France: déficit maintenu à 5,4 % en 2026, le gouvernement vigilant avant les manifestations

La rédaction avec
17:18, 04/11/2026, mercredi
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France: déficit maintenu à 5,4 % en 2026, le gouvernement vigilant avant les manifestations
XOSE BOUZAS / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFPAFP
Vue panoramique de l'hémicycle avec les bancs des différents partis politiques, de la majorité et de l'opposition, lors de la séance publique consacrée à la poursuite des débats sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 (PLFSS 2027), au Palais Bourbon, dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale française, à Paris, en FRANCE, le 21 octobre 2026.

Le gouvernement français a confirmé mercredi son objectif de déficit à 5,4 % du PIB pour 2026, tout en annonçant une surveillance renforcée à la veille des manifestations du 5 novembre, selon des déclarations faites à l'issue du Conseil des ministres.

Objectif de déficit et priorités budgétaires

Le gouvernement français a réaffirmé mercredi son objectif de ramener le déficit public à 5,4 % du produit intérieur brut (PIB) d'ici 2026, malgré une dégradation notable de la conjoncture économique et des résultats inférieurs aux attentes. Cette confirmation est intervenue lors du point de presse organisé à l'issue du Conseil des ministres, où les ministres Roland Lescure et David Amiel ont présenté le projet de loi de finances de fin de gestion. Le document prévoit notamment des crédits destinés aux armées, confrontées à environ 700 millions d'euros de surcoûts opérationnels, ainsi qu'au secteur agricole, à la sécurité civile, au logement et à l'éducation nationale.

Par ailleurs, une enveloppe supplémentaire de 17 millions d'euros doit permettre le recrutement de 920 enseignants contractuels remplaçants. Selon la même source, les dépenses de l'État devraient être inférieures d'un milliard d'euros aux prévisions initiales, malgré les dépenses supplémentaires engagées pour répondre aux différentes crises successives.

Une croissance "à l'arrêt" et perspectives 2027

Roland Lescure a dressé un tableau préoccupant de la situation économique française, évoquant notamment la volatilité des prix de l'énergie, les tensions sur les marchés internationaux, la sécheresse exceptionnelle et le recul de l'investissement des entreprises. "La croissance française est à l'arrêt. Notre devoir, c'est de tout faire pour qu'elle redémarre", a-t-il déclaré. Le ministre a confirmé que le déficit atteindrait 5,4 % cette année contre 5 % initialement prévus, tout en excluant une révision de cet objectif à ce stade au regard des données disponibles sur l'exécution budgétaire.

Il a également insisté sur la nécessité impérative de ramener le déficit à 5 % en 2027, au nom de la crédibilité financière de la France. De plus, David Amiel a appelé les différentes forces politiques à dépasser leurs divergences pour parvenir à un compromis, tout en soulignant que cet objectif de réduction du déficit demeurait absolument non négociable.

Article 49.3 et ordonnances : les "glissières de sécurité"

Interrogé sur les difficultés rencontrées dans les discussions parlementaires, Roland Lescure a affirmé que le gouvernement privilégiait toujours l'adoption du budget par la voie législative normale et démocratique. Il a toutefois rappelé l'existence de deux mécanismes constitutionnels, l'article 49.3 et l'article 47, permettant respectivement une adoption sans vote sous certaines conditions et une mise en œuvre par ordonnances lorsque les délais constitutionnels sont dépassés. "A priori, ce n'est pas notre objectif, mais si on doit utiliser les glissières de sécurité, évidemment, on le fera", a-t-il affirmé.

Interrogé sur une éventuelle revalorisation exceptionnelle du salaire minimum (SMIC), David Amiel n'a confirmé aucune annonce spécifique, renvoyant simplement aux discussions en cours entre le gouvernement et les partenaires sociaux sur ce dossier sensible.

Vigilance maximale avant la mobilisation du 5 novembre

Le gouvernement reste "extrêmement vigilant" à la veille de la nouvelle journée de mobilisation prévue jeudi 5 novembre, a déclaré Maud Bregeon à l'issue du Conseil des ministres. "On est extrêmement vigilant. Il est hors de question qu'on revive ce qu'on a pu traverser le 17 octobre", a affirmé la porte-parole, évoquant notamment la situation des commerçants "qui ont traversé une période extrêmement difficile". Elle a précisé que dans certaines villes, les tracés des manifestations seraient adaptés autant que nécessaire dans le cadre permis par le droit.

Selon la même source, les dispositifs de maintien de l'ordre seraient réévalués à chaque nouvelle mobilisation en fonction des risques identifiés localement, sous l'autorité des préfets et en concertation avec les maires. Maud Bregeon a toutefois assuré qu'aucune règle générale n'imposait d'écarter les cortèges des centres-villes, insistant sur la nécessité de concilier la liberté de manifester et la protection des personnes et des biens. Elle a également indiqué qu'Emmanuel Macron avait salué, lors du Conseil des ministres, le déroulement globalement satisfaisant des deux précédents samedis de mobilisation et remercié les forces de l'ordre pour leur engagement.

Polémiques médiatiques et accusations réciproques

Le point de presse a également été marqué par un échange tendu entre Maud Bregeon et un journaliste indépendant, qui l'interrogeait sur les accusations de banalisation de l'extrême droite et de stigmatisation de la gauche. "Je ne suis pas votre faire-valoir pour réussir sur les réseaux sociaux", lui a-t-elle répondu sèchement, refusant de revenir sur ses précédentes déclarations. Elle a ensuite accusé des responsables de l'"extrême gauche" de cibler nommément des journalistes, estimant que cette pratique contribuait à instaurer un climat "extrêmement dangereux".

Le journaliste l'a également interrogée sur l'absence de représentants du gouvernement à un hommage organisé à Trappes après un attentat, ainsi que sur les critiques formulées par les proches d'une victime. Questionnée par ailleurs sur des propos attribués à l'ancien Premier ministre Édouard Philippe concernant une supposée surreprésentation de jeunes issus de l'immigration lors des pillages du 17 octobre, elle a défendu la nécessité d'analyser les fractures sociales, tout en rejetant les amalgames. Relancée sur les données permettant d'étayer cette affirmation, elle n'a pas fourni de nouveaux chiffres précis.

Enfin, interrogée sur une pétition demandant la fermeture de la chaîne CNews, elle a estimé qu'il revenait aux parlementaires de décider de la tenue d'un tel débat, tout en rappelant que la fermeture d'une chaîne ne relevait pas directement de leur compétence. Concernant l'utilisation présumée de mesures antiterroristes contre certains manifestants, elle a refusé de commenter des décisions de justice, rappelant l'existence de voies de recours.


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