France : le gouvernement évoque une hausse des frais universitaires
11:34, 26/06/2026, vendredi
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Le ministre français de l'Enseignement supérieur Philippe Baptiste.Le ministre de l'Enseignement supérieur Philippe Baptiste a appelé mercredi à ouvrir un débat sur le financement des universités, évoquant la possibilité de mécanismes contributifs pour les étudiants aux revenus aisés, selon les conclusions des Assises du financement présentées à Paris.
"On voit bien qu'on a besoin de plus d'argent dans les universités. Il faut donc augmenter les efforts publics, tout en réfléchissant à des mécanismes contributifs de la part des étudiants qui peuvent se le permettre"
, a déclaré le ministre lors de la présentation du rapport. Il a ajouté souhaiter que
"ce débat puisse s'ouvrir"
dans le cadre de la future campagne électorale, offrant ainsi l'occasion d'une concertation nationale sur ce sujet sensible.Propositions chiffrées et scénarios
Le document, remis à l'issue de cinq mois de travaux par Jérôme Fournel et Gilles Roussel, préconise une augmentation significative des droits d'inscription pour garantir la soutenabilité du modèle universitaire au-delà de 2030.
Selon les auteurs, les frais devraient passer à 900 euros annuels en licence et à 1 300 euros en master, contre 178 et 254 euros actuellement. Cette mesure permettrait de dégager environ 1,5 milliard d'euros supplémentaires et de porter la contribution des étudiants à 10 % des recettes des universités, contre 2,7 % aujourd'hui.
Par ailleurs, les rapporteurs envisagent deux modalités d'application : une hausse progressive étalée sur cinq à six ans ou une mise en œuvre immédiate des nouveaux tarifs.
Garder l'équilibre du financement public
Toutefois, le rapport souligne que la subvention pour charge de service public, qui représente 76 % des ressources des établissements, doit demeurer la principale source de financement et évoluer au moins au rythme de l'inflation.
De plus, les auteurs préconisent une diversification des recettes ainsi qu'un renforcement substantiel de l'autonomie des universités concernant la gestion des ressources humaines, la valorisation du patrimoine immobilier et l'adaptation de l'offre de formation aux besoins territoriaux.
Ils recommandent également une contractualisation accrue avec l'État pour sécuriser les budgets à moyen terme et garantir une meilleure visibilité financière aux présidences d'université.
Contexte financier tendu
Le rapport relève que la situation des universités continue de se dégrader de manière préoccupante malgré une hausse de 26 % des financements publics constatée entre 2018 et 2025.
Sur cette période, le résultat financier global des établissements a reculé de 145 % et leur capacité d'autofinancement de 37 %, indiquent les données officielles compilées par les rapporteurs.
Ces chiffres illustrent la pression croissante exercée sur les budgets universitaires, notamment du fait de la hausse des coûts énergétiques et des charges de personnel.
Question de l'accès au supérieur
Philippe Baptiste a également évoqué la nécessité de revisiter le lien organique entre l'obtention du baccalauréat et l'accès automatique à l'université si l'État venait à renoncer à fixer strictement les capacités d'accueil des établissements. Cette proposition touche aux fondements de l'organisation actuelle du supérieur hexagonal. Selon la même source, les rapporteurs ont précisé que cette question spécifique ne relevait pas de leur champ d'investigation et demandait une expertise séparée.