Royaume-Uni: une victime de l'islamophobie exhorte les musulmans à dénoncer les crimes racistes

17:30, 15/03/2023, mercrediM: Mise à jour: 17:40, 15/03/2023, mercredi
AA
Royaume-Uni: une victime de l'islamophobie exhorte les musulmans à dénoncer les crimes racistes
Crédit Photo: JUSTIN TALLIS / AFP

Dans une rue animée du centre de Londres, S*** pressait le pas pour pouvoir prendre le métro qui la ramenait chez elle après une longue journée de travail. C'était sa routine depuis de nombreuses années, jusqu’à cette froide nuit de février 2019.

Ce soir-là, toute sa fierté de pouvoir se déplacer librement en tant que musulmane pratiquante s'est effondrée, lorsqu'un homme, à la gare, lui a arraché son foulard et l'a ensuite agressée.


À l'occasion de la toute première Journée internationale de lutte contre l'islamophobie, qui a été instituée par les Nations unies le 15 mars de chaque année, S***, une musulmane britannique, a raconté à Anadolu l'agression dont elle a été victime et le racisme dont elle a fait l'objet en raison de ses convictions religieuses.


Cette nuit-là, alors qu'elle se trouvait à la gare de St. James's Park à Londres, un homme l'a approchée par derrière pour se tenir très près d'elle. Mal à l'aise, elle a fait un mouvement pour mettre de la distance entre elle et l'homme, mais celui-ci lui a bloqué le passage et l'a injuriée, avant de tirer sur son hijab et de la pousser au sol, où elle s'est cogné la tête sur le carrelage.


"Je suis restée par terre en état de choc, je ne comprenais pas ce qui s'était passé. Je ne savais pas que je m'étais fait mal à la tête. Je ne savais pas que je saignais"
, a-t-elle déclaré en racontant cet incident traumatisant dans un entretien en ligne, pour lequel elle a requis l'anonymat afin de protéger sa vie privée.

Un passant l'a aidée à se relever, tandis que l'agresseur prenait la fuite. La police est arrivée plus tard pour constater le délit, ainsi qu'une ambulance, qui a nettoyé la plaie qu'elle avait au front.


Citoyenne britannique d'origine asiatique, S*** a déclaré qu'il s'agissait de la deuxième attaque islamophobe qu'elle subissait. En novembre 2018, elle se rendait à son travail dans le sud-ouest de Londres lorsqu'une femme dans une voiture lui a fait signe de s'arrêter.
"Excusez-moi, fille au foulard jaune..."
, a-t-elle dit, avant de l'insulter, elle et sa religion, et de démarrer.

S*** dit avoir été secouée par l'incident.
"Non seulement j'ai été bouleversée par les propos de cette femme, mais aussi par le fait qu'il y avait des gens autour d'elle qui la regardaient fixement et qui riaient. J'étais gênée et humiliée. Les gens étaient censés trouver cela méprisable".

Sur l'insistance de son employeur, elle a signalé l'incident à la police, qui a considéré qu'il s'agissait d'un crime raciste. Ce ne sont pas les seuls abus auxquels S*** a dû faire face parce qu'elle est musulmane. Des écoliers l'ont également pointée du doigt en la traitant de
"sale terroriste"
ou de
"ninja".

Ces incidents lui ont fait prendre conscience de la nécessité de se prémunir contre le risque qu'engendre quotidiennement l'islamophobie, expliquant:
"Il y a un grand nombre de gens qui nourrissent beaucoup de haine et qui pensent qu'il n'y a pas de mal à haïr les musulmans. J'ai réalisé que je pouvais aussi être agressée. Je dois être plus prudente. Je ne peux plus me permettre d'être aussi désinvolte qu'avant".

Compatissante à l'égard des autres victimes, S*** a déclaré:
"C'est vraiment malheureux et je suis sincèrement désolée pour toutes les personnes qui ont vécu une telle expérience. Selon les statistiques, les femmes sont beaucoup plus exposées à l'islamophobie parce qu'elles portent un foulard qui les identifie visuellement".

Le ministère britannique de l'intérieur indique que 3 459 musulmans ont été victimes de crimes islamophobes en Grande-Bretagne entre 2021 et 2022, ce qui fait d'eux le groupe le plus nombreux (environ 42 %) à être persécuté en raison de sa foi.


Les crimes racistes se sont multipliés à Londres, avec une augmentation de 188 % depuis 2012-2013, selon la police. Le nombre le plus élevé de crimes motivés par l'islamophobie a été enregistré en 2017-2018, avec 1 667 cas.


