya, dépose auprès de la Cour constitutionnelle un acte d’accusation demandant la dissolution de l’AK Parti.
Le texte réclame également une interdiction politique de cinq ans contre 71 personnes, parmi lesquelles le président Abdullah Gul et le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan.
L’acceptation de cet acte d’accusation par la Cour constitutionnelle, le 31 mars 2008, ouvre une nouvelle période pour le parti.
La procédure, passée dans l’histoire politique sous le nom d’
"acte d’accusation Google"
, est tranchée le 30 juillet 2008.Six membres de la Cour votent en faveur de la dissolution du parti et cinq s’y opposent. La majorité qualifiée prévue par la Constitution n’ayant pas été atteinte, la demande de dissolution de l’AK Parti est rejetée.
Le référendum de 2010
L’un des principaux tests politiques de l’AK Parti est le référendum de 2010 sur une réforme de la Constitution de 1982, organisé à l’occasion du 30ᵉ anniversaire du coup d’État du 12 septembre.
La réforme constitutionnelle est adoptée avec 57,88 % de
"oui"
.L’AK Parti obtient ensuite 49,83 % des voix aux élections législatives de 2011.
Lors des élections locales de 2014, il recueille 45,54 % des suffrages et remporte 818 municipalités, dont 18 métropoles.
Erdogan, premier président élu directement par le peuple
À l’issue du mandat du président Abdullah Gul, Recep Tayyip Erdogan remporte l’élection présidentielle du 10 août 2014 avec 51,79 % des voix.
Il devient ainsi le premier président de la République élu directement au suffrage universel et le 12ᵉ président de la Türkiye.
Après l’élection d’Erdogan à la présidence, le député de Konya Ahmet Davutoglu prend la tête de l’AK Parti.
Sous sa direction, le parti affronte les élections législatives du 7 juin 2015, puis le scrutin anticipé du 1ᵉʳ novembre de la même année, à l’issue duquel il retrouve la majorité lui permettant de gouverner seul.
Lors du deuxième congrès extraordinaire de l’AK Parti, organisé le 22 mai 2016, Binali Yildirim, l’un des fondateurs du parti, est élu président général.
Il forme ensuite le 65ᵉ gouvernement et devient Premier ministre.
La tentative de coup d’État du 15 juillet et la naissance de l’Alliance populaire (Cumhur İttifakı)
La tentative de coup d’État menée le 15 juillet 2016 par l’Organisation terroriste guleniste (FETO), décrite comme la plus sanglante de l’histoire de la Türkiye, est mise en échec après l’appel lancé par le président Erdogan à la population.
"J’invite notre peuple à se rendre sur les places de nos villes et dans les aéroports"
, avait-il déclaré. Des citoyens sont alors descendus dans les rues et se sont opposés aux chars pour défendre la démocratie.La solidarité affichée par l’AK Parti et le Parti d’action nationaliste (MHP) contre la tentative de coup d’État constitue ensuite le fondement de l’"Alliance populaire".
Le référendum constitutionnel de 2017
L’AK Parti franchit une nouvelle étape avec le référendum organisé le 16 avril 2017.
Le processus avait commencé le 10 décembre 2016 avec le dépôt à la présidence de la Grande Assemblée nationale d’une proposition de réforme constitutionnelle signée par 316 députés de l’AK Parti, dont le Premier ministre Binali Yildirim.
Après l’examen des différents articles, Recep Tayyip Erdogan approuve, le 10 février 2017, la loi portant réforme constitutionnelle et la transmet au Premier ministère afin qu’elle soit publiée et soumise à référendum.
Le scrutin se solde par 51,41 % de
"oui"
contre 48,59 % de "non"
.La disposition constitutionnelle imposant au président élu de rompre ses liens avec son parti est alors supprimée, permettant à Recep Tayyip Erdogan de redevenir membre de l’AK Parti.
Les électeurs approuvent également le passage au système présidentiel de gouvernement.
Après 979 jours d’absence, Recep Tayyip Erdogan revient à l’AK Parti et signe sa déclaration d’adhésion.
Lors du troisième grand congrès extraordinaire, organisé le 21 mai 2017, il recueille l’intégralité des 1 414 suffrages valides et retrouve, après 998 jours, la présidence générale du parti.
