Guinée-Bissau : pression sur la Cedeao pour l'ordre constitutionnel
17:28, 04/10/2026, dimanche
AFP

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L'ex-président bissau-guinéen Umaro Sissoco Embalo.Une vingtaine de personnalités africaines ont interpellé la Cedeao dans une lettre ouverte publiée samedi soir, exigeant une initiative urgente pour favoriser le retour à l'ordre constitutionnel en Guinée-Bissau, frappée par un putsch militaire le 26 novembre.
Contexte institutionnel et appel urgent
La Guinée-Bissau est dirigée depuis le 26 novembre, veille de l'annonce prévue des résultats provisoires des élections présidentielle et législatives, par des militaires ayant procédé au renversement du président sortant Umaro Sissoco Embalo. Ces derniers ont suspendu le processus électoral en cours et entendent organiser le 6 décembre de nouvelles élections présidentielle et législatives, qui doivent acter le retour au pouvoir des civils. Par ailleurs, une vingtaine d'anciens dirigeants africains, diplomates, universitaires et acteurs de la société civile ont adressé samedi soir une lettre ouverte à la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao), publiée dans la presse sénégalaise, pour réclamer une action décisive.
Exigences démocratiques et garanties réclamées
"Ces orientations doivent maintenant être traduites en résultats concrets"
, ont affirmé avec force les signataires dans ce texte intitulé "Pour une initiative urgente en faveur du rétablissement de l'ordre constitutionnel en Guinée-Bissau"
. Parmi les auteurs de cette démarche figurent notamment les anciens Premiers ministres bissau-guinéens Aristides Gomes et Geraldo Martins, l'ancien président cap-verdien Pedro Pires, l'ancien ministre sénégalais des Affaires étrangères Cheikh Tidiane Gadio, ainsi que le défenseur des droits humains Alioune Tine. A deux mois de la présidentielle annoncée par la junte, ils interpellent l'organisation ouest-africaine avec une demande précise.Les signataires appellent en effet la Cedeao à
"établir un calendrier politique crédible, assorti de garanties concrètes en matière de libertés publiques, de pluralisme, de participation de toutes les forces politiques et d'indépendance et de transparence de l'administration électorale".
De plus, ils demandent à l'institution sous-régionale de maintenir la possibilité de "sanctions individuelles et ciblées"
contre les responsables civils ou militaires qui tenteraient de faire obstacle à la tenue de ce processus démocratique, a indiqué la même source.Médiation ouest-africaine et rôle du Sénégal
Lors de son récent sommet à Freetown en juillet, la Cedeao avait déjà appelé les militaires au pouvoir à accorder la priorité à l'inclusivité dans tous les processus menant à un rétablissement rapide de l'ordre constitutionnel. Selon la même source, l'organisation avait officiellement désigné le Sénégal comme médiateur pour conduire le dialogue nécessaire dans ce pays d'Afrique de l'Ouest. En outre, le Sénégal assure actuellement les deux principales fonctions dirigeantes au sein de l'organisation régionale, avec le président Bassirou Diomaye Faye à la présidence en exercice et Birame Diop à la tête de la Commission de la Cedeao.
Contentieux électoral et sécuritaire
Les auteurs de la lettre soulignent également les controverses entourant le référendum constitutionnel du 30 août, organisé par la junte pour faire adopter un régime présidentiel fort en remplacement du système semi-parlementaire précédent. Ils évoquent notamment l'absence d'observation internationale indépendante lors de ce scrutin ainsi que des interrogations sérieuses concernant le taux de participation réel. Toutefois, jeudi, les militaires au pouvoir ont déclaré que les
"conditions de sécurité"
n'étaient "pour le moment"
pas réunies pour "garantir le retour"
de Umaro Sissoco Embalo sur le sol national, alors que ce dernier a annoncé son intention de se présenter à l'élection présidentielle de décembre prochain.Pour rappel
Selon des données historiques, la Guinée-Bissau connaît une instabilité politique chronique depuis son indépendance, ayant déjà fait l'objet de multiples coups d'État militaires qui ont fragilisé ses institutions démocratiques. Le pays fonctionnait jusqu'à présent selon un système semi-parlementaire que les autorités militaires actuelles entendent remplacer par un régime présidentiel fort via la révision constitutionnelle adoptée fin août dernier.
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