15:19, 09/10/2026, vendredi
Fabien Roussel accuse Netanyahu de "terrorisme d'État" sur BFMTV
Invité sur BFMTV pour le troisième anniversaire du 7 octobre, Fabien Roussel, candidat du PCF à la présidentielle, accuse le gouvernement Netanyahu de "terrorisme d'État". Il condamne aussi l'attaque du Hamas. Son parallèle entre les deux camps occulte pourtant le génocide en cours à Gaza, où plus de 74 000 personnes ont été tuées selon le ministère palestinien de la Santé, ainsi que des décennies d'occupation et de blocus.
Fabien Roussel a choisi des mots forts sur BFMTV. Le secrétaire national du PCF et candidat à la présidentielle a accusé le gouvernement de Benjamin Netanyahu de pratiquer un "terrorisme d'État". Il s'exprimait à l'occasion du troisième anniversaire du 7 octobre 2023. Par ailleurs, il a condamné l'attaque menée ce jour-là par le Hamas.
Fabien Roussel et le "terrorisme d'État": ce qu'il a dit
Invité en direct sur BFMTV, Fabien Roussel a d'abord évoqué l'attaque du 7 octobre 2023. Selon lui, il s'agit d'un "acte de terrorisme barbare". Il a donc condamné sans détour l'action du Hamas.
Cependant, il ne s'est pas arrêté là. Il a ensuite visé le pouvoir israélien. Sa phrase la plus commentée résume sa position:
"Il y a un autre terrorisme qui sévit, c'est le terrorisme d'État d'un gouvernement d'extrême droite israélien qui est celui de M. Netanyahu."
Ainsi, le candidat communiste range deux violences sous le même mot. Pour lui, le Hamas et le gouvernement israélien relèvent tous deux du terrorisme. Ce choix de vocabulaire est au cœur du débat.
Un parallèle qui occulte le génocide à Gaza
Le parallèle de Fabien Roussel pose un vrai problème. En effet, il place sur le même plan un mouvement de résistance et un État qui occupe et bombarde. Or les rapports de force ne se comparent pas.
À Gaza, le bilan est accablant. Plus de 74 000 personnes ont été tuées, selon le ministère palestinien de la Santé. Des quartiers entiers sont détruits. La population civile paie le prix le plus lourd.
De nombreux observateurs parlent de génocide. Une commission d'enquête de l'ONU a d'ailleurs retenu cette qualification en septembre 2025. Pourtant, le candidat du PCF n'emploie pas ce mot. Il ne mesure pas, dans cette intervention, l'ampleur de ce qui se déroule à Gaza.
Cette absence compte. Un mot précis impose des devoirs précis. Quand on parle de génocide, on doit réclamer l'arrêt des crimes et la fin de l'impunité. Un terme plus vague permet de rester dans l'équilibre confortable.
Le 7 octobre ne surgit pas du néant
Le contexte éclaire les faits. Depuis 1967, Israël occupe les territoires palestiniens. Depuis 2007, un blocus étouffe la bande de Gaza. En Palestine occupée (Cisjordanie), la colonisation grignote chaque année de nouvelles terres.
Dès lors, évoquer le 7 octobre sans rappeler ces décennies revient à lire la moitié de l'histoire. Expliquer n'est pas excuser. En revanche, ignorer les causes empêche de comprendre la suite.
De plus, le droit international reconnaît aux peuples sous occupation le droit de lutter pour leur libération. Plusieurs résolutions de l'ONU le rappellent. Or le propos de Fabien Roussel efface cette réalité juridique et politique.
Occupation, blocus, colonisation trois réalités quotidiennes
Les Palestiniens vivent ces trois réalités chaque jour. Le blocus limite l'accès à l'eau, aux soins et à l'électricité. L'occupation impose des checkpoints et des démolitions. La colonisation morcelle le territoire et rend un État viable presque impossible.
Ces faits ne justifient aucune attaque contre des civils. Néanmoins, ils expliquent pourquoi la question palestinienne ne commence pas en 2023. Un responsable politique qui prétend éclairer le débat doit donc les citer.
Une prise de parole en pleine campagne
Fabien Roussel vise l'élection présidentielle de 2027. Il cherche donc à occuper une place sur le dossier israélo-palestinien. Cette sortie sur BFMTV s'inscrit dans un climat où chaque mot sur Gaza est scruté.
Plusieurs questions restent ouvertes. Ira-t-il jusqu'à réclamer des sanctions contre le gouvernement israélien ? Défendra-t-il la reconnaissance du génocide ? Les électeurs attendent des actes, pas seulement des formules.
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