Inde: manifestation contre la révision des listes électorales
17:37, 01/11/2026, dimanche
AFP

ARUN SANKARAFP
Rahul Gandhi, chef du parti du Congrès, s’adresse à la foule lors d’un rassemblement de l’opposition INDIA bloc au Ramlila Maidan, à New Delhi, le 1er novembre 2026.Des milliers de personnes ont manifesté dimanche à New Delhi pour exiger la démission du chef de la Commission électorale, à la suite d'une révision controversée des listes électorales ayant touché plus de 133 millions d'inscrits, selon les médias.
Mobilisation de l'opposition à New Delhi
Des milliers de personnes ont convergé dimanche vers le Ramlila Maidan, au centre de New Delhi, à l'appel des partis d'opposition pour réclamer la démission du président de la Commission électorale. Ce rassemblement, le dernier d'une série de mobilisations, a été conduit par Rahul Gandhi, figure de proue de l'opposition et dirigeant du Parti du Congrès, qui dénonce une réforme des listes électorales destinée à favoriser le camp du Premier ministre Narendra Modi. Les manifestants, venus de différents quartiers de la capitale et scandant "vol de voix", ont dénoncé la radiation de plus de 133 millions d'inscrits, selon des médias.
Témoignages de citoyens privés de vote
Parmi la foule, de nombreux manifestants ont partagé leur incompréhension face à la suppression de leur nom des listes électorales. "Je vote depuis l'âge de 18 ans et aujourd'hui je découvre que mon nom a été rayé des listes électorales", a déclaré à l'AFP Nandita, une participante de 46 ans ayant souhaité n'être identifiée que par son prénom. Par ailleurs, Rashmi Gera, une femme au foyer de 59 ans venue spécialement de Bombay avec son fils, tous deux drapés dans le drapeau indien, a exprimé ses doutes quant à l'issue de cette contestation. "La bataille qui s'annonce sera difficile", a-t-elle affirmé, précisant qu'elle ne croyait pas que le président de la Commission serait contraint à la démission.
Accusations de partialité et réponse des autorités
Les détracteurs de cette révision soutiennent qu'elle a touché de manière disproportionnée les minorités, notamment les musulmans, privant ainsi les populations les plus marginalisées de leur droit de vote. Toutefois, la Commission électorale et le Bharatiya Janata Party (BJP) au pouvoir ont vigoureusement rejeté ces accusations, indiquant que l'opération visait également à éliminer les doublons, les défunts et les fraudeurs des registres. Selon l'ONG Human Rights Watch, qui a dénoncé mercredi un processus "arbitraire et profondément vicié", les autorités doivent "abandonner immédiatement ce processus, qui prive les populations les plus marginalisées de leur droit de vote et d'autres services publics".
Contexte de tensions politiques
Depuis plusieurs semaines, le Parti du peuple des cafards (CJP) et les formations d'opposition multiplient les actions pour dénoncer cette réforme électorale et exiger la démission du président de la commission. De plus, des manifestations organisées par le CJP en juillet, à la suite de fraudes présumées lors d'examens universitaires, avaient déjà conduit à la démission du ministre de l'Education, une rare concession du gouvernement Modi qui s'est forgé, en plus de dix ans au pouvoir, une image de dirigeant à la détermination sans faille. En outre, les autorités ont procédé le mois dernier à l'arrestation de milliers de manifestants, ce qui a déclenché une vague de critiques accusant le pouvoir de museler la contestation par la force.

