La Chine propose Song Li pour remplacer Tedros à la tête de l'OMS
14:50, 08/10/2026, jeudi
AFP

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La Chine présente Song Li pour diriger l'OMS.La Chine a annoncé jeudi la candidature de Song Li à la direction de l'OMS pour succéder à Tedros Adhanom Ghebreyesus, dont le mandat s'achève en août 2027. Pékin y voit une preuve de son attachement au multilatéralisme. Le Conseil exécutif retiendra trois noms au maximum, puis l'Assemblée mondiale de la santé tranchera en mai 2027. L'OMS, fragilisée par le départ des États-Unis, devra aussi traiter le dossier de Gaza.
La Chine a annoncé jeudi 8 octobre 2026 la candidature de Song Li à la direction de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Pékin veut ainsi succéder à Tedros Adhanom Ghebreyesus, dont le mandat s'achève en août 2027.
Cette annonce relance la course à la tête de l'agence onusienne. En effet, la date limite de dépôt des candidatures était fixée au 24 septembre. Or Pékin n'avait rien révélé jusqu'ici.
Le moment compte. Par ailleurs, l'OMS traverse une période difficile, marquée par le départ des États-Unis et par de multiples crises sanitaires.
Une candidate chinoise à la tête de l'OMS: ce que dit Pékin
Mao Ning, porte-parole des Affaires étrangères, a présenté la candidature lors d'un point de presse régulier. Elle y voit la preuve de l'attachement de son pays au multilatéralisme, c'est-à-dire à la coopération entre États au sein de l'ONU.
Selon elle,
"le multilatéralisme est attaqué"
. Pékin veut donc afficher son soutien à l'ONU et à l'OMS.La porte-parole a aussi parlé de
"l'édification d'une communauté de santé pour l'humanité"
. Cette formule reprend le vocabulaire diplomatique habituel de la Chine.Qui est Song Li ?
Song Li occupe de hautes fonctions au sein de la Commission nationale de la santé de Chine. Elle compte 21 années de carrière, selon l'OMS.
La dépêche d'agence ne détaille pas son programme. De plus, Pékin n'a pas précisé ses priorités pour l'organisation.
Comment l'OMS choisit son prochain directeur général
Le processus de succession a commencé en avril 2026, selon le site de l'OMS. Les États membres ont ensuite proposé des noms jusqu'au 24 septembre.
Le Conseil exécutif de l'OMS désignera ensuite trois candidats au maximum. Il les soumettra à l'Assemblée mondiale de la santé, qui tranchera en mai 2027.
Tedros dirige l'OMS depuis 2017. Les États membres l'ont reconduit en 2022, et le règlement n'autorise qu'un seul renouvellement. Son second mandat se termine donc le 15 août 2027.
La Chine ne part pas seule. Selon la presse suisse et espagnole, au moins cinq prétendants se sont déclarés. Parmi eux figurent le Belge Hans Kluge, patron du bureau européen de l'OMS, et l'Espagnole María Neira.
Toutefois, l'OMS doit encore publier sa liste officielle, attendue en novembre. En effet, certains candidats peuvent choisir de ne pas rendre publique leur démarche.
Un précédent chinois à Genève
Pékin a déjà placé l'une des siennes à ce poste. Margaret Chan, présentée par la Chine, a dirigé l'OMS pendant dix ans, jusqu'en 2017.
Son successeur, Tedros, est devenu le premier Africain à diriger l'agence. L'alternance géographique pèse souvent dans ces élections, même si aucune règle ne l'impose.
Cette fois, la candidature de Song Li intervient dans un climat différent. Les rivalités entre grandes puissances marquent désormais chaque débat au sein des institutions onusiennes.
Donald Trump a retiré les États-Unis de l'OMS. Ce départ prive l'organisation de son premier contributeur.
Tedros répète pourtant que l'institution reste "solide". En avril 2025, il chiffrait déjà le manque à gagner à 560-650 millions de dollars pour les salaires de 2026-2027, selon la presse.
Le vide laissé par Washington ouvre donc un espace. C'est pourquoi chaque grande puissance observe cette succession de près.
Les décisions américaines continuent aussi d'inquiéter l'agence.
Le dossier de Gaza attend le futur directeur de l'OMS
Le prochain patron de l'OMS héritera d'un dossier brûlant. L'agence a dû gérer les conséquences sanitaires de la guerre à Gaza, selon la presse suisse.
Les bombardements, les déplacements massifs et la destruction des hôpitaux ont privé des milliers d'enfants palestiniens de soins de base. Les campagnes de vaccination y ont été interrompues à plusieurs reprises.
Une OMS crédible doit donc rester ferme sur l'accès aux soins, à Gaza comme en Palestine occupée (Cisjordanie). Reste à savoir ce que Song Li et les autres candidats proposeront sur ce point.
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