17:40, 12/10/2026, lundi
Hanane Mansouri : même propos, deux réponses opposées
Interrogée par le journaliste Sam Zirah, la députée UDR Hanane Mansouri a répondu "Oui" à une question sur un propos antisémite. Face à la même phrase visant les musulmans, elle a répondu "Bah non". Cet écart relance le débat sur la cohérence de l'élue, née de parents marocains, face à l'islamophobie. Nouvelle Aube rappelle que la haine religieuse mérite la même condamnation partout.
Une même phrase, deux religions visées, deux réponses opposées. Interrogée par le journaliste Sam Zirah, la députée UDR Hanane Mansouri a qualifié d'antisémite un appel à voir des Juifs morts. En revanche, elle n'a pas jugé islamophobe le même propos visant les musulmans.
Hanane Mansouri: deux réponses à une même question
Selon l'échange diffusé par Sam Zirah, la première question est simple. Il demande: "
Si quelqu'un dit : J'aimerais voir des Juifs morts sur des feux rouges, c'est de l'antisémitisme ?"
La députée répond: "Oui."
Ensuite, le journaliste reprend exactement la même formulation. Il remplace
"Juifs"
par "musulmans"
et demande s'il s'agit d'islamophobie. Hanane Mansouri répond: "Bah non."
Un seul élément change: la religion visée. Pourtant, la réponse s'inverse. Cet écart pose donc une vraie question de cohérence.
Appeler à la mort pour une religion reste de la haine
Souhaiter la mort de personnes à cause de leur foi relève de la haine. Cette règle ne dépend pas de la communauté visée. En effet, la loi française sanctionne la provocation à la haine en raison de la religion, sans distinction de culte.
Nouvelle Aube applique le même principe à tous. L'antisémitisme et l'islamophobie sont deux formes de racisme. Par conséquent, on ne peut pas condamner l'une et minimiser l'autre.
Une élue qui dénonce le racisme quand il la vise
Hanane Mansouri est née en 2000 à Échirolles (Isère), de parents marocains, selon TSA et TelQuel. Élue en 2024 dans la 8e circonscription de l'Isère, elle siège avec l'UDR, alliée au Rassemblement national (RN).
Elle connaît le racisme de l'intérieur. En mai 2025, elle a reçu une lettre de menaces contenant des insultes racistes et antisémites. Elle a porté plainte, selon Bladi et Yabiladi.
Par ailleurs, elle a saisi la présidente de l'Assemblée nationale après une remarque d'un député LFI. Selon Lyon Capitale, il l'aurait qualifiée de
"caution"
. Elle y a vu une allusion à ses origines.C'est pourquoi sa réponse sur l'islamophobie interpelle. Elle demande qu'on reconnaisse le racisme quand il la touche. Cependant, elle écarte le mot lorsqu'il concerne les musulmans.
Double jeu ou simple incohérence ?
Personne ne peut lire dans ses pensées. En revanche, les faits sont publics. Certains y verront un calcul politique, d'autres une maladresse.
Ses origines ne la rendent coupable de rien. Elles rendent toutefois sa réponse plus frappante. Une élue issue de l'immigration sait ce que pèsent les mots haineux.
Une réponse claire de sa part reste possible. Nouvelle Aube publiera volontiers toute précision de la députée.
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