Affaire Cornell : Hochul veut réformer la loi sur les viols
11:32, 03/10/2026, samedi
AFP

Leonardo MunozArchives/ AFP
a gouverneure de l'État de New York, Kathy Hochul, a promis vendredi de réformer une loi polémique qui rend difficile pour une victime de faire reconnaître un viol si elle était en état d'ébriété.La gouverneure de l'État de New York Kathy Hochul a promis vendredi de réformer une loi qui empêche les victimes de viol de porter plainte lorsqu'elles ont consommé volontairement de l'alcool ou des stupéfiants, dans le cadre de l'affaire impliquant l'université Cornell.
Promesse de réforme législative
Selon les déclarations de la gouverneure Kathy Hochul vendredi, l'état d'ébriété ou d'intoxication résultant d'une consommation volontaire
"ne donne pas licence pour une agression sexuelle ou un viol en réunion".
Cette promesse d'action législative intervient dans un contexte de mobilisation générale après la révélation d'une affaire impliquant des étudiants de l'université Cornell, où une culture liée aux fraternités est dénoncée.Réouverture de l'enquête et dysfonctionnements
Le procureur du comté de Tompkins, Matthew Van Houten, a annoncé lundi la réouverture d'une enquête sur un viol en réunion présumé remontant à octobre 2024. Une jeune femme de 20 ans affirme avoir été violée par sept étudiants membres de la fraternité Chi Phi, alors qu'elle avait consommé de l'alcool et de la kétamine, substances qui l'auraient rendue incapable de consentir selon son avocat.
Par ailleurs, plusieurs médias ont rapporté que la police aurait expurgé une partie de la déposition de la plaignante, notamment les passages où elle qualifiait les faits de viol et assurait avoir été contrainte. Le procureur Van Houten avait initialement classé le dossier, estimant que les éléments recueillis faisaient état de rapports consensuels, une décision que Kathy Hochul a jugée troublante.
Procureure spéciale et cadre juridique
Jeudi, Kathy Hochul a désigné la procureure de l'État de New York Letitia James comme procureure spéciale chargée de l'enquête. Cette dernière s'est engagée à
"examiner les faits, rassembler les preuves, interroger les témoins et, si cela est justifié, engager des poursuites",
a-t-elle précisé dans un communiqué officiel.De plus, l'élue a martelé que
"si quelqu'un est trop diminué"
par les effets de l'alcool ou des stupéfiants, "le fait que la consommation ait été volontaire ou non ne devrait pas entrer en compte".
Elle a également annoncé : "Je suis favorable à changer cette loi et je vais travailler avec le Parlement de New York pour y parvenir"
, une déclaration saluée par les associations de défense des droits des femmes.Contexte législatif américain
Selon des données parlementaires, près de 20 États américains appliquent des textes similaires à celui que conteste la gouverneure. Le Texas, le Minnesota et le Michigan ont toutefois réformé leur législation ces dernières années, le premier en 2025, inspiré par une affaire d'agression sexuelle survenue dix ans plus tôt au sein d'une fraternité universitaire.
Jeffrey Dinowitz, élu à l'assemblée de l'État de New York, avait déposé l'an dernier une proposition de loi en ce sens. Il a souligné sur le réseau social X que
"régulièrement, des procureurs sont dans l'incapacité de poursuivre des agresseurs sexuels (présumés) à cause de cette lacune dans les textes".
Réactions et statistiques
En outre, Shiwali Patel, du National Women's Law Center, a affirmé que
"c'est incroyable que cette disposition existe encore".
Selon ses propos, "elle a un impact énorme parce qu'une majorité significative des agressions sexuelles sur les campus impliquent de l'alcool et des drogues".
Pour rappel, une étude publiée en 2020 par l'Association des universités américaines et portant sur 33 établissements indiquait qu'un quart des étudiantes en licence avaient été victimes d'un contact sexuel forcé ou sans possibilité de consentement. L'avocat de la victime présumée, Thomas Giuffra, a déclaré à CBS News que sa cliente était
"incapable de consentir"
car elle était "complètement, extrêmement ivre"
lors des faits, ajoutant : "Je suis de plus en plus convaincu qu'il y a eu une dissimulation pour protéger la réputation de l'université".
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