Coupe du monde 2026: le bilan des dix nations africaines
09:50, 13/07/2026, lundi
Yeni Şafak

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Bilan complet des dix nations africaines à la Coupe du monde 2026 : record de qualifiés, parcours du Maroc, exploits, désillusions et analyses.La Coupe du monde 2026 restera celle d'un record : dix sélections africaines qualifiées, neuf en seizièmes de finale, une première historique portée par l'élargissement à 48 équipes. Du nul du Cap-Vert face à l'Espagne au quart de finale du Maroc, dernier rempart du continent éliminé par la France, l'Afrique s'est imposée comme la troisième force du tournoi. Mais le plafond de verre demeure: aucune nation n'a dépassé les quarts. Entre exploits inédits, désillusions sénégalaise et ivoirienne, révélations cap-verdienne et congolaise, Nouvelle Aube dresse le bilan complet de la campagne africaine.
Jamais l'Afrique n'avait envoyé autant de représentants à une phase finale de Coupe du monde. En passant de 32 à 48 équipes, le Mondial nord-américain a ouvert au continent neuf places directes (contre cinq au Qatar en 2022) plus une dixième accessible via les barrages intercontinentaux.
Résultat:
dix drapeaux africains alignés au coup d'envoi
, un contingent que la Confédération africaine de football (CAF)
n'avait jamais connu. Un mois plus tard, l'aventure s'est refermée sur une image devenue familière: le Maroc, seul rescapé, s'inclinant en quart de finale. Récit et analyse d'une campagne qui aura autant nourri la fierté que les regrets.Un contingent record: dix nations, cinq premières fois
Les neuf qualifiés directs,
l'Égypte, le Sénégal, l'Afrique du Sud, le Cap-Vert, le Maroc, la Côte d'Ivoire, l'Algérie, la Tunisie et le Ghana
, ont été rejoints par la République démocratique du Congo
, sortie victorieuse des barrages. Les Léopards ont d'abord éliminé le Nigeria aux tirs au but en finale des éliminatoires africains, avant de dominer la Jamaïque (1-0 après prolongation) lors du barrage intercontinental. Pour la RDC, il s'agissait d'un retour au Mondial après 52 ans d'absence, la dernière participation remontant à 1974 sous le nom de Zaïre.
L'autre grande première est venue du
Cap-Vert
. Avec à peine 500 000 habitants, l'archipel disputait la toute première Coupe du monde de son histoire, aboutissement d'un projet bâti patiemment sur une quinzaine d'années. Au total, cinq des dix sélections engagées n'avaient jamais franchi le premier tour d'un Mondial: l'Égypte, l'Afrique du Sud, la Tunisie, la Côte d'Ivoire et la RD Congo. Seul le Maroc, demi-finaliste historique en 2022, s'était déjà hissé dans le dernier carré ; le Ghana et le Sénégal avaient atteint les quarts par le passé, tandis que l'Algérie plafonnait jusque-là en huitièmes.
Phase de groupes: neuf rescapés sur dix
Profitant du format élargi, les sélections africaines ont globalement bien négocié le premier tour. Neuf d'entre elles ont validé leur billet pour les seizièmes de finale ; seule la Tunisie a fait les frais d'une élimination dès la phase de groupes. Aucune nation africaine, en revanche, n'a terminé en tête de sa poule: cinq ont pris la deuxième place (Maroc, Afrique du Sud, Cap-Vert, Côte d'Ivoire et Égypte), les quatre autres (Sénégal, Ghana, RD Congo et Algérie) se qualifiant parmi les meilleurs troisièmes.
Les faits d'armes n'ont pas manqué. Dès la première journée, le Maroc a accroché le Brésil (1-1) et s'est imposé comme la meilleure équipe africaine du premier tour. Le Cap-Vert a réalisé l'exploit collectif de la phase de poules en tenant l'Espagne, championne d'Europe en titre, en échec (0-0), avant de terminer deuxième de son groupe devant l'Uruguay et l'Arabie saoudite, sans connaître la moindre défaite et en n'encaissant que deux buts.
La RD Congo a arraché un nul retentissant face au Portugal de Cristiano Ronaldo (1-1), et le Ghana a résisté à l'Angleterre (0-0). L'Égypte, de son côté, a contenu la Belgique pour finir dauphine du groupe G.
