"Comme chaque nouveau dirigeant qui prend ses fonctions, j'apporterai mon vécu, mes expériences professionnelles et des idées nouvelles",
a affirmé la candidate démocrate, à 20 jours de l'élection présidentielle américaine.La vice-présidente, qui a remplacé Joe Biden mi-juillet dans son duel face à Donald Trump, fait face à un délicat exercice d'équilibriste - bien obligée d'imprimer sa propre marque sur la campagne, sans pour autant renier le mandat du dirigeant octogénaire.
"Je représente une nouvelle génération de leaders"
, a martelé lors de cet entretien la candidate de 59 ans."Quel que soit votre parti"
Interrogée par un journaliste chevronné de Fox News durant une trentaine de minutes, Kamala Harris a été bousculée par moments, tout particulièrement sur le dossier de l'immigration ou quand elle a été sommée de dire si elle avait remarqué un déclin cognitif chez Joe Biden.
Combattive, elle a aussi accusé Donald Trump de "rabaisser" les Américains durant cette campagne.
"Le président des Etats-Unis devrait être capable de faire face à des critiques sans pour autant menacer de mettre leurs auteurs en prison",
a-t-elle taclé.Juste avant sa première interview sur Fox News, Mme Harris s'était déjà adressée aux républicains lors d'un rassemblement en Pennsylvanie, en citant le général Mark Milley, autrefois haut responsable militaire de M. Trump, qui a décrit l'ancien président comme étant "fasciste jusqu'au bout des ongles".
"Pour ceux qui nous regardent, si vous partagez ce point de vue, quel que soit votre parti, quel que soit celui pour lequel vous avez voté la dernière fois, il y a une place pour vous dans cette campagne"
, a-t-elle déclaré. "Un jour d'amour"
A trois semaines du scrutin, la candidate démocrate et son rival républicain s'aventurent hors de leur zone de confort, cherchant à faire une percée au sein d'électorats peu sensibles à leur discours.
Face à un parterre de femmes, l'ancien président républicain s'est ainsi présenté comme le "père de la fécondation in vitro"
, sans donner davantage de détails. Le septuagénaire a ensuite répondu mercredi aux questions d'électeurs latinos rassemblés à Miami par Univision, le plus grand réseau télévisé hispanophone des Etats-Unis.
Durant cette réunion publique, il a répété certaines de ses attaques les plus virulentes à l'égard des migrants, assurant que les prisons et les asiles psychiatriques "du monde entier"
se vidaient à l'intérieur des Etats-Unis. Le candidat républicain a également qualifié de "jour d'amour"
le 6 janvier 2021, quand ses partisans ont violemment attaqué le Capitole, et une nouvelle fois remis en doute l'existence du changement climatique. Interrogé sur certaines des qualités de sa rivale démocrate, dans une campagne particulièrement acrimonieuse, Donald Trump a indiqué "ne pas être fan"
de la vice-présidente - avant de saluer sa "capacité à survivre"
dans l'arène politique américaine. Cap sur le Wisconsin
Les deux candidats à la Maison Blanche sont plus que jamais au coude-à-coude, Donald Trump étant parvenu à combler dans les sondages la très légère avance que possédait sa rivale, notamment dans les Etats-clés du nord.
C'est d'ailleurs dans cette région que la vice-présidente concentre ses efforts cette semaine: elle est retournée mercredi en Pennsylvanie, où elle était déjà lundi, après un détour dans le Michigan et avant de zigzaguer dans le Wisconsin jeudi.
Mais le résultat de la présidentielle pourrait se décider ailleurs, dans un autre des sept Etats-clés clairement identifiés.
Par exemple en Géorgie, où l'ancien président Jimmy Carter, qui avait exprimé son voeu de vivre assez longtemps pour apporter son suffrage à Kamala Harris, a voté mercredi par correspondance, 15 jours après avoir fêté ses 100 ans. La démocrate l'a remercié de son soutien.
Donald Trump continuera lui à multiplier les interviews, avec la diffusion d'un nouveau podcast jeudi dans la matinée.
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