Les élections du 24 juin 2018
La loi nº 7102, modifiant la législation relative aux principes fondamentaux des élections et aux listes électorales, permet pour la première fois aux partis politiques turcs de former des alliances électorales.
L’alliance conclue entre l’AK Parti et le MHP sous le nom d’
"Alliance populaire"
passe son premier test lors des élections du 24 juin 2018.Après la proposition d’élections anticipées formulée par le président du MHP, Devlet Bahceli, Erdogan et les instances dirigeantes de l’AK Parti examinent cette demande et annoncent que le scrutin aura lieu le 24 juin.
Pour la première fois, les électeurs votent le même jour pour élire le président de la République et les députés.
Recep Tayyip Erdogan remporte l’élection présidentielle avec 52,59 % des voix et devient le premier président du nouveau système présidentiel.
Aux élections législatives, l’AK Parti obtient 42,56 % des suffrages et arrive en tête pour la 13ᵉ fois.
Après avoir prêté serment devant le Parlement le 9 juillet, Erdogan annonce le même jour la première équipe gouvernementale du nouveau système.
Le sixième congrès ordinaire de l’AK Parti
Lors du sixième grand congrès ordinaire du parti, organisé le 18 août 2018, Recep Tayyip Erdogan est réélu président général avec l’intégralité des 1 380 suffrages valides.
Une modification des statuts intègre les alliances électorales entre partis, telles qu’elles avaient été appliquées lors du scrutin du 24 juin.
Une disposition interdisant à une même personne de siéger simultanément au Comité exécutif central du parti et d’exercer les fonctions de vice-président de la République ou de ministre est également ajoutée.
L’AK Parti et le MHP maintiennent leur Alliance populaire lors des élections locales.
Ils concluent un accord dans 51 provinces, dont 30 métropoles. L’AK Parti présente des candidats dans 27 métropoles, tandis que le MHP en présente à Adana, Mersin et Manisa.
L’AK Parti arrive en tête du scrutin avec 44,33 % des voix.
Le processus des congrès perturbé par la pandémie
Sur instruction du président Erdogan, le processus du septième grand congrès ordinaire débute à l’automne sous le slogan
"Marche sur la voie en laquelle tu crois"
.Il est toutefois suspendu en raison de la pandémie de Covid-19, qui commence à toucher la Türkiye au mois de mars.
Après l’amélioration de la situation sanitaire, le processus reprend et le congrès est organisé le 24 mars 2021.
Erdogan est une nouvelle fois élu président général de l’AK Parti avec l’intégralité des 1 428 suffrages valides.
Les élections présidentielle et législatives de 2023
Le 10 mars 2023, Recep Tayyip Erdogan annonce au complexe présidentiel avoir signé, en vertu de l’article 116 de la Constitution, la décision avançant au 14 mai les élections présidentielle et législatives initialement prévues le 18 juin.
Lors du premier tour de l’élection présidentielle et des élections législatives de la 28ᵉ législature, organisés le 14 mai, Recep Tayyip Erdogan, candidat de l’Alliance populaire, obtient 49,52 % des voix.
N’ayant pas atteint la majorité requise de 50 % plus une voix, il n’est pas élu dès le premier tour.
L’AK Parti recueille 35,62 % des suffrages et obtient 268 sièges au Parlement.
Au second tour de l’élection présidentielle, organisé le 28 mai, Recep Tayyip Erdogan est réélu avec 52,18 % des voix.
En remportant une nouvelle fois les élections législatives, l’AK Parti maintient son statut de parti resté le plus longtemps au pouvoir depuis l’instauration du multipartisme en 1946.
Le quatrième congrès extraordinaire
Après les élections, l’AK Parti organise son quatrième grand congrès extraordinaire le 7 octobre 2023.
Recep Tayyip Erdogan est réélu président général avec l’intégralité des 1 399 suffrages valides.
Le nouveau Comité central de décision et d’administration accueille 49 nouveaux membres. Au sein du Comité exécutif central, 14 des 18 membres conservent leurs fonctions.
