Mouvement lycéen : la police défend un usage "proportionné" de la force
15:03, 02/10/2026, vendredi
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Capture vidéo / @telematinX
La porte-parole de la police nationale Agathe Foucault.La porte-parole de la police nationale Agathe Foucault a défendu vendredi un usage de la force "nécessaire et proportionné" lors des mobilisations lycéennes, alors que des blessures infligées à des adolescents suscitent des critiques et font l'objet d'enquêtes, selon des sources concordantes.
Défense d'un usage de la force "nécessaire et proportionné"
Selon la porte-parole de la police nationale Agathe Foucault, les forces de l'ordre ont fait face vendredi à un contexte particulièrement dégradé lors des mobilisations lycéennes qui ont secoué plusieurs villes françaises.
Invitée de BFMTV, elle a décrit des personnes très jeunes et hostiles, assurant que les interventions policières répondaient à des impératifs de sécurité.
"On a face à nous des individus qui ne sont plus là pour exprimer des idées dans un contexte pacifique, mais qui sont là pour commettre des dégradations, des violences contre des policiers, des professeurs, des élèves"
, a-t-elle déclaré.Blessures d'adolescents et critiques d'Amnesty
Par ailleurs, des organisations de défense des droits humains ont vigoureusement critiqué le recours à la force contre des mineurs.
Amnesty International France a notamment documenté le cas d'un lycéen de 14 ans grièvement blessé à la mâchoire le 28 septembre à Saint-Ouen-l'Aumône, dans le Val-d'Oise, après avoir été touché par un projectile tiré à très courte distance avec un lance-grenades.
L'adolescent a perdu plusieurs dents et a été hospitalisé, tandis que deux enquêtes ont été ouvertes sur cet incident et que le Défenseur des droits s'est saisi de l'affaire.
De plus, l'organisation a signalé le cas d'une adolescente de 14 ans qui aurait été violemment saisie au cou par un policier devant son lycée à Alençon le 29 septembre.
À Tours, un autre lycéen a été blessé à l'œil le 30 septembre, des lésions compatibles avec un tir de lanceur de balles de défense (LBD) selon le parquet, bien que l'origine exacte ne soit pas encore établie.
Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a annoncé l'ouverture de trois enquêtes de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) concernant ces blessures d'adolescents.
Réactions des organisations lycéennes et étudiantes
Les représentants des syndicats lycéens et étudiants ont dénoncé ces méthodes tout en maintenant leurs revendications.
Le président de l'Union syndicale lycéenne, Ryad Rani, a accusé le gouvernement d'être responsable des violences policières, tout en condamnant celles visant les personnels éducatifs.
Par ailleurs, la porte-parole de l'Union étudiante, Sabrine Kharbach, a déploré ces violences, assurant que répondre à la violence par la violence ne constituait pas la stratégie du mouvement, tout en défendant la légitimité de la colère exprimée par les jeunes.
En outre, la mobilisation est née de revendications portant sur le manque d'enseignants et de personnels, l'état de certains établissements, les classes surchargées et les conditions de scolarité.
À Lyon, un important rassemblement devant le lycée Ampère s'est déroulé dans le calme vendredi matin, les élèves dénonçant notamment la surcharge des classes, le manque d'isolation thermique des bâtiments et le mauvais état du matériel.
Bilan des incidents et perspective
Selon le ministère de l'Intérieur, 1 949 personnes ont été interpellées jeudi, notamment pour des violences, des attroupements et des atteintes à des personnes dépositaires de l'autorité publique, et 284 policiers et gendarmes ont été blessés.
De son côté, le ministère de la Justice recensait jeudi soir 1 793 gardes à vue depuis lundi, et le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray faisait état de 235 blessés dans les établissements scolaires, dont 170 élèves et 65 membres du personnel.
Toutefois, les organisations lycéennes et étudiantes appellent à poursuivre la mobilisation, avec une nouvelle journée d'action prévue le 6 octobre, selon des sources concordantes.
Selon les chiffres officiels, 1 027 établissements ont été touchés par la mobilisation jeudi, dont 222 bloqués, et plus de 400 établissements scolaires sont fermés vendredi, notamment en raison de dégradations compromettant leur sécurité ou de menaces visant des personnels.
Pour rappel, Amnesty International France réitère son appel à suspendre l'utilisation du LBD 40 lors des manifestations et rappelle que les lance-grenades ne doivent jamais être utilisés en tir direct contre des personnes.
L'organisation exige également des autorités qu'elles privilégient le dialogue et la désescalade face aux lycéens manifestant pacifiquement, tout en reconnaissant que certaines violences commises par des manifestants ne sont
"pas acceptables".
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