Renamo, historiquement le plus grand parti d'opposition, a vu son influence diminuée face à l'émergence de Podemos, un nouveau parti dirigé par Venancio Mondlane. Ce dernier, qui accuse le parti au pouvoir de fraude massive, a appelé à une contestation nationale.
"Nous sommes ici pour appeler à l'annulation immédiate des résultats des élections générales",
a déclaré Ossufo Momade, leader de Renamo, lors d'une conférence de presse. Il a demandé l'établissement d'un gouvernement intérimaire chargé d'organiser des élections "libres, justes et transparentes".
Les résultats proclamés le 24 octobre donnent une large victoire au parti Frelimo, au pouvoir depuis près de 50 ans, avec 71 % des suffrages contre 20 % pour Podemos et 6 % pour Renamo, selon la Commission électorale.
Momade a dénoncé un processus marqué par des pratiques frauduleuses, telles que le bourrage des urnes, la falsification des résultats, et l'exclusion de représentants de l'opposition lors du dépouillement. Il a exhorté les autorités judiciaires à agir pour préserver la paix et respecter la volonté populaire.
Les manifestations organisées par Podemos ont donné lieu à des affrontements violents avec la police dans plusieurs villes. Près de 30 personnes auraient perdu la vie, selon un bilan de Human Rights Watch (HRW) publié il y a dix jours. Cependant, des ONG locales affirment que le chiffre réel pourrait être beaucoup plus élevé.
L'ONG Public Integrity Center (CIP) a qualifié ces élections de "plus frauduleuses depuis 1999".
La mission d'observation de l'Union européenne a également signalé des irrégularités majeures, telles que des "altérations injustifiées de résultats".
Le Conseil constitutionnel doit valider les résultats au moins deux semaines avant l’investiture prévue en janvier de Daniel Chapo, le candidat du Frelimo déclaré vainqueur.
Par ailleurs, le ministère public a annoncé des poursuites civiles contre Venancio Mondlane et Podemos, exigeant environ 32 millions de meticais (environ 471 000 euros) de compensation pour les dégâts causés par les manifestations.
Des enquêtes pénales ont également été ouvertes, ciblant 208 accusations, notamment pour incitation à la désobéissance et complot contre l'État.
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