Zelensky en Serbie : première visite chez l'alliée de Moscou
10:24, 08/08/2026, samedi
AFP

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Première visite de Zelensky en Serbie chez l'alliée de MoscouLe président ukrainien Volodymyr Zelensky a entamé ce samedi sa première visite officielle en Serbie, pays traditionnellement allié à la Russie, dans le cadre d'une tournée diplomatique visant à renforcer le soutien international face aux frappes russes, a indiqué le service de presse présidentiel.
Arrivée à Belgrade et entretiens bilatéraux
Selon la présidence ukrainienne, Volodymyr Zelensky est arrivé vendredi soir à Belgrade, où il a partagé un dîner avec son homologue serbe Aleksandar Vucic au palais présidentiel.
Les deux chefs d'État doivent poursuivre leurs discussions ce samedi, suivies d'une déclaration conjointe à la presse, dans un contexte marqué par d'intenses bombardements russes sur Kiev et sa région dans la nuit de vendredi à samedi, faisant au moins trois morts et sept blessés.
Coopération économique et relations avec l'UE
"Nous discuterons du renforcement des relations économiques entre nos deux pays, des relations avec l'Union européenne, d'autres domaines qui peuvent bénéficier à nos nations, ainsi que des questions de sécurité",
a déclaré M. Zelensky.Par ailleurs, le président serbe a indiqué jeudi que leurs échanges porteraient également sur la coopération dans le secteur de l'énergie, la Serbie demeurant très dépendante des approvisionnements russes et s'étant toujours refusée à aligner ses sanctions sur celles de Bruxelles.
Sur les réseaux sociaux, Aleksandar Vucic a exprimé sa
"conviction que cette visite (allait) contribuer au développement des relations entre la Serbie et l'Ukraine, et au renforcement de la coopération dans les domaines d'intérêt commun".
Balanc diplomatique entre Kiev et Moscou
De plus, le chef de l'État serbe avait rencontré en mai 2025 son homologue russe Vladimir Poutine à Moscou, puis à nouveau en septembre à Pékin, tandis qu'il s'était rendu en juin 2025 à Odessa pour un sommet régional, avant un second déplacement à Kiev en juillet.
En outre, M. Vucic a régulièrement salué la position de l'Ukraine qui n'a pas reconnu l'indépendance du Kosovo, proclamée en 2008 par cette ancienne province serbe.
Toutefois, un haut responsable ukrainien avait confié jeudi à l'AFP, sous couvert d'anonymat, que l'objectif de Kiev était de
"détacher les Serbes du camp de la Russie",
qualifiant ce déplacement d'une "gifle pour les Russes".
Controverse sur les exportations d'armes
Le service de renseignement extérieur russe (SVR) avait accusé en mai 2025 des entreprises d'armement serbes de vendre des munitions à l'Ukraine via des pays tiers,
"en dépit de la +neutralité+ officielle de Belgrade".
Selon la même source, Aleksandar Vucic avait alors promis d'ordonner la suspension des contrats dès lors qu'un doute subsisterait sur le destinataire final, assurant par la suite que la Serbie avait mis un terme à l'ensemble de ses exportations d'armes, de munitions et de matériel militaire.
Pénurie de munitions et soutien américain
Par ailleurs, l'Ukraine manque cruellement de munitions plus de quatre ans après le début de l'invasion russe, alors que les frappes s'intensifient des deux côtés d'une ligne de front quasi immobile, causant un nombre croissant de victimes civiles.
Mercredi, au moins 17 personnes ont été tuées dans des frappes nocturnes sur Kiev et sa région, la défense antiaérienne ukrainienne n'ayant pu abattre aucun missile faute d'intercepteurs disponibles.
Dans ce contexte, M. Zelensky s'était rendu fin juillet à Washington pour solliciter auprès de Donald Trump des missiles Patriot, seuls systèmes capables d'intercepter les projectiles russes les plus performants.
Selon des informations du Financial Times, le président américain aurait refusé cette demande en raison de la pénurie de Patriot dans les stocks américains depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février.
De plus, M. Trump a donné son accord à de nouvelles sanctions contre Moscou, longtemps bloquées par la Maison Blanche et votées vendredi soir par le Sénat, ciblant notamment le secteur des hydrocarbures russes ainsi que les droits de douane sur les pays importateurs comme la Chine et l'Inde.
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