En RDC, ces mines qui polluent terres et rivières

10:28, 01/07/2024, lundi
AFP
En RDC, ces mines qui polluent terres et rivières
EMMET LIVINGSTONEAFP
Des femmes lavent du minerai dans la mine artisanale de cuivre et de cobalt de Kamilombe, près de la ville de Kolwezi, dans le sud-est de la République démocratique du Congo, le 20 juin 2023.

Sous un soleil brûlant, Mifie et ses voisins travaillent dur pour faire pousser des légumes, dans des champs et au bord d'une rivière pollués par vingt ans d'exploitation industrielle de la mine de cuivre et cobalt toute proche.

"On ne peut pas bien vivre avec cette eau polluée", s
e désole la jeune femme de 23 ans, enceinte, debout près de ses plates-bandes de choux, amarantes et autres végétaux.

Depuis plus d'un siècle, les mines font la richesse de la région de Lubumbashi, dans le sud-est de la République démocratique du Congo, vaste pays d'Afrique centrale qualifié de
"scandale géologique"
tant son sous-sol regorge de minerais.

Mais elles sont aussi une source constante de pollution de l'eau, du sol et de l'air, dénoncée par des ONG locales qui appellent à une réglementation plus rigoureuse du secteur.


Trois d'entre elles ont publié en 2021 un rapport sur une étude menée auprès des communautés riveraines de la grande mine à ciel ouvert de Ruashi dont les eaux usées, disent les ONG, sont rejetées principalement dans la rivière Luano, qui sert à l'irrigation des cultures.

Quelque 400 000 personnes vivent dans ces communautés. Certaines, hommes, femmes et enfants, travaillent dans les mines, grattant, cassant et tamisant la roche pour tenter de gagner leur vie.


Mais la plupart sont des agriculteurs, qui ont perdu en grande partie leur moyen de subsistance à cause de la pollution, affirme Christian Bwenda, coordonnateur d'une de ces ONG, PremiCongo.


L'extraction minière était autrefois artisanale, mais les vrais problèmes ont commencé il y a une vingtaine d'années avec l'exploitation industrielle de la mine par Ruashi Mining, devenue en 2013 une filiale à 75 % de la multinationale chinoise Jinchuan Group Ltd, les 25 % restants étant détenus par la compagnie minière publique congolaise Gécamines.

La terre, acide, ne produit plus comme avant et les paysans utilisent de l'engrais chimique pour augmenter les rendements.


Mifie dit qu'elle peut gagner 200 000 francs congolais (70 dollars) par mois avec ses cultures, mais se lamente d'en dépenser une partie en engrais. Un paquet coûte 2 500 francs (0,9 dollar) et elle en achète parfois jusqu'à cinq par jour.


"Risque énorme"


Célestin, lui, producteur de fraises, n'utilise pas d'engrais chimique parce que, dit-il, ses clients veulent du
"bio".
Mais il doit bien reconnaître que même sans fertilisant chimique ajouté, les consommateurs ne sont pas friands de ses fruits arrosés à l'eau polluée, qui lui a d'ailleurs causé des problèmes de peau.

Chaussé de bottes en caoutchouc, il raconte, à l'ombre d'un arbre en bordure de son champ, que quand il travaillait sans ce type de protection, il avait
"des blessures"
et que ça lui
"faisait mal".

Thérèse Ngoy, enseignante de 58 ans, affirme qu'environ 60 % des enfants qu'elle connaît ont des problèmes de santé liés à l'eau et à la poussière de la mine.
"Nous avons des gens qui ont mal aux yeux"
, constate-t-elle.

"Le problème de la pollution existe partout où des mines sont exploitées"
, affirme Georges Mawine, ancien ministre des mines du Haut-Katanga, province dont Lubumbashi est le chef-lieu.

Arthur Kaniki, professeur et responsable du laboratoire d'analyse environnementale à l'université de la ville, confirme que l'eau à proximité des mines est polluée, ce qui présente
"un risque énorme pour la santé"
des riverains.

"Nous avons demandé à la population d'éviter d'utiliser cette eau, surtout pour la consommation directe ou pour arroser",
déclare-t-il, évoquant lui aussi des maladies de peau mais également des malformations congénitales.

Dans leur rapport, les ONG reprochent à Ruashi Mining d'avoir
"refusé de partager les informations"
sur ses études environnementales avec
"les communautés locales et le public".

Interrogée, Elisa Kalasa, responsable du département social et communautaire de Ruashi Mining, a répondu par écrit que l'entreprise avait un
"département environnement, qui prélève régulièrement des échantillons d'eau et d'air".

Ruashi Mining
"a amélioré l'eau pour la communauté, en partenariat avec la (compagnie des eaux) Regideso",
a-t-elle assuré.

Mais pour Christian Bwenda, ce n'est pas suffisant.
"L'entreprise doit prendre toutes les mesures nécessaires pour que les impacts négatifs sur la vie des gens soient le plus possible réduits",
dit-il.

À lire également:



Commentaires
Avatar

Les commentaires que vous publiez sur notre site constituent une ressource précieuse pour les autres utilisateurs. Veuillez faire preuve de respect envers les opinions différentes et les autres membres. Évitez tout langage grossier, offensant, dégradant ou discriminatoire.

Fin de page
Le patrimoine de la Turquie. Groupe de médias international.

Bienvenue sur la source d'information qui façonne l’actualité en Turquie ! Avec son approche journalistique impartiale, dynamique et approfondie, Nouvelle Aube – Yeni Şafak offre à ses lecteurs bien plus que de simples actualités. Des sphères politiques et économiques à l’univers de la culture, de l’art et du sport, accédez instantanément à tout ce qui se passe en Turquie et dans le monde. Grâce à ses plateformes numériques, restez informé à tout moment, où que vous soyez. Suivez l’actualité avec Nouvelle Aube – Yeni Şafak !

Suivez nous sur les réseaux sociaux
Télécharger les applications mobiles

Emportez l’actualité partout avec vous ! Grâce aux applications mobiles de Nouvelle Aube – Yeni Şafak, accédez instantanément aux dernières nouvelles. De la politique à l’économie, du sport à la culture et aux arts, une vaste sélection de contenus est à portée de main ! Téléchargez l’application facilement sur vos appareils iOS, Android ou Huawei, et restez informé en temps réel, où que vous soyez. Téléchargez dès maintenant et ne manquez rien de ce qui se passe dans le monde !

Catégories
Albayrak Medya

Maltepe Mah. Fetih Cad. No:6 34010 Zeytinburnu/İstanbul, Türkiyeiletisim@yenisafak.com+90 212 467 6515

AVERTISSEMENT LEGAL

Le nom et le logo de BIST sont protégés par un « Certificat de Marque Déposée » et ne peuvent être utilisés, reproduits ou modifiés sans autorisation. Tous les droits d’auteur relatifs aux informations publiées sous le nom de BIST appartiennent entièrement à BIST et leur reproduction est interdite. Les données de marché sont fournies par iDealdata Technologies Financières S.A. Les données boursières de BIST sont affichées avec un délai de quinze minutes.

© Net Medya, tous droits réservés. 2026