Le revers tunisien contraste avec l'embellie générale. Les Aigles de Carthage ont perdu leurs trois matches (1-3 contre les Pays-Bas, 0-4 contre le Japon, 1-5 contre la Suède), concédant douze buts pour seulement deux marqués. Sur le terrain comme en dehors, la campagne a viré au calvaire : changement de sélectionneur après la première rencontre, tensions au sein de la fédération...
Seizièmes de finale: le mur de l'élimination directe
C'est au tour suivant que la marche s'est révélée trop haute. Sur les neuf sélections engagées en seizièmes, sept ont quitté la compétition.
Le récit fut souvent cruel: le Sénégal, menant au score 2-0 puis renversé par la Belgique (2-3).
La Côte d'Ivoire, battue par la Norvège sur un but tardif d'Erling Haaland (1-2).
Le Cap-Vert, qui a poussé l'Argentine, championne du monde en titre, jusqu'à la prolongation avant de céder (2-3 a.p.).
L'Afrique du Sud a chuté face au Canada, la RD Congo devant l'Angleterre, l'Algérie contre la Suisse et le Ghana face à la Colombie.
Seuls le Maroc et l'Égypte ont franchi l'obstacle, tous deux au bout du suspense. Les Lions de l'Atlas ont éliminé les Pays-Bas aux tirs au but (1-1, 3-2 t.a.b.), Yassine Bounou repoussant les tentatives néerlandaises et Ismail Saibari inscrivant le tir décisif. Les Pharaons ont fait de même face à l'Australie (1-1, 4-2 t.a.b. après prolongation).
Le Maroc, dernier rempart du continent
En huitièmes, l'Égypte a vécu l'un des scénarios les plus frustrants du tournoi. Menant 2-0 face à l'Argentine, les Pharaons ont vu les champions du monde renverser la rencontre en fin de match, portés par une passe décisive puis un but de Lionel Messi, pour s'incliner 3-2 sans même recourir à la prolongation.
Le
Maroc
, lui, a balayé le Canada co-organisateur (3-0), devenant la première nation africaine à atteindre les quarts de finale lors de deux éditions consécutives.
Face à la France, en revanche, les Lions de l'Atlas ont buté (0-2, buts de Kylian Mbappé et Ousmane Dembélé). Amoindris par les forfaits d'avant-tournoi (Nayef Aguerd, Ez Abde) et les blessures en cours de compétition (Ismael Saibari, Chadi Riad), ils n'ont pas retrouvé le tranchant affiché contre le Brésil. Le sélectionneur Mohamed Ouahbi avait fait le choix du rajeunissement: seuls huit rescapés de l'épopée qatarie figuraient dans le groupe. Une génération de transition qui, malgré la déception, confirme l'installation durable du Maroc dans la hiérarchie mondiale.
Les individualités qui ont porté le continent
Au-delà des résultats, plusieurs joueurs ont incarné cette montée en puissance. Le Marocain
Ismail Saibari
(PSV Eindhoven) a signé trois buts en trois matches de poule et inscrit le but le plus rapide de l'histoire du Maroc en Coupe du monde (71 secondes face à l'Écosse), devenant le premier Africain à marquer lors de trois rencontres consécutives d'une même édition.Le Sénégalais
Ismaïla Sarr
(Crystal Palace), auréolé d'une saison XXL en club, a explosé au niveau international: un doublé contre la Norvège et un but contre l'Irak lui ont permis de devenir le meilleur buteur de l'histoire du Sénégal en Coupe du monde, dépassant la légende Pape Bouba Diop. Côté RD Congo,
Yoane Wissa
(Newcastle) est devenu le tout premier Congolais à marquer dans la compétition, en égalisant face au Portugal, avant un doublé décisif contre l'Ouzbékistan.Le symbole cap-verdien porte un nom :
Vozinha
, gardien de 40 ans évoluant en deuxième division portugaise (GD Chaves), a repoussé les 27 tentatives espagnoles pour préserver un nul historique. Enfin, la charnière ivoirienne s'est appuyée sur
Emmanuel Agbadou
, pilier défensif des Elephants.Un bilan en demi-teinte: l'Afrique, troisième force du tournoi
Le verre à moitié plein:
dans un Mondial de nouveau dominé par les Européens et l'Argentine, les sélections africaines se sont installées comme la troisième force du tournoi, devançant un Brésil et une Colombie en retrait, et surtout des équipes asiatiques totalement absentes des huitièmes. Le record de qualifiés en seizièmes, les premières fois du Cap-Vert
et de la RD Congo
, l'émergence d'individualités de premier plan: autant de signaux d'un football continental qui pèse désormais réellement.Le verre à moitié vide:
sur le plan comptable, l'Afrique n'a totalisé que huit victoires en trente matches de poule, sans jamais remporter un groupe, et n'a placé que deux représentants en huitièmes. Aucune sélection n'a dépassé les quarts. Un plafond de verre franchi une seule fois dans l'histoire, par le Maroc en 2022. Les principaux regrets portent des noms: le Sénégal, où le sélectionneur Pape Thiaw a été pointé du doigt pour ses choix et une préparation minée par les polémiques de coulisses, et la Côte d'Ivoire, revenue bien armée mais sortie sur un match maîtrisé de bout en bout par la Norvège.Reste une certitude: avec dix nations sur la ligne de départ et une concurrence interne accrue, la CAF dispose désormais d'un vivier élargi pour viser plus haut en 2030. La marche vers le dernier carré, elle, reste à gravir.
Coupe du Monde 2026: Bilan nation par nation
1. Maroc - quart de finale
Meilleure équipe africaine du tournoi. En poule (Groupe C), les Lions de l'Atlas ont dominé Haïti (4-2), battu l'Écosse (1-0) et tenu le Brésil en échec (1-1), terminant deuxièmes à la différence de buts. En seizièmes, ils ont éliminé les Pays-Bas aux tirs au but (1-1, 3-2 t.a.b.), avant de balayer le Canada (3-0) en huitièmes. Une qualification en quarts pour la deuxième édition consécutive, du jamais-vu pour une nation africaine. Le rêve s'est arrêté contre la France (0-2), avec un effectif rajeuni et diminué par les blessures.
Verdict: parcours abouti, socle solide pour 2030. Homme fort : Ismail Saibari.
2. Égypte - huitième de finale
Deuxième meilleur bilan africain. Dans le Groupe G, les Pharaons ont accroché l'Iran (1-1), dominé la Nouvelle-Zélande (3-1) et tenu la Belgique (1-1) pour finir deuxièmes avec cinq points. En seizièmes, ils ont sorti l'Australie aux tirs au but (1-1, 4-2 t.a.b.). Le huitième face à l'Argentine restera un crève-cœur: menant 2-0, les Pharaons ont vu les champions du monde renverser la rencontre (3-2) grâce à Messi et Enzo Fernández, mais aussi avec un arbitrage douteux.
Verdict: run de référence, éliminés par plus fort au pire moment.
3. Cap-Vert - seizième de finale (le coup de cœur)
La sensation du tournoi. Pour sa première Coupe du monde, l'archipel a terminé deuxième du Groupe H sans perdre: trois nuls (0-0 contre l'Arabie saoudite, 2-2 contre l'Uruguay, 0-0 contre l'Espagne championne d'Europe), deux clean sheets et un gardien de 40 ans, Vozinha, érigé en héros face aux 27 tirs espagnols. En seizièmes, les Requins Bleus ont poussé l'Argentine jusqu'à la prolongation (2-3 a.p.).
Verdict : exploit historique pour une nation de 500 000 habitants.
4. Côte d'Ivoire - seizième de finale
De retour au Mondial après douze ans, les Éléphants ont réussi un premier tour maîtrisé (Groupe E): victoire sur Curaçao (2-0), défaite honorable contre l'Allemagne (1-2) et succès décisif contre l'Équateur (1-0), pour une deuxième place. En seizièmes, ils ont buté sur la Norvège d'Erling Haaland (1-2), sur un but tardif.
Verdict : l'un des grands regrets du continent, une élimination évitable.
5. Afrique du Sud - seizième de finale
Les Bafana Bafana ont signé un retour réussi. Deuxièmes du Groupe A derrière le Mexique, ils ont battu la Corée du Sud (1-0), accroché la Tchéquie (1-1) et cédé face au Mexique (0-2). En seizièmes, courte défaite contre le Canada, sur un but tardif (0-1).
