Mouvement lycéen : Darmanin veut faire payer les parents
11:18, 02/10/2026, vendredi
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KENZO TRIBOUILLARDAFP
Le ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, observe le déroulement d'une réunion interministérielle de crise consacrée au blocage des lycées, à la Place Beauvau, à Paris, le 1er octobre 2026.Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a demandé aux procureurs d'engager systématiquement la responsabilité civile des parents dont les enfants mineurs provoquent des dégâts lors des blocages de lycées, afin de leur faire supporter le coût des réparations.
Darmanin veut cibler la responsabilité des parents
S'exprimant sur RTL, le garde des Sceaux Gérald Darmanin a demandé aux procureurs d'engager systématiquement la responsabilité civile des parents dont les enfants mineurs provoquent des dégâts lors des blocages de lycées.
Cette mesure vise à leur faire supporter le coût des réparations, a précisé le ministre au lendemain d'une réunion avec les procureurs généraux.
Il a jugé cette réponse judiciaire
"bien plus utile que l'enfermement"
, espérant que les magistrats du siège confirmeront les réquisitions du parquet."C'est pas le mineur qui paye, c'est les parents, aujourd'hui c'est aussi un problème de parents"
, a déclaré M. Darmanin. Par ailleurs, il s'est interrogé :
"Les parents doivent avoir leur responsabilité de parents. Que font des gamins de 15-16 ans à attaquer des abribus ou leur chef d'établissement ?"
, évoquant ainsi les dégradations commises contre des lycées, des abribus et des transports en commun.Des violences qui touchent des centaines d'établissements
Cette annonce intervient dans un contexte de forte tension autour du mouvement de colère des lycéens, parti d'Île-de-France avant de s'étendre à de nombreuses académies.
Les revendications portent notamment sur les conditions d'enseignement, le remplacement des professeurs absents, l'état des locaux ainsi que le système Parcoursup. De plus, le mouvement a gagné plusieurs universités, amplifiant la mobilisation estudiantine.
Jeudi, 1 027 établissements scolaires ont été concernés selon le ministère de l'Intérieur, dont 222 blocages. En outre, vendredi, plus de 400 lycées étaient fermés par précaution, avec des cours assurés à distance.
Les préfets ont également pris des arrêtés interdisant les manifestations aux abords des établissements scolaires fermés.
Bilan lourd pour les forces de l'ordre et les personnels
Des incidents violents se sont multipliés depuis le début du mouvement, avec des incendies, notamment de la façade du lycée Nelson-Mandela à Nantes, ainsi que des dégradations et des jets de projectiles.
Des attaques ont également visé des personnels de direction et des véhicules de secours, dont un engin de marins-pompiers à Marseille.
Le gouvernement évoque une bascule vers des
"violences urbaines"
imputables à une "minorité agissante et violente"
, dont certains participants ne seraient pas lycéens.Selon les chiffres communiqués par Gérald Darmanin, environ 2 000 personnes ont été placées en garde à vue depuis le début du mouvement, dont 90 % de mineurs.
Un tiers des interpellés l'ont été pour des violences contre les personnes.
Par ailleurs, jeudi seul, les forces de l'ordre ont procédé à 1 949 interpellations et 305 policiers et gendarmes ont été blessés, d'après le ministère de l'Intérieur. Côté Éducation nationale, 235 personnes ont été blessées depuis lundi, dont 65 personnels et 170 élèves.
Un dispositif juridique déjà en vigueur
Sur le plan juridique, la demande de M. Darmanin s'appuie sur une disposition existante du Code civil. L'article 1242, alinéa 4, dispose en effet que les parents, en tant qu'ils exercent l'autorité parentale, sont de plein droit solidairement responsables du dommage causé par leurs enfants mineurs.
Toutefois, cette responsabilité ne s'applique pas lorsque les enfants ont été confiés à un tiers par décision administrative ou judiciaire.
Le ministre souhaite désormais en faire une pratique systématique lorsque les auteurs mineurs de dégradations sont identifiés, afin que les parents supportent l'intégralité des frais de réparation. Une journée de mobilisation nationale est prévue mardi dans les établissements scolaires.
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