Centrafrique : ouverture du procès de Bozizé par contumace

Le procès par contumace de l'ancien président centrafricain François Bozizé s'est ouvert le 16 juin devant la Cour pénale spéciale à Bangui, où il est poursuivi pour crimes contre l'humanité présumés commis entre 2009 et 2013, selon African News.
L'ancien chef de l'État centrafricain, âgé de 79 ans et exilé en Guinée-Bissau depuis 2023, est jugé aux côtés de trois anciens responsables militaires, selon African News. L'audience inaugurale s'est concentrée sur la lecture de l'ordonnance de renvoi et la présentation des charges retenues contre les accusés.
Eugène Barret Ngaïkosset, Vianney Semndiro et Firmin Junior Danboy comparaissent également aux côtés de l'ex-président pour répondre des mêmes faits.
Faits reprochés et cadre judiciaire
Selon l'accusation, les faits incluent des meurtres, des disparitions forcées, des actes de torture et des viols. Ces exactions s'inscrivent dans un système de détention visant des opposants politiques présumés ou des personnes soupçonnées de soutenir des groupes rebelles.
Par ailleurs, la Cour pénale spéciale est une juridiction hybride composée de magistrats centrafricains et internationaux. Créée en 2015 pour juger les auteurs des crimes les plus graves commis depuis 2003, elle mène actuellement son sixième procès depuis 2018.
Parcours politique et crises successives
François Bozizé est une figure centrale des crises successives ayant marqué la République centrafricaine. Arrivé au pouvoir par un coup d'État en 2003, il a été renversé en 2013 par la rébellion Séléka, coalition majoritairement musulmane.
De plus, les deux camps ont été accusés par les Nations unies de crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Ce conflit a fait des milliers de victimes et plongé le pays dans une crise humanitaire persistante qui perdure encore aujourd'hui.
Exil et condamnation antérieure
Cette offensive avait été repoussée avec l'appui de forces étrangères, notamment le déploiement de paramilitaires russes du groupe Wagner.
À la suite de cet échec militaire, l'ancien président s'est exilé, d'abord au Tchad, puis en Guinée-Bissau. Déjà condamné par contumace en 2022 à la réclusion à perpétuité pour complot, rébellion et meurtre par la justice centrafricaine, il fait également l'objet de poursuites dans plusieurs dossiers liés aux violences commises sous son autorité présumée. En outre, le procès se poursuit le 29 juin à Bangui.
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