Guinée-Bissau : la junte bloque le retour d'Embalo et évoque des raisons sécuritaires
11:03, 02/10/2026, vendredi
AFP

PATRICK MEINHARDTAFP
Le président de la Guinée-Bissau et candidat à la présidence, Umaro Sissoco Embalo, dépose son bulletin de vote au bureau de vote Nema 1 à Gabu, le 23 novembre 2025, à l'occasion des élections présidentielles et législatives en Guinée-Bissau.La junte militaire au pouvoir en Guinée-Bissau a estimé jeudi soir que les conditions de sécurité n'étaient pas réunies pour garantir le retour de l'ancien président Umaro Sissoco Embalo, qui a annoncé son intention de se présenter à l'élection présidentielle du 6 décembre.
La junte invoque la sécurité nationale
Selon un communiqué du Haut Commandement militaire rendu public jeudi soir, les autorités ont procédé à une analyse approfondie de la situation nationale et du cadre sécuritaire actuel.
"Après analyse de la situation nationale et du cadre sécuritaire actuel, il est considéré que, pour le moment, les conditions de sécurité nécessaires ne sont pas réunies pour garantir le retour sur le territoire national de l'ancien président de la République, M. Umaro Sissoco Embalo"
, indique le texte. La junte a précisé que cette mesure visait exclusivement à préserver l'ordre public et à prévenir toute instabilité sociale.
La candidature d'Embalo
Dix mois après avoir été renversé par un putsch, l'ancien président s'est déclaré candidat à la présidentielle du 6 décembre.
"Je serai candidat pour la présidentielle"
, a-t-il affirmé lundi à l'AFP depuis son exil marocain, promettant de revenir "au bercail"
. Selon ses partisans, M. Embalo avait initialement prévu de rentrer ce dimanche dans son pays pour une brève visite de quelques heures destinée à rencontrer son camp politique.
Contexte de crise institutionnelle
La Guinée-Bissau est dirigée depuis le 26 novembre 2025 par des militaires qui ont suspendu le processus électoral alors que les résultats provisoires devaient être annoncés.
Par ailleurs, la junte a organisé le 30 août un référendum constitutionnel approuvé à 70% des suffrages, instaurant un régime présidentiel fort en lieu et place du système semi-parlementaire.
Toutefois, l'opposition, notamment le parti historique PAIGC, a dénoncé ce scrutin organisé "dans un contexte de restriction des libertés publiques" et appelé au boycott.
Tensions et appel au calme
De plus, le ministère de l'Intérieur avait déjà appelé mardi la population au calme après l'annonce du retour imminent de l'ex-président.
Des comptes sur les réseaux sociaux avaient fait état de mécontentements au sein d'une frange de la garde présidentielle, dont plusieurs éléments auraient été réaffectés à d'autres unités.
Selon le même communiqué, la junte demande également à tous les citoyens de faire preuve de sérénité et de s'abstenir de tout acte susceptible de perturber l'ordre public.
Pour rappel, la Guinée-Bissau avait connu quatre coups d'État et de multiples tentatives de putsch depuis son indépendance du Portugal en 1974, avant la crise institutionnelle de novembre 2025.
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