L’Australie veut désactiver les algorithmes des réseaux sociaux
14:24, 15/10/2026, jeudi
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La ministre australienne des Communications, Anika Wells, présente un projet de loi pour interdire les algorithmes.L'Australie a présenté un projet de loi sur le devoir de diligence numérique. Les plateformes devraient permettre aux plus de 16 ans de désactiver les recommandations algorithmiques. Le texte renforce aussi la protection des moins de 18 ans, accélère le traitement des plaintes et prévoit des amendes jusqu'à 109,2 millions de dollars australiens. Il doit encore être adopté par le Parlement.
L'Australie veut reprendre la main sur les
réseaux sociaux
. Jeudi, le gouvernement a présenté un projet de loi sur le devoir de diligence numérique. Ainsi, les plateformes devraient laisser leurs utilisateurs désactiver les recommandations fondées sur des algorithmes. Le texte vise aussi à prévenir les préjudices en ligne avant qu'ils ne se produisent.Réseaux sociaux: un fil sans algorithme pour les plus de 16 ans
Selon un communiqué de la ministre des Communications, Anika Wells, les Australiens de plus de 16 ans auraient le choix. Ils pourraient opter pour un fil d'actualité reposant surtout sur des recommandations algorithmiques. En revanche, ils pourraient aussi choisir un fil affichant les comptes qu'ils suivent.
Un
algorithme de recommandation
est un programme qui trie les contenus. Il se base sur vos habitudes de lecture et de visionnage. Par conséquent, il décide de ce que vous voyez en premier. Le projet de loi rendrait donc ce choix à l'utilisateur.Le devoir de "diligence numérique"
Le texte s'intitule "Digital Duty of Care Bill 2026", soit projet de loi de 2026 sur le devoir de diligence numérique. Il change la logique habituelle. Les entreprises technologiques devraient prévenir activement les préjudices en ligne. Elles n'agiraient plus seulement après coup.
Le projet fixerait des normes minimales de sécurité. Elles s'appliqueraient aux réseaux sociaux, aux jeux vidéo et aux applications. Les agents conversationnels fondés sur l'intelligence artificielle seraient aussi concernés. Un agent conversationnel est un robot qui dialogue avec l'utilisateur.
La ministre a insisté sur l'ampleur de la réforme.
"Le devoir de diligence numérique constitue la prochaine étape de nos lois de référence mondiale en matière de sécurité en ligne"
, a déclaré Anika Wells. Elle a ajouté: "Il établira des normes de sécurité élémentaires pour les services numériques que nous utilisons chaque jour, tout comme nous l'avons fait pour les aliments, les voitures et les jouets pour enfants."
Les moins de 18 ans mieux protégés
Les plateformes devraient aussi protéger les utilisateurs de moins de 18 ans. Elles auraient à les tenir éloignés des contenus préjudiciables. Le texte cite d'abord ceux qui font la promotion des troubles alimentaires. Il vise également les défis dangereux, les comportements criminels et l'hostilité envers les femmes.
Plus de pouvoirs pour la commissaire à la sécurité en ligne
Le projet renforce le rôle de la commissaire australienne à la sécurité en ligne, l'eSafety Commissioner. Elle pourrait faire retirer les services d'intelligence artificielle permettant de déshabiller virtuellement des personnes. En outre, les plateformes devraient répondre plus vite aux plaintes. Le délai passerait de 48 à 24 heures pour le cyberharcèlement et les abus en ligne.
Des sanctions jusqu'à 109,2 millions de dollars australiens
Les entreprises qui enfreindraient ces obligations s'exposeraient à de lourdes sanctions. L'amende pourrait atteindre 109,2 millions de dollars australiens, soit 75 millions de dollars américains. Cependant, certains contenus échapperaient au texte. Les contenus d'information professionnelle et les médias de divertissement seraient exemptés.
Un texte qui doit encore passer devant le Parlement
Le projet a été présenté à la Chambre des représentants. Il doit ensuite être adopté par les deux chambres du Parlement. Le Sénat devra donc aussi voter le texte. Avant cela, aucune disposition ne peut entrer en vigueur.
Cette initiative prolonge les restrictions historiques sur l'accès des moins de 16 ans aux réseaux sociaux. Canberra poursuit ainsi sa volonté de réguler les plateformes numériques. L'interdiction est entrée en vigueur le 10 décembre 2025.
Algorithmes et information: un enjeu qui dépasse l'Australie
Les algorithmes ne servent pas qu'à divertir. Ils décident aussi de la visibilité de l'information. C'est pourquoi le contrôle des utilisateurs sur leur fil mérite attention.
Les Palestiniens en savent quelque chose. En décembre 2023, Human Rights Watch a publié un rapport sur Meta. L'ONG y a examiné
1 050 cas de censure en ligne
, issus de plus de 60 pays. Elle dénonce une censure systémique des contenus de soutien à la Palestine sur Instagram et Facebook.Selon l'ONG, cette censure frappe aussi des publications sur les violations des droits humains. Un fil sans algorithme ne réglerait donc pas tout. Il laisserait toutefois à chacun la maîtrise de ce qu'il choisit de suivre. Pour les voix palestiniennes, la différence est loin d'être anodine.
Ce que change le projet de loi
- Choix entre un fil algorithmique et un fil des comptes suivis, dès 16 ans.
- Obligation de prévenir les préjudices en ligne, au lieu de réagir après coup.
- Protection renforcée des moins de 18 ans.
- Retrait possible des services d'IA de déshabillage virtuel.
- Réponse aux plaintes de cyberharcèlement en 24 heures, contre 48 aujourd'hui.
- Sanctions pouvant atteindre 109,2 millions de dollars australiens.
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