France : polémique sur les "Français issus de l'immigration"
17:48, 04/11/2026, mercredi
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JULIEN DE ROSA AFP
Édouard Philippe, candidat du parti de droite « Horizons » à l'élection présidentielle française de 2027, pose pour les photographes avant une interview dans le journal télévisé du soir de la chaîne TF1, à Boulogne-Billancourt, près de Paris, le 1er novembre 2026. Les déclarations d'Édouard Philippe reliant la délinquance à un échec d'intégration des Français issus de l'immigration suscitent une vive controverse politique et médiatique en France, selon des sources concordantes.
Contestation de Prisca Thévenot
Prisca Thévenot, députée et ancienne porte-parole du gouvernement, a vigoureusement contesté la distinction établie par l'ancien Premier ministre entre Français selon leurs origines familiales.
"À quel moment on est français tout cours ?"
, a-t-elle interrogé lors d'une prise de parole médiatique, évoquant ses propres parents immigrés et ses enfants, petits-enfants d'immigrés. Elle a également posé la question : "À partir de quelle génération on arrête d'être considérés comme des immigrés ?"
Par ailleurs, la députée a jugé l'expression "Français issus de l'immigration" parfaitement injuste, insistant :
"On ne parle pas des étrangers en situation régulière dans le pays. On parle de Français, point"
. Elle a estimé que les violences évoquées appelaient une réponse à la délinquance plutôt qu'une lecture fondée sur les origines, soulignant que si ses enfants commettaient des actes délictueux, il s'agirait d'un problème de violence et non d'intégration.Toutefois, elle a refusé de qualifier les propos d'Édouard Philippe de racistes, évoquant plutôt une erreur d'analyse chez quelqu'un qu'elle continue à écouter politiquement, et a proposé un débat avec l'ancien locataire de Matignon.
Dénonciation de Jean-Michel Aphatie
Dans l'émission "Quotidien", le chroniqueur Jean-Michel Aphatie a formulé une critique plus directe de l'expression utilisée par l'ancien Premier ministre. Selon lui, cette désignation maintient les personnes concernées dans un statut lié à l'immigration plusieurs générations après l'arrivée de leurs familles en France, visant spécifiquement les Français d'origine maghrébine ou africaine.
"C'est une stigmatisation. C'est un refus de reconnaître l'égalité entre les Français. C'est donc un concept, objectivement, c'est un concept raciste"
, a-t-il affirmé. De plus, il a rejeté l'idée d'un échec général de l'intégration, rappelant la contribution de ces Français à la justice, à la police, à l'enseignement et à l'économie nationale, avant de conclure : "Dire que l'intégration, ça ne marche pas, c'est un mensonge".
Polémique médiatique et réactions
La polémique s'est également étendue au traitement médiatique des déclarations d'Édouard Philippe. Jean-Luc Mélenchon a accusé sur la plateforme X la présentatrice du journal de TF1, Anne-Claire Coudray, de reprendre à son compte les "calomnies racistes" de l'ancien Premier ministre et de l'avoir laissé développer un "discours dégoûtant" sans l'interrompre.
En outre, le dirigeant de La France insoumise a annoncé qu'il ne participerait pas au journal de 20 heures de la chaîne le lendemain. TF1 a contesté cette chronologie, indiquant que sa venue avait déjà été annulée avant l'entretien d'Édouard Philippe, et a défendu le professionnalisme d'Anne-Claire Coudray en soulignant qu'elle avait interrogé son invité sur ses déclarations au Point.
Déclarations initiales d'Édouard Philippe
Édouard Philippe a répondu à Jean-Luc Mélenchon en accusant ce dernier de présenter les auteurs de pillages et les "casseurs d'extrême gauche" comme des "modèles d'intégration" et des "victimes de la police". Le dirigeant insoumis lui a répondu en dénonçant un "clientélisme racialiste".
Pour rappel, après les violences du 17 octobre, l'ancien Premier ministre avait affirmé dans un entretien au Point que la "surreprésentation de jeunes issus de l'immigration" parmi les auteurs de violences était "patente", y voyant le signe d'un échec de l'intégration depuis plusieurs décennies. Interrogé le 1er novembre sur TF1, il avait réaffirmé cette analyse en évoquant "un certain nombre et un nombre important de jeunes Français, sans doute, que je considère comme des Français, issus de l'immigration" parmi les pillards.
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