Les élections locales du 31 mars 2024
Lors des élections locales du 31 mars 2024, l’AK Parti obtient 35,49 % des voix et remporte 24 municipalités provinciales ainsi que 357 municipalités de district.
Après l’annonce des résultats, Recep Tayyip Erdogan déclare :
"Nous examinerons les messages adressés par la nation dans les urnes de la manière la plus juste et la plus objective, en les pesant sur la balance de la raison et de la conscience, et nous prendrons les mesures nécessaires."
À la suite du scrutin, les présidents provinciaux de l’AK Parti à Adiyaman, Afyonkarahisar, Erzincan, Gaziantep, Kastamonu, Osmaniye, Zonguldak, Rize, Sanliurfa, Mardin, Kahramanmaras et Batman sont remplacés, ainsi que plusieurs responsables de district, lançant un processus de renouvellement des cadres.
Renouvellement des cadres du parti
L’AK Parti organise son huitième grand congrès ordinaire le 23 février 2025 et désigne les membres du Comité central de décision et d’administration, du Comité central de discipline, du Conseil de la vertu politique et de l’éthique ainsi que du Conseil arbitral de la démocratie interne du parti.
Dans le nouveau Comité central de décision et d’administration, 36 membres conservent leurs fonctions, tandis que 39 ne sont pas reconduits.
Avec l’arrivée de 39 nouveaux membres, le comité est renouvelé à hauteur de 52 %.
Le congrès adopte également une modification de l’article 81 des statuts préparée par la commission chargée de leur révision.
Trois nouvelles présidences sont ainsi créées : Relations avec les États turciques, Politiques de santé, et Politiques culturelles et artistiques.
Le 9 avril 2026, Sevilay Tuncer, présidente des politiques environnementales et urbaines de l’AK Parti, cède ses fonctions à Nilhan Ayan, membre du Comité central de décision et d’administration et députée d’Istanbul.
Après le huitième congrès ordinaire, le renouvellement se poursuit dans les structures territoriales du parti.
Les présidents provinciaux d’Adana, Adıyaman, Afyonkarahisar, Ardahan, Bitlis, Canakkale, Diyarbakır, Elazig, Giresun, Karaman, Mugla, Nigde, Ordu, Siirt et Tunceli sont remplacés, soit 15 responsables au total.
Le processus "Türkiye sans terrorisme"
Le processus visant une
"Türkiye sans terrorisme"
, lancé après l’appel du dirigeant du MHP, Devlet Bahceli, le 22 octobre 2024 et soutenu par le président Recep Tayyip Erdogan, a enregistré des avancées importantes.Afin d’éliminer totalement le terrorisme de l’agenda national, de renforcer la cohésion sociale, l’unité nationale, la fraternité, les libertés, la démocratie et l’État de droit, le président du Parlement, Numan Kurtulmus, crée la Commission de la solidarité nationale, de la fraternité et de la démocratie.
Celle-ci est instituée au moyen d’une lettre adressée aux partis politiques représentés à la Grande Assemblée nationale et commence ses travaux le 5 août 2025.
Le rapport de la Commission de la solidarité nationale, de la fraternité et de la démocratie est soumis au vote lors de sa 21ᵉ réunion, le 18 février 2026, et adopté à la majorité qualifiée.
La proposition de loi sur le renforcement de la solidarité nationale et de l’intégration sociale, préparée dans le cadre du processus
"Türkiye sans terrorisme"
, est ensuite déposée à la présidence du Parlement le 5 août 2026.Le texte vise à définir les mesures relatives au report des enquêtes, des poursuites et de l’exécution des condamnations, ainsi que d’autres dispositions à mettre en œuvre.
Ces mesures doivent intervenir après la publication au Journal officiel d’une décision du Conseil de sécurité nationale confirmant le constat, par les institutions de sécurité, de la disparition effective de l’organisation terroriste PKK/KCK et de toute structure qui lui est liée, ainsi que de la remise de l’ensemble des armes et munitions placées sous son contrôle.
Adoptée le 8 août par la commission de la Justice du Parlement, la proposition de loi est examinée le 10 août en séance plénière.
Elle est adoptée par 467 voix pour, 87 contre et sept abstentions, avec deux votes enregistrés en double, avant d’entrer en vigueur.
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