Indonésie: mesures de sécurité renforcées avant de nouvelles manifestations
10:43, 01/09/2025, lundi
AFP

BAY ISMOYOAFP
Des soldats de l'armée indonésienne se rassemblent devant le complexe parlementaire à Jakarta, le 1er septembre 2025.Les autorités indonésiennes ont renforcé lundi les mesures de sécurité à Jakarta et dans plusieurs grandes villes, avant de nouveaux rassemblements prévus dans la journée, dans le sillage des violents troubles qui ont déjà fait six morts et poussé le président Prabowo Subianto à appeler à la fermeté.
Les manifestations ont débuté il y a une semaine pour dénoncer des indemnités de logement jugées excessives attribuées aux députés. Elles se sont rapidement transformées en une contestation plus large, marquée par la colère face aux difficultés économiques et aux violences policières. La tension a encore grimpé jeudi après la mort d’un chauffeur de moto-taxi, écrasé par un véhicule de police à Jakarta, un drame filmé et devenu viral sur les réseaux sociaux.
Enquête et sanctions contre la police
Lundi, Agus Wijayanto, responsable de la
"responsabilité"
au sein de la police nationale, a déclaré qu’une enquête avait révélé des actes criminels commis par deux officiers impliqués dans l’accident. Sept policiers ont été arrêtés au total. Les deux principaux mis en cause, qui comparaîtront mercredi devant un tribunal d’éthique, "pourraient être révoqués"
, a précisé M. Agus.Signe d’inquiétude des marchés face à l’instabilité, la Bourse de Jakarta a chuté de plus de 3 % à l’ouverture.
Mobilisation et fermeté du gouvernement
Alors que les protestations se sont étendues à d’autres grandes villes, des rassemblements étaient attendus lundi devant le Parlement et le siège de la police nationale à Jakarta. Toutefois, l’Alliance des femmes indonésiennes a annulé son appel à manifester, invoquant le renforcement des dispositifs de sécurité.
"Le gouvernement indonésien est un désastre. Le cabinet et le Parlement n’écoutent pas les appels du peuple"
, a déclaré à la presse Suwardi, 60 ans, vendeur de snacks rencontré près du Parlement.Face à la contestation, le président Prabowo Subianto a annoncé dimanche la suppression d’une indemnité très critiquée destinée aux députés. Tout en rappelant que
"le droit de réunion pacifique doit être respecté et protégé"
, il a averti que certaines actions relevaient de "la trahison et du terrorisme".Pillages et violences
Le ministre de la Défense, Sjafrie Sjamsoeddin, a promis que les forces de sécurité n’hésiteraient pas à
"prendre des mesures fermes contre les émeutiers et les pillards"
. Ces derniers jours, plusieurs domiciles de députés et celui de la ministre des Finances, Sri Mulyani Indrawati, ont été la cible de pillages.À Jakarta, des points de contrôle ont été installés et des patrouilles renforcées pour
"protéger"
les citoyens. Le bilan humain s’élève désormais à six morts: trois dans l’incendie d’un bâtiment public à Makassar, un autre battu par la foule, et un étudiant de l’Université Amikom décédé lors d’une manifestation à Yogyakarta.Répercussions sur la société et les réseaux sociaux
Samedi, TikTok a annoncé suspendre temporairement sa fonctionnalité
"live"
en Indonésie "en raison de l’escalade de la violence lors des manifestations"
. De nombreuses écoles et universités de Jakarta ont basculé leurs cours en ligne, tandis que les fonctionnaires de la capitale ont été priés de travailler à domicile.Ces protestations, les plus massives et violentes depuis l’arrivée au pouvoir de Prabowo Subianto en octobre dernier, mettent à l’épreuve la stabilité politique et sociale du pays.
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