Depuis, la police a signalé une baisse annuelle de 50 % du nombre d'incidents jusqu'en 2021-2022, où ils sont repartis à la hausse de 20 % en une seule année.


Brève décision de se défaire de son hijab


À la suite de ces incidents, *S a décidé, pendant une courte période, de ne plus se couvrir la tête car elle craignait d'autres agressions et discriminations.


"J'ai pensé que je serais plus en sécurité si j'enlevais mon hijab. Aussi, pendant une petite période de ma vie, malheureusement, j'ai ôté mon hijab. Le mettre a été très difficile au départ pour moi. Le fait de l'enlever m'a fait souffrir parce que j'avais travaillé si dur, mais en raison des incidents islamophobes injustifiés, j'ai pensé que ma sécurité était plus importante"
, a expliqué la jeune femme.

Cette décision a entraîné un désordre psychologique, dit-elle, précisant:
"J'ai craint pour ma sécurité, j'ai craint pour mon bien-être. Je craignais
(qu'en tant que musulmane)
, j'avais échoué parce que j'avais enlevé mon hijab"
. C'est à cette époque que la jeune femme a pris conscience, non sans ressentiment, qu'elle ne pouvait pas occulter son identité.

Pendant la pandémie de COVID-19, elle a trouvé en elle le courage de se couvrir à nouveau les cheveux. Elle se sentait plus en sécurité car elle travaillait à domicile pendant cette période.


Aujourd'hui, quand elle se couvre la tête, elle se sent plus confiante et plus consciente de la manière de lutter contre les crimes racistes:
"J'ai l'impression d'être à nouveau un peu plus courageuse et de pouvoir m'exprimer. J'en suis très consciente. Les gens sont racistes, certes, mais il s'agit de vivre sa vie du mieux que l'on peut".

Signaler les incidents islamophobes


S*** recommande vivement aux personnes confrontées à des incidents islamophobes de porter plainte auprès de la police. Et ce, tant pour les agressions physiques que pour les agressions verbales.


"C'est une situation extrêmement fâcheuse. Il faut donc la signaler. Même s'il s'agit d'une chose très subtile et que vous n'avez pas été blessé physiquement, si quelqu'un vous a maltraité émotionnellement, si quelqu'un a fait quelque chose d'inapproprié devant vous qui vous fait penser qu'il s'agit d'un crime motivé par l'islamophobie, n'hésitez pas à le signaler",
a-t-elle conclu.

À lire également:



Commentaires
Avatar

Les commentaires que vous publiez sur notre site constituent une ressource précieuse pour les autres utilisateurs. Veuillez faire preuve de respect envers les opinions différentes et les autres membres. Évitez tout langage grossier, offensant, dégradant ou discriminatoire.

Fin de page
Le patrimoine de la Turquie. Groupe de médias international.

Bienvenue sur la source d'information qui façonne l’actualité en Turquie ! Avec son approche journalistique impartiale, dynamique et approfondie, Nouvelle Aube – Yeni Şafak offre à ses lecteurs bien plus que de simples actualités. Des sphères politiques et économiques à l’univers de la culture, de l’art et du sport, accédez instantanément à tout ce qui se passe en Turquie et dans le monde. Grâce à ses plateformes numériques, restez informé à tout moment, où que vous soyez. Suivez l’actualité avec Nouvelle Aube – Yeni Şafak !

Suivez nous sur les réseaux sociaux
Télécharger les applications mobiles

Emportez l’actualité partout avec vous ! Grâce aux applications mobiles de Nouvelle Aube – Yeni Şafak, accédez instantanément aux dernières nouvelles. De la politique à l’économie, du sport à la culture et aux arts, une vaste sélection de contenus est à portée de main ! Téléchargez l’application facilement sur vos appareils iOS, Android ou Huawei, et restez informé en temps réel, où que vous soyez. Téléchargez dès maintenant et ne manquez rien de ce qui se passe dans le monde !

Catégories
Albayrak Medya

Maltepe Mah. Fetih Cad. No:6 34010 Zeytinburnu/İstanbul, Türkiyeiletisim@yenisafak.com+90 212 467 6515

AVERTISSEMENT LEGAL

Le nom et le logo de BIST sont protégés par un « Certificat de Marque Déposée » et ne peuvent être utilisés, reproduits ou modifiés sans autorisation. Tous les droits d’auteur relatifs aux informations publiées sous le nom de BIST appartiennent entièrement à BIST et leur reproduction est interdite. Les données de marché sont fournies par iDealdata Technologies Financières S.A. Les données boursières de BIST sont affichées avec un délai de quinze minutes.

© Net Medya, tous droits réservés. 2026