Tunisie: face à la crise, nous devons opter pour des orientations nationales, affirme la centrale syndicale
15:49, 28/01/2023, samediM: Mise à jour: 16:35, 28/01/2023, samedi
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Le secrétaire général de l'Union générale tunisienne du travail (Ugtt, centrale syndicale), Noureddine Taboubi. Crédit Photo: AA
Selon les déclarations du secrétaire général de l'Union générale tunisienne du travail, Noureddine Taboubi, lors de la réunion de coordination tenue par la centrale syndicale avec ses partenaires de "l'Initiative pour sauver la Tunisie".
Le secrétaire général de l'Union générale tunisienne du travail (Ugtt, centrale syndicale), Noureddine Taboubi, a appelé à
"opter pour des orientations nationales face à l'effondrement économique du pays".
Le chef de l’Ugtt s’exprimait lors de la réunion de coordination tenue par la centrale syndicale avec ses partenaires de l' "Initiative pour sauver la Tunisie", qu'elle a présenté à la fin de l'année 2022.
L'"Initiative pour sauver la Tunisie" est portée par la centrale syndicale avec la Ligue des droits de l'homme (Ltdh), l'Ordre national des avocats de Tunisie (Onat), et le Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES, Organisation non gouvernementale), selon le correspondant d'Anadolu.
L’Ugtt a lancé cette initiative fin décembre dernier dans le but d
’"élaborer une feuille de route pour sauver le pays de l’effondrement"
avec les composantes de la société civile, à l'abri des tiraillements politiques."Aujourd'hui, nous devons opter pour des orientations nationales face à l'effondrement qui touche plusieurs secteurs, notamment la santé et l'éducation (...) La souveraineté nationale, n’est nullement une question de slogans",
a déclaré, Taboubi, sans donner plus de détails sur lesdites orientations.Et le chef de la centrale syndicale d’ajouter :
"La Tunisie traverse des tournants dangereux depuis 12 ans, et aujourd'hui, il est nécessaire de s’asseoir autour de la table et discuter pour trouver des solutions".
"Cette initiative est née après des concertations pour élaborer un programme cohérent dans le but de déterminer comment sauver la Tunisie de la situation difficile qu'elle endure à tous les niveaux",
a fait observer Taboubi.De son côté, le président de l'Ordre national des avocats de Tunisie, Hatem Mziou, a déclaré :
"Cette initiative nationale survient après que la situation a atteint un point critique en l'absence de toute vision politique, économique et sociale pour sauver le pays et trouver des solutions concrètes pour sortir de la crise".
Mziou a estimé que
"les échecs répétés des expériences passées ont épuisé la Tunisie",
recommandant la mise en place d’une méthodologie et d’une feuille de route claires pour couronner de succès cette initiative."Nous avons donc une responsabilité historique"
, a ajouté le bâtonnier des avocats.Pour sa part, le président de la Ltdh, Bassem Trifi, a déclaré:
"Nous n’avons pas pour but de convoiter le pouvoir (…) À travers cette initiative nous cherchons des solutions concrètes et sérieuses pour sortir notre pays de la crise".
"L’Initiative pour sauver la Tunisie doit être mise en œuvre selon un calendrier fixé au préalable",
a ajouté Trifi.La Tunisie connaît une grave crise économique, exacerbée par les répercussions de la pandémie de coronavirus, et le coût élevé de l'importation d'énergie et de matières premières, suite à la crise russo-ukrainienne.
Le pays traverse également une crise politique depuis le 25 juillet 2021, date à laquelle le président Kaïs Saïed a imposé des mesures d’exception.
Des partis politiques tunisiens considèrent les mesures d’exception de Saïed comme étant un
"coup d'Etat contre la Constitution de 2014 et une consécration du pouvoir autocratique"
, tandis que d'autres formations politiques estiment qu'il s'agit d'une "restauration"
du processus de la révolution de 2011 qui avait fait chuter le pouvoir du l'ancien président Zine El Abidine Ben Ali.Saïed, qui avait entamé un mandat présidentiel de cinq ans en 2019, a dit que ses décisions sont des mesures prises dans le cadre de la Constitution pour protéger l'État
"d'un péril imminent"
, mettant l'accent sur la préservation des droits et des libertés.À lire également: