En France, la gestion "comme une entreprise" des hôpitaux, très critiquée
14:15, 16/01/2023, lundiM: Mise à jour: 14:50, 16/01/2023, lundi
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Crédit photo: Esra Taşkın. @AA
Le système de santé français sonne l'alarme. La gestion des hôpitaux publics, à la manière d'une entreprise, est très critiquée par les organisations syndicales.
Grégory Leduc, secrétaire fédéral des services de santé au sein du syndicat "
FO-Santé
", a déclaré à Anadolu que "les politiques qui se sont suivies des derniers gouvernements ont poussé les hôpitaux publics à être gérés comme des entreprises privées
".Le syndicaliste français a dénoncé la situation alarmante dans les hôpitaux publics français, où le personnel est dépassé par le nombre de patients, doit aussi faire face à des difficultés d'approvisionnement en matériel médical, où les urgences sont bondées, alors que les délais d'attente des patients sont interminables.
Grégory Leduc tient à souligner que le système de santé français a commencé à rencontré de sérieuses difficultés avant même l'apparition de la pandémie de Covid-19.
Selon lui, les institutions publiques qui offrent leurs services à la population doivent avoir des réserves et stocks utilisables en cas de crise, comme celle du Coivd-19, où certains produits ont manqué sérieusement.
"Ces institutions doivent avoir des réserves. Les politiques économiques des gouvernements qui se sont succédés ont fait que les hôpitaux publics sont gérés comme des entreprises privées, c'est-à-dire à flux tendus, pas de stocks"
, a-t-il dénoncé.S'il se félicite du fait que la vaccination a permis de surmonter la crise liée au Covid, l'épidémie de bronchiolite qui est apparue cette année a de nouveau mis sous pression les services d'urgences, "
qui sont débordés et où les délais d'attente sont très longs
".C'est cette situation, et le non-respect de ses promesses par le gouvernement, que le personnel hospitalier a décidé d'entamer une grève, a-t-il expliqué.
Le syndicaliste a, à cette occasion, affirmé que 80 à 90% des infirmiers des urgences de 10 hôpitaux du pays se sont mis en arrêt maladie, épuisés par la saturation actuelle.
Un besoin de 200 mille employés
Un besoin de 200 mille employés
Leduc a également mis l'accent sur les besoins énormes du système de santé français en termes de travailleurs. Il a rappelé que les hôpitaux publics comptent environ 1 million d'employés, mais que ce nombre reste insuffisant. "
Nous demandons le recrutement de 200 mille personnes supplémentaires"
, a-t-il dit.Selon lui, les conditions salariales des aides-soignants doivent être améliorées, sans quoi les démissions dans ce secteur vont se poursuivre.
Des praticiens en sous-effectif
Des praticiens en sous-effectif
Le syndicaliste est aussi revenu sur le nombre insuffisant de médecins praticiens en France. Certaines régions du pays n'ayant pas assez de praticiens, les malades se tournent vers les urgences, ce qui participe aussi à l'apparition de la crise actuelle.
"
Le taux de mortalité, ou de morbidité, augmente dans les hôpitaux en raison des retards qui apparaissent dans la prise en charge de certaines maladies"
, affirme-t-il, rappelant que l'espérance de vie en France augmente toujours, ce qui engendre une hausse des certaines maladies chroniques et de cancers.Il a, notamment, regretté la hausse des décès "
sur des brancards
"."
En général, quand vous allez aux urgences, vous ne ressortez pas avant 8 heures, parfois même vous attendez jusqu'à 24-48 heures"
, a-t-il avancé, soutenant par exemple que le délai d'attente pour le remplacement d'une sonde rénale est de 7 à 8 semaines, "ce qui augmente les risques d'infection"
.Le recul du nombre de lits dans les hôpitaux
Le recul du nombre de lits dans les hôpitaux
Grégory Leduc a par ailleurs fermement critiqué les politiques gouvernementales de ces 20 dernières années.
Il a rappelé qu'en 20 ans, 80 000 lits ont été supprimés dans les hôpitaux publics français, dont 4 500 pendant l'épidémie de Covid-19.
Le nombre insuffisant de personnels de santé dans les hôpitaux, mais aussi dans les maisons de retraite, ne fait qu'entretenir la crise, poussant les infirmiers et infirmières à chercher des formations pour changer de secteur professionnel.
Le manque d'employés a aussi un impact sur les heures travaillées. Le syndicaliste rappelle que la durée hebdomadaire légale de travail en France est de 35 heures, mais la situation étant ce qu'elle est, les heures supplémentaires sont très fréquentes et nombreuses.
Pour conclure, Leduc a critiqué le fait que les hôpitaux ressemblent de plus en plus à des aéroports.
"
Vous venez avec vos valises, on vous soigne, on vous opère, et on vous renvoie de suite chez vous"
, a-t-il affirmé, rappelant que la taux de prise en charge des patients en hôpital de jour est de 40 à 45%.À lire aussi :