Verdict : présence retrouvée au plus haut niveau, mais un manque de tranchant offensif dans les moments clés.
6. Sénégal - seizième de finale (la désillusion)
Attendu comme un candidat au dernier carré, le Sénégal a déçu. Dans le Groupe I, large succès sur l'Irak (5-0), puis deux défaites face à la Norvège (2-3) et à la France (1-3). Une qualification arrachée parmi les meilleurs troisièmes. En seizièmes, les Lions ont mené avant de s'effondrer contre la Belgique (2-3). Le sélectionneur Pape Thiaw a été critiqué, sur fond de polémiques de coulisses.
Verdict: le plus gros gâchis africain. Révélation : Ismaïla Sarr, meilleur buteur de l'histoire du Sénégal en Coupe du monde.
7. RD Congo - seizième de finale
Retour gagnant après 52 ans d'absence. Dans le Groupe K, les Léopards ont dominé l'Ouzbékistan (3-1), résisté au Portugal de Cristiano Ronaldo (1-1) mais cédé face à la Colombie (0-1), se qualifiant parmi les meilleurs troisièmes. Éliminés par l'Angleterre en seizièmes (1-2), non sans résistance.
Verdict : campagne pleine de promesses. Héros : Yoane Wissa, premier buteur congolais de l'histoire en Coupe du monde.
8. Algérie - seizième de finale
Les Fennecs ont validé leur billet de justesse. Dans le Groupe J, spectaculaire nul contre l'Autriche (3-3), victoire sur la Jordanie (2-1) et lourde défaite contre l'Argentine (0-3) : troisièmes, à un cheveu de la deuxième place autrichienne. En seizièmes, éliminés par la Suisse (0-2).
Verdict : présence retrouvée après l'absence de 2022, mais un plafond vite atteint.
9. Ghana - seizième de finale
Les Black Stars ont existé sans briller. Dans le Groupe L, défaite d'entrée contre la Croatie (1-2), nul de prestige face à l'Angleterre (0-0) et victoire sur le Panama (1-0) : qualifiés parmi les meilleurs troisièmes. En seizièmes, éliminés par la Colombie (0-1).
Verdict : parcours honnête, sans éclat offensif.
10. Tunisie - phase de groupes
Le seul véritable échec africain, sur le terrain comme en dehors. Dans le Groupe F, trois défaites (1-3 contre les Pays-Bas, 0-4 contre le Japon, 1-5 contre la Suède), pour deux buts marqués et douze encaissés. Changement de sélectionneur dès la deuxième journée, tensions fédérales et affaire antidopage (clenbutérol) en toile de fond.
Verdict: campagne à oublier, chantier de reconstruction ouvert.
FAQ Nations africainesCoupe du Monde 2026
Combien de nations africaines ont participé à la Coupe du monde 2026 ?
Dix, un record. Neuf se sont qualifiées directement (Égypte, Sénégal, Afrique du Sud, Cap-Vert, Maroc, Côte d'Ivoire, Algérie, Tunisie, Ghana) et la RD Congo a validé son billet via les barrages intercontinentaux.
Quelle a été la meilleure nation africaine du tournoi ?
Le Maroc, seul représentant africain à atteindre les quarts de finale, où il s'est incliné face à la France (0-2). C'est la deuxième fois consécutive que les Lions de l'Atlas franchissent le stade des quarts.
Une équipe africaine a-t-elle atteint les demi-finales ?
Non. Aucune sélection africaine n'a dépassé les quarts en 2026. Le seul précédent d'une demi-finale africaine reste le Maroc en 2022.
Quelle a été la surprise du Mondial côté africain ?
Le Cap-Vert, pour sa toute première Coupe du monde, a tenu l'Espagne en échec (0-0) et poussé l'Argentine en prolongation en seizièmes. La RD Congo, de retour après 52 ans d'absence, a également marqué les esprits.
Quel joueur africain a le plus marqué la compétition ?
Plusieurs se distinguent: Ismail Saibari (Maroc) et son but record en 71 secondes, Ismaïla Sarr, devenu meilleur buteur de l'histoire du Sénégal en Coupe du monde, et Yoane Wissa, premier Congolais à marquer dans le tournoi.
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