Népal : un survivant des inondations déterminé à reconstruire
17:22, 26/09/2026, samedi
AFP

Photo par PRAKASH MATHEMA / AFP
Des personnes récupèrent des objets dans la boue à côté de maisons inondées après la crue soudaine du 26 août, près de la rivière Trishuli à Devighat, dans le district de Nuwakot au Népal, le 26 septembre 2026.Retrouvé vivant après dix jours passés dans un tunnel inondé, l'ouvrier népalais Kabir Maharjan entend participer activement à la reconstruction de son pays, malgré le bilan de plus de 1 400 morts causé par la catastrophe du 26 août.
Dix jours de calvaire dans le tunnel
Selon le témoignage qu'il a livré à l'AFP, Kabir Maharjan a survécu à l'effondrement du tunnel en gagnant un niveau supérieur du chantier hydroélectrique où il travaillait, ne subsistant que grâce à l'eau qu'il parvenait à récupérer.
"Chaque fois que j'étais éveillé, j'essayais de trouver une issue",
a-t-il relaté, décrivant une attente interminable dans l'obscurité totale.Quelques jours plus tard, le rescapé apercevait ce qui ressemblait à une lumière et entendait des voix.
"Je pensais que c'était mon imagination. Mais j'ai appelé, et ils ont répondu",
s'est-il souvenu. C'est ainsi que les secours localisaient finalement l'homme, le 4 septembre, permettant son évacuation aérienne depuis la région de Rasuwa, la plus durement frappée par la crue comparée à un tsunami.Un retour familial sous le signe de l'émotion
Après plusieurs semaines de convalescence dans un hôpital de Katmandou, Kabir Maharjan retrouvait vendredi son domicile au son de la musique traditionnelle, accueilli par des proches en larmes.
"La vie est précieuse. Des centaines de personnes sont mortes mais moi, j'ai survécu",
a confié ce père de deux enfants, la voix nouée par l'émotion.Par ailleurs, il a indiqué son intention de contribuer à l'effort national.
"Peut-être que j'ai encore du travail à accomplir pour ma communauté, pour le pays, et pour mon foyer et ma famille",
a-t-il ajouté, malgré les blessures encore visibles à une main et à une jambe.La reconstruction comme devoir
Toujours affaibli mais résolu, l'ouvrier voit un parallèle entre sa guérison personnelle et celle de son pays. Il puise sa force dans une conviction spirituelle profonde, affirmant que l'effort collectif constitue le seul chemin possible.
"Tant que nous sommes en vie, nous devons être patients et accomplir notre travail (...). Le travail est notre karma",
a-t-il déclaré.De plus, Kabir Maharjan entend bien reprendre son activité dans le secteur hydroélectrique, malgré les risques évidents.
"Tout comporte des risques, mais nous devons malgré tout les surmonter",
a-t-il souligné.Un bilan lourd et des disparus nombreux
Selon les autorités népalaises, la crue catastrophique du 26 août, provoquée par l'effondrement d'un pan de montagne composé de glace et de roche près de la frontière sino-népalaise, a fait plus de 1 400 morts. En outre, plus de 5 000 personnes demeurent portées disparues, tandis que les eaux ont emporté routes, ponts et villages dans les régions montagneuses du nord.
Le secteur hydroélectrique, pilier de la stratégie de développement du pays, a été gravement touché. Selon le ministre de l'Energie, plus de 800 personnes employées sur des chantiers et installations restent introuvables, et 47 corps ont été retrouvés sur ces sites. Le gouvernement estime que la reconstruction globale pourrait coûter 4,8 milliards de dollars.
L'appel aux Nations unies
Dans ce contexte, le Premier ministre Balendra Shah a déclaré jeudi devant l'assemblée générale des Nations unies que ces inondations constituaient
"un avertissement au monde"
sur les dangers croissants liés au changement climatique. Il a appelé à un soutien international accru pour permettre au Népal de s'adapter et de se reconstruire.Toutefois, les organisations humanitaires préviennent que la crise est loin d'être terminée.
"Les eaux ont peut-être reculé, mais la crise se poursuit pour des milliers de personnes",
a déclaré vendredi David Fisher, représentant au Népal de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Il a également souligné la nécessité d'agir rapidement pour protéger la santé des populations et éviter qu'elles ne basculent dans la pauvreté.À lire également:

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