Kenya: la police interdit une marche contre les brutalités
13:20, 07/07/2026, mardi
AFP

Capture video - avec assistance IA / @kenyatalkforumX
Des agents de police en civil ont arrêté plusieurs manifestants qui tentaient d'organiser une démonstration à l'extérieur du Bureau de la Présidence à Jogoo House à Nairobi lors des commémorations de Saba Saba, au Kenya, le 7 juillet 2026.Les autorités kényanes ont interdit une manifestation pacifique prévue mardi à Nairobi pour dénoncer les violences policières, à l'occasion des commémorations de la Journée Saba Saba, et ont déployé un dispositif de sécurité renforcé dans la capitale.
Interdiction de manifester et dispositif sécuritaire
Selon un communiqué officiel, la police kényane a annoncé mardi l'interdiction de tout rassemblement dans le centre de Nairobi, perturbant la circulation par la mise en place de barrages de contrôle à travers la ville.
Le Mouvement pour la justice économique avait pourtant notifié les autorités de son intention d'organiser une marche pacifique, diffusant des appels aux rassemblements sur les réseaux sociaux pour attirer l'attention sur les exécutions extrajudiciaires et les disparitions forcées.
Toutefois, les forces de l'ordre ont démenti avoir reçu un quelconque préavis, avertissant que
"tout acte illégal sera poursuivi avec toute la rigueur de la loi".
La Journée Saba Saba sous haute tension
Cette interdiction survient à l'occasion de la Journée de Saba Saba (7/7 en swahili), date anniversaire des manifestations du 7 juillet 1990 qui réclamaient l'instauration du multipartisme sous le régime autocratique de Daniel arap Moi.
Par ailleurs, cet hommage s'est conjugué depuis 2024 à la vague de contestation menée par la "Génération Z" contre les taxes, la corruption et les brutalités policières sous la présidence de William Ruto.
Selon l'Autorité indépendante de surveillance de la police (IPOA), au moins 38 personnes sont mortes et des centaines ont été arrêtées lors des manifestations du 7 juillet 2025.
Un climat de peur persistant
Le centre-ville de Nairobi, souvent à l'arrêt lors des mouvements de protestation, est demeuré plus calme que d'habitude mardi matin, bien que nombre de commerces soient restés ouverts et que les transports continuent de circuler.
De nombreux policiers et journalistes étaient présents au lieu de rassemblement prévu, dans un petit parc du centre-ville, mais aucun manifestant ne s'y était rendu, tandis que le Parlement était entouré de barbelés.
De plus, de nombreux Kényans se disent trop effrayés pour descendre dans la rue après la sanglante répression de la contestation des mois de juin-juillet 2024 et 2025, au cours de laquelle au moins 127 personnes ont été tuées, selon les chiffres de l'IPOA.
Les revendications des organisateurs
Le Mouvement pour la justice économique a déclaré vouloir attirer l'attention sur
"les exécutions extrajudiciaires, les disparitions forcées, les arrestations arbitraires et les brutalités policières, mais aussi sur l'aggravation de la crise économique (...) et la diminution des perspectives pour des millions de jeunes et de familles"
. Selon la même source, les organisateurs entendaient dénoncer également la corruption et la pauvreté qui touchent le pays.
Un épuisement généralisé après la répression
Wanjira Wanjiru, cofondatrice du Centre de justice sociale de Mathare, a souligné à l'AFP:
"Il y a un sentiment général d'épuisement"
. Pour rappel, les manifestations de la "Génération Z" avaient débuté en juin 2024 pour protester contre un projet de loi budgétaire controversé avant de s'élargir à des revendications plus larges de justice sociale, faisant au moins 127 morts selon l'IPOA.
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